EXTRACTION DES MÉTAUX ALCALINS
Le meilleur mofen pour garder intactei les eaux de potasse et de soude dans les laboraloires, c'est de les metti-e dans des flacons reimés avec des twuchons de liège, dans lesquels passe un tube ouvert aux deux bouts, rempli d'un mélange de fragments de chaux vire et de cristaux de sulfate de soude, pour arrCler l'acide carbonique de l'air (fig. 43U).
Les hfdrates de potatse et de soude sont les rfadifs le plus souvent emp'oyé» par les chimisles. Ils ne sont pas moins utiles aux industriels, d'après tout ce que J'ai dit précédemment. On peut, avec avantage, les Taire servir A la con- ■erration du poli des ustensiles en Ter, fonte et acier. Il suffit de maintenir ces ustensiles plongés dans une Taible dissolution alcaline (I partie de potasse pour SOO parties d'eau), ou de les recouvrir d'une couche de gomme adraganle additionnée de potasse ou de soude caustique. On les préserve ainsi parfaitement de la rouille. On doit celte indicatioD à Payen.
COMPOSÉS MÉTALLIQUES DE LA PBEMIÈIIE SECTION. (smrE.)
u polailium et du sodium. — Fabrication induatrislle - Des biortHi Dates, st en particulier du bicarbonate de loudt. — Dn lOMZ et de ses applications. — Da I'acide BoniQDe. — Cu tulfale, du tidftit et de Vhypanilfitt de soude.
BsIracUoB 4«a mAt««x «IcrUm.
C'est en faiianl réagir le fer sur les hydrates alcalins, i une très-
liaule température, que Gay-Lussac et Thenard ont obtenu, les pre-
miets, en 180)*, le potassium et le sodium en assez grande quantité
GnitDia. — II. Il
162 VINGT-TBOISIÈME LEÇiiN.
poui' en Tiiire une élude complèle. Leur procédé a élé loiiglcmpa suivi ilmis les luboraloires pour G\Irairc ces mi^liiux. Proeédi de BrnnNer. — En 1SÎ3, lirunner, de Kcrne, mettant
fiiile par Curaudeaii, dès 1808, qu'un mé-
extuaction du potassium. 163
lange intime de carbonate de potasse ou de soude et de charbon Eufflcamment chaufTé peut dégoger du potassium ou du sodium, a fait adopter dans toutes les Tabriques une mêlhodc bien plus commode, et surtout plus productive, que celle de Gay-Lussac et Thenard.
Elle consiste h cbauiTar >u rouga blanc, d*ns une cornue ou un cjlindre de fer A Ifig. 110], placé lu centre d'un fourneau k veni, le résidu cbarbonneui (|u'oa obtient en cilcinsnt dans un creuset le lartra brut, c'esl-ï-dire un méisnge de carbonate de potwse et de chirbon eicesaivemenC dÎTisé.
Ce clisrbon, k la tsmpénture du rouge bUnc, enlève l'otygine h la poUssa et détoiygine partiellement l'acide carbonique, de sortequ'il se produit du potassium et du gn oxydetle carbone : c'est ce que montre ta légende suivante i
I équiïal. oiydc do urbone-
1 équlwl. I ) ■ ' ' *î"i'"'l- oxygène -
de potasse '1 /I Aquival.
Oïygèiio—
I î équivalent»
d oiyde 1 da carbone
I éqtiÎTalenu de carbone
KO,CO' + a C = K H- JCO.
Le [Niliwliini en npeur vient se condenser dans un r£ciplen de cuivre C, contenant de l'huile de naphte ou du pétrole, et qui est refroidi par do l'eau r. Les gU S'f CliâpjMnt par le tube b. Un kitogr. de tartre chirbonné fournit, en trois bsures do sbautTe, env^n Î7S gr. de potassium. Cette quantitâ eat loin de rqirdsentnr louie celle qu'on devrait obtenir, 408 gr. k peu près : c'est que, par action secondaire, lorsque la température n'est pas maintenue au rouga ;, le potassiiun est réoijgéné par l'oxyde da carbone, d'où résulte un métage de potusM et de charbon qui passe dans le tube de dégagement B, l'obnd la marche de l'opération fort difflrile, si ce n'est même dangereuse. it accident arrive, on y remédie en introduisant uns tige de fer par i tubulure 'i lin récipient, et l'engageant Jusque dans l'intédciir du tube B
■•UacatleMeappertéeapkrHll. ■ereskaclDoBBy.— Quoique excellent od priocipe, le procédé de Brunner ne donnait donc encore que dei résultait variables et le plus souvent Tort peu productif. En 1833, deux ctaimlites belges, MU. Harcska et Donny, ont fait disparaître toutes les causes de perte, en subslituani au récipient, beaucoup trop vaste, de Prunoer, un récipient aplali, d'une capacild Irëi-restreiDlit,
164 VlNGT-TttOISlfcME LEÇON.
formée de deu"! plaquea de Ter laminé C, C (^i/. 441) s'appliquanl l'une contre l'aulie, de manière à laisser entrccDesuDespauc mince, dansle-
Fig. ttl. — AppinEl de Bnumtr a>ec
quel les vapeurs de potassium se condensent. Ce récipient a un col très-court, cl, pendant l'opération, les dcuv plaques sont maintenues fi l'aide de quatre vis de pression {^g. 442J.
