DU CAIIBONATE DE CHAUX
lèletdu rhomboïde (fig. SOI], on voit dialinclement deux épingles ou dcu\ lignes iioirei A cMé l'une de l'autre. Parfois les cristaux de carbonate de chaux sont des prismes rectan-
Fig, Mi.
priaâtin de
gulairesOfff. ^02), d'un blanc laiteu^, qui portent le oom d'arragonile. Cette forme appartient à un autre système irisliillin que le spath d'Islande.
VoilA donc un nouvel exemple de dimorpliismc, c'est mOme le premier qui ail £lé constaté.
Souvent le carbonate de chaux est en masset dont le listu, forma de pelilea lames croisées dans tous les sens, présente une ébauche de cristallisation. Plus fréquemment encore il est en masses compactes, h lissu serré, sans aucun indice de cristallisation. Sous chacune de ces formes, il reçoit un nom différent et des applications spéciales que Je nis TOUS faire a>nnallre.
b. Calvaire ■aeckBraVde ou Marbr* blase. — Lorsque le carbonate de chaux est en masses saccharoldcs, c'est-&-dire formées de grains brillants, comme le sucre, ce qui indique une ébaui'he de cristallisation, et qu'en outre ces masses sont assez dures, demi-transparentes ou translucides, d'un beau blanc ou à peine colorées, il constitue les marbre» blancs ou statuaires, qui servent exclu si vcmenl aux sculpteurs.
Le plus connu des marbres antiques est celui de l'ile de Paras, l'une des Cjclades dans l'Archipel grec. Chez les modernes, les marbres de ce genre sont tirés principalement des environs de Carrare, dans le duché de Modène (I), de l'fle d'Elbe (2], de Seravezza, bourg de Toscane (3), etc.
(1) Lm cirrièrsi de marbre de Cnrrare ont S kilomitres de long; dlea sont eip'oiliées depuis lei Romaiita ; elles ]i:iraisseiTt Inâpuisablel : l'exportation annuelle s'viÈve k plus de lOaODO quintaui, représenUiit une valeur dsH àUUO OO franci.
(j) Outre le marbre statuaire, on exploite aussi dans cette îlu un marbra blanc, Teiné de vert, connu des arliatei sous le nom de marbie Cipolïn. Il s étâ ainsi désigné parce que les veinits tracent dans la pierre, surtout quand elle est tournée en fùta de colonnes, des lignes concentriques pareilles à celles d'un oignon couple, cipotla. Les Romains , qui ne laissaient iiietploitéo aucune de leurs nombreuses conquûlea, ont les premiers su tirer parti du marbre de l'ile d'Elbe. Ils ont également ouvert des carriËres dans le beau granité du paya, notamment ï Campo, el aussi dans l'Ile voisine de GJglio. Ces eiploiUlious n'ont pas cessé d'être en activité.
(3) C'est le célebm .Michel-Ange qui a découvcrl les marbres de Scrarczia, vers la Un du quinsiËiiie siècle ou su commcuccmciit du seizième.
c. Calealre compnete OU Marbre de couleur. — Quant aux marbres de toutes couleurs destinés à la décoration et à l'ameublement des édifices, ils appartiennent à une autre variété de calcaire qui est en masses compactes, à tissu serré, sans aucun indice de cristallisation.
11 y en a de colorés en noir par un peu de bitume, tels sont ceux de Namur, de Dinant (Belgique), des Hautes- Alpes, etc.; ou en rouge, comme la griotte d* Italie j qu'on exploite près de Narbonne ; ou en Jaune, comme le jaune de Sienne, Souvent leurs couleurs sont disposées par veines ou par taches nuancées sur un fond uni : tels sont le Sainte-Anney à fond gris et veines blanches, remarquable par sa solidité ; le Grand antique, à fond noir et veines blanches nettement tranchées; le Portoty à fond noir et veines jaunes; le Sarrancolin des Pyrénées, le Languedoc^ à fond rouge et à grandes veines, qu'on emploie pour les décoralic» monumentales : le dernier vient de Narbonne; le bku turquin, à fond bleuâtre et veines plus foncées, etc.
11 y a des marbres qui sont formés de fragments de diverses teintes réunis par un ciment calcaire ; c'est ce qu'on appelle alors des brèches et des brocatelles (marbres de l'Ariége, de l'Aude, ^es Basses-Pyrénée?, d'Aix, d'Andalousie, etc.)» Enfin certains sont uniquement composés de coquilles brisées converties en calcaire ; on les nomme alors des îumachelles, de lumaca, lumacella^ limaçon (environs de Troyes, de Nar bonne, Jura, Brest, etc.) ; le ^petit granité ou marbre des Ecaussines, près de Mons, qui couvre la plupart de nos meubles, en est un exemple commun.
