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SELS RAFFINÉS DE VARECHS

DE CIIBRBOOBO.

5,00 2V,19 16,00 45,78 9,53 1,50 traces.

de

GBABi VILLE.

42,54 19,04 25.38 3,71 0,73 traces.

Iracei.

geàire pendant la nuit, leurs longues colonnes de fumée pendant le Jour, produisent au milieu des rochers un effet très- pittoresque ; mais l'odeur de cette fumée est des plus désagréables, et dans le pays on la regarde bien à tort, il est vrai, comme pouvant engendrer toute sorte de maladies. (Quatrefages, Souvenirs cTun naturaliste, 1. 1, p 35. Paris^ 1 854 , 2 vol. in-1 8. Librairie Victor Masson.)

DES POTASSES ET DES SOUDES.

BafflaX* Hélh*dl«B« «•> ceadrcB de TkrcciM. — Mail k partir de 1624, H.Tiuier aîné, élève de ClémeDl Désonnes, organisa daoB une utîoe de Cherbourg l'isolement des divers sels solubles, pour les faire serrir à part dans les induslries spéciales qui les rëclsment ; le sulfate de potasse pour la fabrication de l'alun, le chlorure de potassium pour la conTetsion de l'azotate de soude ensalpeire, le sel marin pour la fabrication du sulfate de soude, enfin les iodures et les bromures alcalioi pour l'extraction de l'iode et du brome, éléments des plus singuliers, irè«-TOtsins du chlore, et snr lesquels je dois vous donaer quelquei renae^ements.

Le procédé pour Isoler successivement des soudes brutes de varechs cbocuD des différents sels qu'elles reafermcnt repose sur les différences de solubilité qu'ils présentent, à froid et b la température de l'ébullii lion ; il diffïrç donc fort peu de celui qu'on suit pour le raISnage des polanes brutes de betteraves. Voici, en peu de mots, comment on op^rc

Cet cendres ptlé«t grossièremeDtsoDt soumiiei k un premier lesainge mélliailii|ue dans une série de raves en bois de t mètre de hauteur, munies chac:une d'un (sai-fond (Jig, Ut) en \>oi» on eo UUe perforée. Chacune de ces cuves forte

FIg 411 — Appareil pont k leuiiagc ntlhad que dn ce

deux lufaoi t trais ODvrrtures permettant d'établir aisémentla communication ■Tcc Tons quelconque des cuves qui l'avoisinent.

Oa bit d'abord arriver de l'eau dans le premier couple de cuves par des rebineia sapérieon, st cette oau, après avoir agi sur la soude, passe dans le second couple, et ainsi de suite Jusqu'à ce qu'elle ait scquis la densité de IS k IB* i l'aréomètre. De cette manière, on dissout la presque lotaKté des chlorures de udium et depotaMlum, beaucoup plus solubtes que le sulfate de potasse.

Si l'on «oumet k la concentration et k l'ébuUition cette dissolution des deui clilomrea, le sel marin se dépose i l'état cristallin, dès que la liqueur marque 35> k l'iréomètre; en l'enlève ^u fur et k mesure avec des écumoires, n on fait passer la liqueur dans des cristallisoirs où, par le refroidiuement, le dilonira de petaialnm s'isole en cristaux volumineux. En traitant les esoi mère* de la même manière, on arrive à séparer presque romplétement le sel Diarin h rëbuUitîon, et le cblorure de potassium par la cristolIÎMition b la température ordinaire.

Le marc de* cendre* est soumis k un deuxième Isvsge métbodlqne, que l'on pndMge Jusque ce que le* Douvelles eaux ne marquent plus que 8*. L'ean sa

charge alors du sulfate de potasse que le premier lessivage n'avait point atta que. La solution étant évaporée à i'ébûilition dans des chaudières plates er tôle, jusqu'à ce que leur densité se soit élevée à 28 ou 30» de l'aréomètpè, U sulfate de potasse se dépose à l'état de cristaux très-fins que Ton enlève at moyen d'écumoires. L'eau mère siphonéo dans des cristallisoirs^ abandonne des dilorures de potassium et de sodium que l'on fait rentrer dans le cours du travai pour les séparer.