A partir de 1854, l'attention s'est portée exclusivement sur la préparation du sodium, d'abord parce que la matière première est moins pbère, puis parce que ce métal est beaucoup moins oxydable que le toiassium, qu'il est plus maniable par conséquent et d'une conservalion plus lucile.
Procédé de H. O. DcTllIe. — M. H. Sainte-Claire Deville, l'un de
EXTRACTION DD SOOrCM. 165
nos chimistes les plus dislinguêi, toul en meUaat à pi-ofll les recommandations de MM. Mareika et Donny, a eu l'heureuse idée de rCmpIa cer le lartrate de soude calciné, dont »e sei-vaient ces chimistes, par un mélange intime de carbonate de soude, de charbon et de craie. Celleci rend le mélange moins fusible et capable de supporter la haute température qui est nécessaire à la réaction, sans qu'il puisse sortir à l'élal liquide par l'orifice de dégagement. D'uq autre cOté, en se décomposant elle-même, au coDtact du charbon, en chaux et en oxyde de carbone, elle fournit, pendant l'opération, des gaz qui servent utilement i l'expulsion des lapeurs de sodium.
Grâce h tous ces perfection ne menis successifs, l'eulraction du sodium est devenue maintenant une opération non moins facile à conduire que la fabrication de l'acide cblorhfdriqne. Il f a trente ans, le sodium valait 7000 fr. le kilogr.; en 1853, il coûtait encore de 800 à 1000 fr. ; aujourd'hui, on ne le paye plus que 6 à 8 fr. ! C'est là un fait d'une portée incalculable, et pour la science et pour l'industrie, car l'une et l'autre ont déjà profité laidement des propriétés de cet agent puissant.
PabHc»tl«M iBiaBirlrll* d« ■•dlam. — Voici, très en abrégé, comment on Opère dans les usines ;
On fait un mélange aussi intime que possible do
ttWO kit. de ctrlranaie de soude sec, 4S0 — de bouille sèche k longue DlmInf^, I&O — de cnic.
an préalablB, soit dans des puts de fonte, soit duii des Ciilindrcs
nferme dans ud four k roQle surbaissée dont an élève ta tempéra-
iir, afin d'en chisser toutes les matières volatiles et de réduire
volume. On cesse de chauffer lorsque les gaz plus ou
protenant de 1* bouille et qui brillent en arrivant dans l'air
inndre la teinte Jaune caractéristique de li présence du sodiuni.
retiré et refroidi, est alors mU enlonguescarloucbes de papier gris,
^ de IB kîOUIogr.
L'opération déOnitive s'etTectue dans de gros cylindres de tAle rivée, analogues lu ta;aai de poêle dont ils ont k peu près l'épaisseur j ils sont revêtus d'une légère cooctae de lut réfractaire. Lts cylindres A (fig. *«) sont diaposés lioriuHUalement dans un long four k réverbère analogue aui fours de cbauffcrte emplojé* dans les uùnes k fer.
Lorsqalla sont parvenus k la température du rouge blsnc, on ; introduir ra- ^dement tes cartouches au moyen d'une rigole de lAIs, et on Ternis iromédia- Icment l'oriflce de chargement. Les gai carbonés provenant de la conibustioh du papier et de la traction du charbon sur l'eau que le mélange a absorbée par UD contact arec l'air, sortent par le trou de la bonde antérieure i et s'enflammsot. I/iTsqoB, après un certain temps de cliauff», la flamme prend la leinle iioDktre ciTaetéristlqne du sodium et qu'elle émet d'abondantes fumées de ■onde, OD ajDiU iM léclpiants C, maintenus par des vis de pression v, i>, et le métal M taide pas k se condenser.
VJNliT-TilOlSltME LKÇON.
1 qu'il se condense duo» los n^cipionts, en «ort i l'état li- «liiide et coule i, l'iir libra dans des m*rmites du fonte V contenanL da rbulle de SFhisle, moins cb^re que l'Iiuile de nipbie. I^ rendement est d'auttnt plus considérable que 11 ralciiiatiun se Cnit plu« npidemeni. Ha ituriSe Tarie d'une lieiire cl demie i qualre heures.
Lo rendement est, i trfrs-pen de chose près, celui qu'indique il tlii^orie, c'est-k-dire 436 gr. de sfidium pur chaque ItilograniiiiH de carbonste de soude sec. Le métal n'i besoin que d'Être refondu soua une ptitiie concile d'buile de «cliistt:, qu'on décanta au moment où le métal eat bien liquide, pour acquérir tout lo degré de purelé ni^cessaire & BBS diverses applications. On le moule slors dans des lingotièrcs comme on te ferait pour du plomb oti du jinc. Il n'y a pus d'vtemple qna dans cette opération il y ait cil une seule fiiiï inHammalion du 'ii.T li^ ci'ntlict de l'eau. On le cunsurva dan*