On trouve les marbres dans presque toutes les chaînes de montagnes. Ils font l'objet d'une branche de commerce de la plus haute importance. Les plus connus et les plus employés sont ceux d'Italie, de Belgique et de France. Ils sont d'autant plus estioxés qu'ils ont des couleurs plus vives, une pâte fine et homogùne, qu'ils prennent un bel éclat par le poli, et se conservent à l'air sans altération. On leur donne le poli en frottant leur surface avec des poudres dures, telles que le grès, le sable argileux, la pierre ponce, l'émeri, le colcothar, la limaille de plomb mélangée de noir de fumée. Les frictions avec ces diverses substances sont répétées un très-grand nombre de fois.
Le mètre cube des marbres étrangei-s bruts va de 800 à 3500 fr., suivant les espèces; le prix des marbres français est beaucoup moins élevé, puisqu'il ne dépasse pas 1500 fr. pour les plus estimés (le rouge vif du Langueduc),ei qu'il descend pour quelques-uns à 580 fr. [noir de Dinant), et même à 560 fr. {Sainte-Anne du Boulonais),
L'emploi du marbre remonte à la plus haute antiquité, et le mot est aussi ancien que la chose ; mais, dans sa première acception, il désignait toutes les pierres susceptibles de poli, telles que les granités, les /)orpbyres, les serpentines, les albâlres; et c'est encore ainsi que l'entendent les architectes et les constructeurs, qui ne considèrent toutes
ces rocliPB que par rapport à rcITet qu'elles produiienl. Mais les naluralbles t»t les technologbtes oqI, avec raison, Tait cesser celte confusion ep n'appliquant le nom de marbre* qu'aux calcaires, susceptibles de poli, caractérisés par la double propriété de Taire effervescence avec les acides et de se réduire en rliaux vive par la calcinalion.
En 1840, on a Tait revivre en Italie l'art de produire des espèces de mosaïques sur marbre par absoiplion des malièrcs colorantes. On commence par chaufTcr cette pierre pour rendre plus facile la péné- Iratioa des liquides qui doivent en opérer la teinture. Une solution d'uotatè d'argent lui communique une couleur noire; celle de vertde^is, appliquée chaude, une couleur verle; la solution chaude de carmin donne le rouge; l'orpiment dissous dans l'ammoniaque donne le jaune; le sulfate de cuivre teint en bleu; la solution do fuchsine teint en pourpre. Dès le quatrième siècle, on savait déjà que le marbre peut s'imprégner de couleurs, et on utilisait cette proprii^té pour la décoration. Zosime le Panopolitain en parle Irès-explicilement,
C'est au mofen de résine laque, appliquée à chaud sur le marbre également chaud, que les ouvriers parviennent li en recoller les fragments.
d, C^lcklra ll(li«|[r*pbl4He. — C'est encore un calcaire compacte, susceptible de poli, dont un chanteur du Ihéfltrc de Munich, Senefelder, s'est servi avec tant de bonheur, en t7D0, pour remplacer les planches de cuivre employées â la gravure ordinaire.
L'art de la lithographie consiste à dessiner sur la pieiTe polie, avec un crayon gras, l'image que l'on veut reproduire ; on Dxe les traits du dessin par un lavage superflciel à l'eau de gomme acidulée par lacide izolique ; ce lavage a encore pour eifet de mettre le dessin en relief et surtout de changer la surface de la pierre en azotate, ce qui la rend imperméable aux corps gras. Sur cette surface ainsi préparée et maintenue humide, on étend avec un rouleau élastique de l'encre ordinaire d'imprimerie, qui no se Dxe point sur la parité humide, mais qui s'attache seulement sur le dessin tracé au crayon gras. En recouvrant alors la pierre d'une feuille de papier blanc un peu humide et exerçant une pression convenable, oci décharge sur le papier la plus grande partie de l'encre qui donne ainsi, d'une manière facile et expédilite, la reproduction du dessin, dont ou peut tirer un grand nombre d'épreuves sans altérer la pierre.