Les dernières eaux mères qui restent après le dépôt successif du sel marin ei du chlorure de potassium, et qui marquent 55*^, peuvent alors servir à l'extraction de l'iode et du brome. Mais avant de vous indiquer comment on s'y prend pour arriver à ce double résultat, il faut d'abord que Je vous fasse l'histoire de ces deux métalloïdes.

Étade dePlode. -- En 18 M, un salpétricr de Paris, nommé Courtois, ayant chaufTé par hasard avec un peu d'acide sulfurique la lessive de soude de varechs qui refusait de donner de nouveaux cristaux, reiparqua qu'il s'en dégageait des vapeurs d'une superbe couleur violette, qui, parleur refroidissement, déposaient des lames grisâtres très-brillantes et comme métalliques. 11 ne signala ce phénomène au monde savant que dans les derniers jours de 1813.

Aussitôt plusieurs chimistes célèbres, et entre autres Gay-Lussac, el sir H. Davy qui se trouvait alors à Paris, s'empressèrent d'examiner la nouvelle substance. Un mois s'était à peine écoulé depuis la communication de Courtois à l'Institut, que la science possédait une histoire complète d'un nouvel élément, grâce à l'habileté peu commune de Gay-Lussac. Le chimiste français, après avoir signalé les grands points de ressemblance du nouveau corps avec le chlore, lui imposa le nom d'iode, tiré d'un mot grec qui veut dii*e violet^ pour rappeler la couleur admirable de sa vapeur, qui suffit pour le faire distinguer de toutes les substances connues.

Caracièreii divilncilfi. — Les autres caractères de l'iode ne sont pas moins remarquables. Il s'offre sous la forme d'écaillés ou de paillettes micacées, d'un noir bleuâtre, d'aspect métallique, et d'une grande densité, puisqu'elles pèsent 4,95. Il ne fond qu'à + 107», et se réduit en gaz vers -f 175 ou 180°. Il a une odeur forte, qui rappelle celle du chlore, et une saveur Acre et persistante. C'est un poison violent. U tache la peau et le papier en jaune foncé, mais cette coloration n'est qu'éphémère : elle disparaît bientôt par la vaporisation de l'iode.

Il est très-peu soluble dans l'eau, raaisill'est beaucoup, au contraire, dans l'esprit-de-vin qu'il colore en brun rougeâtre, et dans le sulfure de carbone, la benzine, le naphte, le dilorofoi-me, auxquels il donne une magnifique couleur \1olette, môme aux plus petites doses.

Il présente, d'ailleurs, les principales propriétés du chlore, car il se comporte comme lui avec la plupart des autres corps simples ou composés, avec les matières colorantes ; et les produits qu'il donne offrent la plus grande analogie avec les produits correspondants du chlore. Ainsi, comme ce dernier, il a peu d'affinité pour l'oxygène; mais û a

DE l'iode. 133

une tendance énergique pour rhjdrogène, aTec lequel it forme un Irjdracîde semblable à l'acide cblorhydrique.

■«dMFca H^talll«aM. — S'unîssant eutei trét-facilement arec lei mëlauK, il produit avec quelques-uns des iodurts qui sont remarquables par lears bcllei couleurs. C'est ainsi qu'avec le mercure il donne naissance ft l'une des couleurs rouges les plus brillantes ; qu'avec le plomb il consfilue l'un des plus Jolis produits de nos laboratoires.

L'codure rfepf(;n)b,PbI,esl, en effet, sous la foraie de paillettes hexagonales, souvent Irès-largcs, d'un Jaune d'or niagnif) que, et très- brillantes. On les obtient en mClant des dissolutions très-étendues et bouillantes d'uiotate de plomb et d'iodurc de potassium. Par une double décomposition :

PtOiAiO" -t- Kl = KO^AxO» -1- Pbl,

il so Tait de l'îodure de plomb, mais il ne se dépose que par le refroidissement en lamelles se déroulant en tous sens dans le liquide, de manière & former des ondes brillantes de l'aspect le plus agriiablê.

