DES CHAUX COMMERCIALES
II. rii*«z malcrc. — Les ckatix maigrrs proviennent de pierres calcaires ^i renrennent des pi'oporlions aeses Tories do carbonalct de magnésie el de fer. Elles sont grises on Tauves, s'écbaulTenl peu el, conime leur nom l'indique, Toisonnent à peine ou augmentent peu de >olume par l'extinction ; elies donnent avec l'eau une pâte courlc et peu liante.
On 4es reconnaît encore à ce qu'elles laissent un résidu de sable plus ou moins grossier, après leur traitement par l'acide clilorhjdrique. L'ammoniaque ajoutée à la liqueur y fait naître un précipité notable de magnésie.
C'est à cette dernière base, qui en constitue souvent plus du quart que les chaux maigres doivent leurs caractères et leurs défauts. Les mortiers dans lesquels elles entrent n'ont que peu de ténacité, el l'eau les LtUque facilement ; aussi Ëvite-t-on, autant que possible, de faire usage de CCS tories de chaux.
III, Chaai h7<>r»«ll«««- — On appelle chaux hydrauliques celles qui se solidifient promptement dans l'eau. Elles sont ordinairement Jaunes. Elles s'échauffent peu, se délitent diflicilement et augmentent A peine de volume par l'extinction; elles forment avec l'eau une f&te courte qui, à l'air, ne prend qu'une médiocre consislance, tandis qu'elle durcit considérablement sous l'eau au bout de quelque temps.
Cette dernière propriété ne se montre pas toujours au même degré. Les plus caractérisées des chaux hydrauliques font priie du second au quatrième Jour d'immersiou; au bout d'un mois, ces chaux sont fort dures et complètement insolubles ; dans le sixième mois, elles se comportent coBome certaines pierres calcuircs, le choc les brise en éclats, leur cassure est écaillcuse. C'est cette qualité remarquable qui les rend si précieuses pourtoutes les constructions hydrauliques.
Ces sortes de chaux se dissolvent dans l'acide chlorhydrîque, sans eServescence, en laissant un résidu plus ou moins abondant. La liqueur, évaporée à siccilé donne une poudre qui, traitée par l'eau, loisse au moins 9 à 10, souvent 20 à 30 p. 100 d'argile insoluble trùs-divisfe, — L'ammoniaque, ajoutée h la liqueur, y produit un précipité noiable.
C'est Vicat, ingénieur en chef des ponts el chaussées, qui, le premier, a découvert la véritable cause de l'hydraulicitë de certaines espèces de chaux. Ce sont uniquement les calcaires argileux qui les produisent. Les départements où l'on trouve ces calcaires en plus grande abondance sont ceux du Lot, du Lot-et-Garonne, du Tarn,delaDordogne,duGard, de l'Ardèche, de la Drôme, du Gers, de la Charente, de l'Hérault, du
I partie de houille pulvérisée et I partie et demie de cbaiix éteinte, qu'or. giclie ce mélange a»ec de l'eau comme pour les ciments ordinaires, il ea résulte un mortier d'une grands solidité et tout ï fait imperméalilo à l'eiu; la ■cul inconvénient qu'il olTre, c'est sa couleur plus ou molos foucée qui en limitera con sidéra bIcD) Cl II l'uiiiplui.
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Cher, de l'Allier, de la Nièvre, de l'Yonne, de la Côle-d'Or, de TAin, de risère, du Jura, dû Doubs, du Haut-Rhin, etc. Sur 80 départements déjà explorés, il n'en est que 6 ou 7, à terrains primordiaux, où les calcaires hydrauliques manquent entièrement.
Avec to, 45, 35 p. 100 d'argile, les chaux deviennent de plus en plus hydrauliques, et quand elles n'en renferment pas naturellement, il suffit de leur en ajouter avant la cuisson pour qu'elles acquièrent celte propriété, à un degré plus ou moins prononcé. Ainsi c'est bien à l'argile qu'il faut rapporter ce changement de propriétés. Mais qu'est-ce que l'argile, et quel est son rôle 7
L'argile, comme vous l'apprendrez plus tard^ est un mélange ou mieux une combinaison à'alumine et de silice; un calcaire argileux, c'est une pâte de carbonate de chaux dans laquelle se trouvent disséminées de petites quantités d'alumine et de silice. Par la calcinalion, la chau^, ramenée à l'état caustique, réagit sur l'argile en 8*emparant d'une partie de la silice pour former un silicate de chaux, tandis que l'alumine constitue avec le restant de la silice un sous-silicate d'alumine.
La chaux cuite est donc alors un mélange de ces silicates avec de la chaux vive en excès. Plus tard, lorsqu'on vient à gâcher ce mélange avec l'eau, les silicates s'hydratent, .cristallisent et enlacent de leurs aiguilles qui s'entre-croîsent en tous sens les particules de chaux hydratée en excès, de sorte qu'il se produit par là un tout solidaire, excessivement dur et compacte, que l'eau, même l'eau de mer, ne peut plus altaquer (t).
Avant d'avoir trouvé en France de si nombreux gisements de calcaires hydrauliques, Vicat avait montré qu'il est possible de faire partout d'excellente chaux hydraulique, supérieure même à celle de Sénonches (Eure-et-Loir), type de perfection, en calcinant, dans des proportions convenablement choisies, de la craie ou de la chaux pure mêlée d'argile. Dès 1818, Brian et de Saint-Léger établirent, au Bas-Meudoo près Paris, la fabrication en grand de la chaux hydraulique d'après les indications de Vicat, en mélangeant 4 parties de craie de Meudon et \ partie d'argile de Vanvesou de Passy, façonnant la pâte en briques et soumettant celles-ci à une calcination convenable. C'est avec cette chaux, mise en pâte consistante et additionnée de 2 parties de sable, que, depuis celte époque, tous les grands travaux de Paris et de la Province ont été faits. Son emploi pour la construction des égouts, des ré-
(1)11 parait aussi, d'après les expériences de Vicat, que la magnésie, lorsqu'elle intervient en proportions de 30 à 40 parties, peut rendre hydrauliques 40 parties de chaux très-pure. C'est parce que les chaux naturelles du Lardin (Dordogne) renferment 42 pour 100 de magnésie, qu'elles jouissent si parfaitement de 1 hydraulicité. Ces faits prouvent que les dolomies (double carbonate naturel de chaux et de magnésie) peuvent servir à obtenir de très-bonnes chaux hydrauliques; on commence à en tirer parti sous ce rapport.