Importée en France en 1 802, peu de temps après avoir été créée en Bavière, la lithographie n'a commencé à se développer que vers 1814, grjee aux elTorls du comte de Lasteyrie, qui créa à Paris la première imprimerie lithographique. La Société d'encouragement a surlout contribué i faire naître et à entretenir chez les chimistes et les dessinaleurs cette louable émulation qui, en moins de vingt-cinq ans, a produit des résultats aussi brillants qu'utiles. Aujourd'hui, l'art de Senc-
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felder a reçu une telle perfection que ses dessins rivalisent, par le moelleux et la Onesse de leurs traits, avec les plus belles gravures; il est devenu en outre, pour une foule d'usages, le complément nécessaire de l'imprimerie typographique. •
Un habile mécanicien de Rouen, M. Perrot, a imaginé, en 484^, une machine qui mouille, encre, pose le papier sur la pierre, imprime et enlève les épreuves, sans le concours de la main de Thomme, et cela d'une manière continue, dans toute l'acception du mot. La perrotine lithographique a été imitée et perfectionnée depuis ; si bien qu'aujourd'hui rien ne manque, sous le rapport de la célérité, de Téconomie et de la perfection du travail, à cette admirable invention de Senefelder, rivale heureuse de la typographie et de la gravure.
Les pierres les plus recherchées par les lithographes sont celles de Pappenheim sur les bords du Danube, en Bavière ; mais on en trouve aussi en France, particulièrement à Châteauroux (Indre), Pielle, Marchamp, Belley (Ain), aux environs de Dijon, de Périgueux, à Avèze près le Vigan (1), etc.
On substitue fort souvent aux pierres de calcaire compacte des plaques de zinc préparées, qui oflVent plus de consistance et sont d'un emploi plus commode et plus économique, surtout pour Vautographiej ou la reproduction des écritures. Senefelder avait déjà employé ce mêlai. Cette modification constitue ce qu'on appelle la zincographie.
En 1836, Godefroi Engelmann, de Mulhouse, l'un des plus habiles lithographes de France, a résolu, le premier, le problème fort difficile de lithographier en couleurs, c'est-à-dire de remplacer le pinceau par des teintes appliquées au moyen du tirage, chaque pierre portant la couleur qu'elle doit déposer sur l'épreuve première. Cette nouvelle application de la lithographie, nommée avec raison chromolithograpfiie (du mol grec chroma^ couleur), a rendu des services iomicnses aux sc'ences et aux arts, et se prête avec un bonheur infini à toutes les exigences. Une carte géographique qui, coloriée à la main, 4X)ûtait une dizaine de francs, ne se vend actuellement que 3 fr. 25 depuis qu'on fait u âge de la chromolithographie.
e. Calcaire irroMler. — Cette espèce de carbonate de chaux est connu vulgairement sous le nom de piene à chaux, pierre à bâtir des Parisiens. On la rencontre en bancs ou assises d'une plus ou moins grande épaisseur dans les terrains secondaires et tertiaires, tantôt enfoncés sous
(1) Cette dernière localité fournit les pierres du plus grand format que Ton connaisse et dont la qualité peut rivaliser avec la pierre tant vantée de Munich qui provient des diverses carrières de l'Allemagne. Dans l'état actuel de la Utliograpliie, une pierre qui atteint I",20 à 1«,30 da hauteur sur tO centimètres d'3 largeur, est d'une grandeur fort respectable. Xa carrière d'Avèze en donne de beaucoup plus grandes, une entre autres de 2"", 35 de hauteur sur 1",S5 de largeur; cette dernière pesait 1100 kilogrammes.
te H>1, lanlAI l'élevant à la surrace en colUnce, en montagnes, et même en chaînes de montagnes {Pyrénées, Jura, Vosges, Apennins, une grande partie des Alpes],
Ce calcaire a une texture Idcbe, un grain ordinairemeni grossier; il te laisie entamer facilement par les instruments tranchants, et n'est susceptible de recevoir aucun poli. Ses couleurs sont sales et varient entre le blanc, le gris et le Jaune-isabcUe. C'est, sans coairedil, uno des pierres qui rendent le plus de services à la société, car partout elle e*l employée pour les conslruclions.
Si le nom de pterre précieuse était l'apanage des choses uliles plutôt que des choses biillanle3,]a pierre calcaire mériterait beaucoup mieux ce nom que le diamant et les autres gftnmfs colorées, qui ne sont, en réalité, que des objets de luxe, de magnifiques superfluilés 1
La pierre à bâtir ne se rencontre pas également dans tous les pays ; elle est commune en France, surtout aux environs de Paris, qui sont, pour ainsi dire, criblés de carrières dont l'exploilation contribue à l'immense richesse de cette ville. On la nommt; pierre de taille lorsqu'elle est en gros blocs, et moellon lorsque ses masses ne dépassent pas 17 décimètres cubes.
Les architectes et les maçons distinguent les pierres dures et les pierres tendre». Les premières, provenant surtout de Cbilteau-Landon (Seine- el-Harne), des environs de Caen, de Sainl-Ylie (Jura}, de Grimault (Yonne), de Soignies et de Rombaux en Belgique, sont trés-compactes et peuvent être mises en usage au sortir de la carrière ; ce sont des calc^res stViceua;, c'est à-diie mélangés d'une certaine quantité de lilire à laquelle ils doivent leur dureté et leur compacité.