Cet lodure fournit i la peinlure des tons de jaune-citron d'un éclat très-vif, mais qui, mallieureusemcnt, passent peu & peu aux rayons solaires, et brunissent par les émanations sulfureuses.

L'îodure de mcivure, Hgl, qui est d'un rouge écarlatc superbe, se prépara par la double décomposition du perchlorure de mercure el de l'ioduro de potassium :

iIgCI-(-KI=Ka-f-Hgli

mois il làul avoir soin de ne pas verser dans la solution mercurielle un excès d'iodure de potassium, attendu que le biiodure de mercure formé se rediasoudrait immédiatement, ainsi que je vous en administre la preuve. C'est que, dans ce cas, il se forme un ioduie double de mercure et de potassium, qui est Irès-soluble. Les meilleures proportions à employer sont : 1 00 parties d'iodure de potassium et BO par^ tics de sublimé corrosif.

a. Bar, pharmacien d'Amiens, a fait connaître, en 1 84S, desmoyens de leJndrectd'imprimerlcsélolTcsde colon atec cette belle couleur, ainsi qu'avec l'iodure jaune de plomb. Les nuances sont assez solides. — Les pcinires anglais ont voulu tirer parti de sa magni6que teinte rouge, et il ï a trente-cinq ans cette couleur, désignée sous le nom de icarlet (écarlate), a eu une très-grande vogue; mais on a dû y rmioucer, parce qu'elle est vite noircie par la lumière; elle ne sert plus que pour l'aquarelle. Le rouge d'iode de Heller parait moins allérable, ce qui est dfl sans doute & son étal moléculaire particulier ; on l'ohlienl en saturant une solution concenlrée el faouillanle de sel ammoniac de biiodure de mercure, et en laissant refroidir. Il se dépose bienlAt de très- ' beaus cristaux de biiodure de mei'cure, d'un rouge pourpre éclatant.

IvdHred'ftmidvB. — Un autre caractère distiuctir de l'iode, non moins prononcé ^ue les précédents el signalé pour la première fois

en 18i4, par Colin et Gaultier et Claubry, c'est de colorer en bleu ou en violet l'amidon ou la fécule, et par suite toutes les substances végétales qui contiennent ce principe icmnédiat. Voici de l'empois, de la colle de pâte, des tranches de pommes de terre, sur lesquels je vais verser quelques gouttes de solution alcoolique d'iode : aussitôt il va se produire une couleur bleue ou violette très-intense.

On peut donc, au moyen de l'iode, rechercher avec succès la présence de la fécule dans lés tissus des plantes, comme on peut aussi, avec une décoction d'amidon, constater l'existence de l'iode libre dans les liquides. S'il s'y trouvait à l'état de combinaison, quelques gouttes d'eau de chlore ou d'acide hypoazotique le mettraient à nu. Cette réaction de l'iode sur l'amidon est si tranchée, si certaine, qu'un chimiste allemand s'est assuré que 1/550000 d'iode dissous dans l'eau est rendil sensible par la couleur bleue que l'eau d'amidon y développe. Certes, voilà un réactif précieux pour les recherches analytiques!

lodare d'asoie. — Une autre propriété non moins saillante de l'iode, c'est de donner naissance, par son agitation avec 15 ou 20 parties d'ammoniaque, à une poudre d'un noir rougeâtre qui détone par le plus léger choc ou la chaleur. Le frottement d'une barbe de plume sufQt pour produire cet efret,et souvent môme son explosiona lieu spontanément quand elle est sèche ; aussi est-il impossible, pour ainsi dire, de la conserver.

Cette poudre fulminante est de Yiodured'axote. Sa formation n'est pas difficile à concevoir. L'ammoniaque, mise en contact avec l'iode, se décompose en grande partie. Ses deux principes, en se combinante chacun séparément, avec des proportions convenables du métalloïde, donnent lieu à l'iodure d'azote qui se dépose, et à de l'acide iodbydrique qui reste dans la liqueur avec une certaine quantité d'ammoniaque qui le sature.

Vous comprendrez plus facilement cette réaction par la légende suivante :

Iode.

!'• portion. lodcportion. lodc-

!'• portion Ammoniaq

{Awto Hydrogène

{ lodure < d'azote.

( Acide

( iodhydriq. —

Ammoniaque =>

V portion, Ammonla(|uo-

J. ( lodhydrate I (d'ammoniaque.

DE LIODE. 135

Je tradab celte légende par Véqualion suivante ;

Comme les éUmenls qui compotent l'iodure d'azote, Azi', tout enclialués par une trè«-faible arOnilâ, la plus lég&re chaleur en opfïre la (éparation. Le frottement produit cet elTet par le dégagement de calorique qu'il cause. L'iode, en s'isolant de l'azote, apparaît en belles Tapeurs violettes; et, dans un lieu obscur, on aperçoit une légère lueur au moment où la détonation t'accomplit.

fitat èatarel. — C'est presque toujours à l'état d'iodurcs de pola>tium et de sodium que l'iode se rencontre dans la nature. 11 existe dans les eat» de la mer, et, par suite, dans tous les fucus et autres plantes marines, dans les éponges, 1^ polypiers, les mollusques marins, le foie des poissons. On en trouve également dans une infinité de sources salées, dans presque toutes les eaux sulfureuses des Pyrénées, du Piémont, de la ^rdaigne (1)-

Les recberchesde HH. Chaliu et Marchand, de Fécamp, en ont ausd démontré la présence dans les eaux des principaux fleuves ou rivières, lei eaux de puits et de sources, par suite dans toutes les plantes aquatiques et terrestres; ils l'ont encore retrouvé dans l'air, et nécessairement dans les eaux de pluie et de neige, dans le sol arable, en proportions bien faibles, il est vrai, mais encore susceptibles d'être dotées. Lei tourbes,leslignites, les houilles, l'anthracite, les minerais de Ter et d'urgent, en ont offert, de sorte qu'on peut regarder comme un bit général cette diffusion de l'iode dans la nature organique et îno^aniqne.

H. Marchand en attribue l'origine aux vapeurs ou aux particules aqneuiea qui s'échappent incessamment de la surface des mers, et qui, transportées sur les continents, retombent à l'étal de pluie, de neige ou de grêle. Il est certain que les eaui de pluie et de neige contiennent généralement une proportion appréciable d'iode et même de brome (3).

H. 0. Henry a constaté qu'une roche de calcaire magnésien {dolomie) des environs de Saxon dans le Valais, émet continuellement des traces de vapeur d'iode, et M. Bornemann a trouvé le même corps dans les T;.peurs des himerolles de Vulcano, dans l'Ile de ce nom.

!!■»(«■. — La découverte del'iode doit faire époque dans la science, CArdes applications d'une haute importance pour l'htimanité ont été la suite des travaux de Courtois et de Gay-Lussac.

n n'est aucun de vous. Messieurs, qui n'ait entendu parler de ces

(1) LaprAseoce de l'iode dans IweauimiaâralesSâtd signalée, dèsl'uinéfl 1813, dû» la sonrce de Sales en PifaDont, par Angelini, pliarniacien ï Voghera. (i) CeUs proportion wie entre OS'.OUOOl et Oi',0000& par litm.

136 VINGT-DEITXIÈME LEÇON.

tumeurs difTormes, et souvent très-considérable?, qu'on désigne sous le nom de goitres. C'est surtout dans les pays de montagnes que cette singulière maladie se développe sous des influences encore bien peu connues des médecins. Dès le treizième siècle, on essayait de la combattre avec l'éponge calcinée, recommandée par Arnaud de Villeneuve. En 1819, Coindet, médecin de Genève, soupçonnant que la vertu de ce médicament devait dépendre de la présence de l'iode, eut l'heureuse idée d'expérimenter avec ce corps même, et les résultats les plus merveilleux confirmèrent ses prévisions. Les goitres les plus volumineux disparurent en très-peu de temps par l'usage de la teinture d'iode. L'efficacité de ce métalloïde contre ces tumeurs est aujourd'hui reconnue par tous les médecins, mais l'emploi de ce remède puissant exige la plus grande prudence, en raison de l'action remarquable qu'il exerce sur toutes les glandes. Il les dissout très-promptement, et occasionne quelquefois des désordres dans l'économie.