Les secondes, qu'on trouve principalement dans les environs de Paris, de Rouen, de Lille, etc., sont des calcaires coquilliers, c'est-à-dire en- Ircmètés de nombreux débris de coquilles ou d'empreintes d'animaux marins ou fluviatiles ; elles ont un tissu lâche, plus ou moins porcui, à gros groins. Elles contiennent beaucoup d'eau ; aussi les laisgc-t-oa sécher longtemps i l'air après leur extraction, afin d'Éviter des lézardes dans les constructions. La plupart, d'ailleurs, éclatent par ta gelée ; aussi les désigne-t-on par le nom spécial de pierrei yéliitses ou géliies.
La durée des bAlisses dépend entièrement de la pi-opriélë qu'ont les piert'es de carrière d'être gélives ou non. Vous conccvei, d'après cela, Ketsieurs, combien il était important d'avoir un moyen certain de reconnaître en peu de jours si telle pierre d'appareil présente celte n\ctieuse propriété. Cette question, qui avait occupé l'esprit du grand Colbert, puisqu'il y a cent quatre-vingt-deux ans qu'il en avait proposé la solution i l'Académie d'architecture, a été résolue, en i8->0, par BrarJ, minéralogi&lo distingué.
BisKi dr> vlerrea gtiltet. — Son procédé consiste i exposer les tchantilloDB des pierres que l'on veut essayer h l'action d'une disso-
lu (ion saturée et faîte à froid de sulfate de soude, que l'on fait bouilHr pendant une demi-beure. On relire ensuite les échantillons, on les isole, en les suspendant, à l'aide de fils, au-dessus des vases remplis de la dissolution dans laquelle ils ont bouilli. Vingt-quatre heures après, on trouve leui*s surfaces couvertes de petites aiguilles blanches. On plonge ces pierres dans la dissolution pour faire tomber les premières efflorescences salines, et on recommence ainsi toutes les fois que les aiguilles sont bien formées, pendant l'espace de cinq jours ennron. Quand les pierres ne sont point gélives, le sel n'entraîne rien avec lui, et Ion ne trouve au fond des vases ni grains, ni feuillets, ni fragments de pierres. Dans le cas contraire, on s'aperçoit, dès le premier jour que le sel paraît, qu'il entraine avec lui des fragments, que les pierres perdent leurs angles, et que leurs arêtes s'émoussent ; enfin on trouve au fond des vases tout ce qui s'est détaché dans le cours de l'épreuve.
Vous voyez, Messieurs, combien le procédé de Brard est ingénieux et d'une facile exécution. Tels sont les avantages de la science; elle fournit à la pratique des moyens prompts et sûrs que le hasard n'eût pu faire connaître, car ici c'est une idée théorique qui a guidé le savant dans ses recherches et l'a conduit à un résultat aussi intéressant.
Le poids du mètre cube est de 2400 kil. pour les calcaires durs, et de 2300 kil. pour les pierres tendres.
t* Craie. — La craie est une des variétés les plus communes du carbonate de chaux non cristallisé, puisqu'elle constitue des masses considérables, qu'elle forme le sol de contrées entières, comme en Pologne, en Angleterre, en France (Champagne, côtes de la Manche, environs de Rouen, etc.).
Cette pierre a un tissu lâche, une cassure terreuse ; elle est friable et très-tendre, presque toujours blanche.
C'est avec elle qu'on prépare ce qu'on appelle à Paris le hXwM^ d'Espagne, le blanc de Meudon, le blanc de Bougioal, à Rouen le blanc de Dieppedalle, à lille le petit blanc, en Champagne le blanc de Troyes, etc. Ce blanc est employé comme crayon pour écrire (5u dessiner sur le bois, et pour toutes les peintures à la colle, dites peintures en détrempe. Il sert aussi à nettoyer les métaux et les verres.
Pour amener la craie à cet étal, c'est-à-dire pour la priver de la plus grande partie du sable qu'elle contient, on la délaye dans l'eau, on laissG déposer le sable, puis on décante le liquide blanc, comme lactescent, qui la lient en suspension. Les figures 503 et 5 '4 représentent en petit celte opération qui porte le nom de livigation. Une fois la craie déposée, on la laisse égoutter et, loi-squ'elle est en consistance convenable, on la moule en cylindres ou en pains dont on achève la dessiccation à l'air.
D'après les observations d'Elirenberg de Berlin, il y a dans la craie deux pai'ties bien distinctesi l'une cristalline, l'autre organique, ou