On applique encore avec succès l'iode et ses préparations au traitement des maladies scrofuleuses et. syphilitiques, de l'hydrocèle, des afTcctions goutteuses et tuberculeuses, des maladies de la peau. Un médecin américain, M. Brainard, a fait connaître, en 1853, que la solution alcoolique d'iode injectée sous la peau des animaux empoisonnés parle rurar^, ou introduite dans les morsures faites par les crotales, ces redoutables serpents du Nouveau-Monde, arrête immédiatement les effets de ces poisons si actifs. C'est ainsi que s'est réalisée l'espéraDce du docteur Coindet, qui disait, en terminant son premier mémoire de f820 : « Cette substance mérite l'attention des médecins, et Je ne doute pas -qu'elle ne devienne, entre des mains habiles, an des plus puissants remèdes dont la chimie moderne ait enrichi la matière médicale, n

Parmi les diverses applications scientifiques de l'iode, il en est deux surtout qui ont accru l'importance de cet élément. Joseph Nièpce et Dagucrre en ont tiré un merveilleux parti, concurremment avec le mercure, pour fixer sur une plaque d'argent la représentation des corps transmise par les rayons lumineux au moyen de la chambre noire. Le daguerréotype, la photographie sur verre et sur papier, qui ont fait, à partir de 1839, de si prodigieux progrès, consomment annuellement ine très-grande quantilé d'iode.

Walfhyclrom^trle. — D'un autre côté, Dupasquîer, de Lyon ({\ a fait servir, en 1^40, la grande affinité de l'iode pour l'hydrogène et

(1) Alphonse Dupnsquior, n^ h Chossy, près Lyon, le 27 août 1793, mort le 13 avril 1H4H, a IlliiHin} ^a courte rarrièn^ par plusieurs travaux originaux de chimie analytique, ch* honM ouvrngrg Kur Thydrologie et par son remarquable enseigne* m<»nl K IVrolo dn U Ma^tlnl^r^ d« l.yon. M. Cap, son ami, a publié une intéreslantn noilro «ur r« chiinlfitr pluln «ranlnir que l'excès du travail a tué. (Voir /es htudex htotfrnphiqué»s pûut* ftrvir à i'hùtoù*tdesscienc€ifl^ 8érie« Gbim tsm. Pari», Victor MaMon, IK»7.)

DE l'iode. 137

les mélanx à la découverte et au doiage du &oufk-e dans les eaux minérales suirurcuses. Si Je verse de la solution alcoolique ou de Is teinture d'iode dans de l'eau contenant de l'hydrogène sulfuré ou du sulfure de sodium, la teinture est subitement décolorëe, comme vous le voyez, et en quantité d'autant plus grande que l'eau eit plus riche en composé sulfuré. Cela provient de ce que l'iode s'empare de l'hjdrogène de l'acide sullhydrique, ou du métal du sulfure métallique, pour foi'mer de l'acide iodhfdrïque ou de l'iodure de sodium, solublc et incolore, tandis que le eoufre se précipite en poudre blanche à cause de son extrême division. C'est ce qu'expriment les équations suivantes ;

flS -I- I = Hl + S

Adde wlOij'driqiH Iode Aeidt iodbjdrique Soufre.

>VaS + 1 » Ntl + S

Bsl'nrt de lodiBn lodun d« (odluni.

Si donc il est possible de saisir bien nettement te terme où U décompoulîoQ du principe sulfuré est complète, il «urara, pour déterminer exactement la proportion du soufre de l'eau minérale, de connaître la quantité d'iode employée, attendu qu'on sait que 126 grammes de cet Âémeot déplacent toujoitn de ses combinaisons 16 grammes de soufre.

Or, on trouve le moyen de mesurer celte action, dans la propriété que possède l'amidon de prendre une couleur bleue avec l'iode libre, ' et de ne passe colorer avec l'acide iodhydrique et les îodurcs métalliques. D'après cela, si l'on met eu contact la leinlure d'iode avec une eau sulfureuse, à laquelle on a préalablement ajoute une petite quantité d'amidon, tant que l'iode n'aura pas enlièrement décomposé le principe sulfureux, il n'en restera aucune portion libre, et la couleur bleue n'apparaîtra pas, ou bien elle disparaîtra rapidement par l'agitation du liquide; mais elle se montrera subitement, au contraire, et persistera, aussitôt que la dernière trace du composé sulfuré aura disparu. Ainsi, la trace la plus minime d'iode, restant libre, suffira pour développer sur-le-champ cette couleur bleue, qui est l'indice certain du point où la décomposition est complète.

Vous concevcE qu'en mesurant la quantité de teinture d'iode décobrée par l'eau minérale, il sera facile d'arriver, par un léger calcul, i la lié lermi nation de la proportion de soufre contenue dans celte eau, puisque les deux corps simples sont isomorphes, c'est-à-dire se substl* tuent équivalent à équivalent dans les composés d£ même ordre.

Aa lien do 1t teinture ilcooliqne d'iode, qal s'silire assez vite, et dont le vo> Inme varie constimuient svec Is température, on so sert aujourd'hui, comme liqueur d'épreuve, d'une solution de 5 grammns d'iode pur et sec et de Gi','15 diodtire de poUssium dans une qusntitâ d'eau aiifflunte pour former 1 /4 de litre-

[.'instnicnent qui sert k mesurer cette liqueur a reçu de Dupasquier le nom 4e tnlfhyitromttrt. C'est un tube de verre d'un diamètre Intérieur de 1 ou A millimètres, de 3& ï 30 centim. éa longueur, effllé h l'une da ses extrémités, M

divisé en degrés d'un demi-centimètre cube et en dixièmes de degré {fig.ATÏ).

Gbaque degré renferme exactement 1 centigr. diode et représente 0,001 de

soufre.

L'essai se fait toujours sur un quart de litre d'eau sulfureuse qu'on met dans

une capsule de ferre et à laquelle on a ajouté préalablement quelques gouttes d'une solution très-limpide d'empois d'amidon.

La méthode suffhydromHrique de Dupasquior est suffisamment exacte et trèsexpéditive ; c'est donc une précieuse acquisition pour l'analyse chimique.

EitrftclIoB de l'iode. — Les

nombreuses appb'cations de l'iode ont donné, depuis une trentaine d'années surtout, un grand développement à son extraction et à Fexploitation des varechs. Cette exploitation occupe, sur les côtes de Bretagne et de Normandie, pendant une grande partie de l'année, trois à quatre mille familles. Elle consiste à rafsembler les varechs, pour en opérer l'incinération et en livrer les cendres à l'industrie.

Je vous ai dit précédemment comment on traite ces cendres pour en isoler les sels utiles à' l'industrie, et conserver dans les dernières eaux mères tout l'iode et le brome qui s'y trouvent. Dans les usines françaises, établies à Cherbourg, à Granville, à Vannes, au Conqfuet près de Brest, on opère d'après le procédé indiqué par Barruel, mais perfectionné par MM. Coumerie, de Cherbourg.

Fig. 422, — SuJfhydromètro de Dupasquicr.

On commence par faire bouillir ces eaux mères avec une petite quantité d'mcidc sulfuri<)uc dans une chaudière de funte, pour détruire tous les sels étrangers (carbonates, sulfures, hyposulfitos et sulfites alcalins) qui s'y trouvent encore ; on laisse refroidir et déposer la liqueur, que l'on soutire ensuite au dair.

On i^oute assez d'eau pour que la densité du liquide descende à 25*, on l'introduit dans de grandes tourilles en grès et on y fait arriver un courant de chlore, afin de décomposer les iodures alcalins et de mettre l'iode en liberté. La réaction se traduit ainsi :

lodurc Chlorure

do Chlore. de

Iod<

piilauium. potaisinm.

Kl -f a « KCi -f

Le liquide, traversé par les bulles de chlore, se colore fortement, se trouble et laisse enfin déposer l'iode sous forme do poudre noire. On évite de ftdre passer un excès de chlore pour ne pas décoropaser les bromures et ne pas produire du chlorure d'iode soluble et volatiL

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