DE LALUN DB ROME
II est heureuKmcnt facile de purifier l'alun. Il t\xlBi, après l'avoir concassé grossie reme ni, d'en faire une coucbe de iO à 50 centimMrcs d'épaisseur, et de l'arroser avec de petites quantités d'eau. Jusqu'il ce que le liquide de lavage ne soit plus coloré en bleu par le prussiate de potasse. Le sulfate de fer, étant bieu plus soluble que l'alun, est coro* plétement entraîné par l'eau.
AlBB 4« Rome. — BipllcBUan de 1* préférence ^n» 1n1 bcc«r«eMt Ici tciBterlera. — Ualan de Rome a été, de tout lGnip!<, considéré par les teinturiers comme le meilleur qu'on puisse employer pour les teintures délicates, et cette opiuion est Tondée sur des Faits de
pratique bien constatés. On a cru d'abord que celle supériurilë élRit due & ce qu'il est exempt de suKale de fer ou qu'il n'en renferme jamais que des traces. Mais la véritable cause tient à ce que l'alun de Rome est bien plus riche en alumine que l'alun ordinaire, puisque, comme TOUS l'avez déjà appris, le eulfale d'alumine qui s'y trouve est un sel Iribasique, et non un sel monobasique comme dans l'alun oclaédrique.
Cet alun a, par suite, deux propriétés toutes spéciales: 1° sa forme cristalline n'est plus l'octaèdre, mais le cubo octaèdre, et même le cube parfait; 2° sa dissolution, chauffée au-dessus de + 40*, se trouble et laisse déposer une poudre blancbc micacée qui est du sulfate d'alumine tribasique ; par l'ébullition, elle se dépouille de tout l'excès d'hydrate d'alumine qui s'y trouve, et elle ne fournit plus, par la cristallisation, que de l'alun oclaédrique.
Ces caractères permettent de dislinguerle véritable alun de Home de certains aluns de Paris qui n'ont de commun avec lui qu'une nuance rosée, qu'on leur donne en les roulant dans une poussière formée de GOlcothar et d'alun.
On peut communiquer à l'alun oclaédrique ordinaire toutes les qualités de l'alun de Home, en faisant chauffer sa dissolution, opérée à -f- 30 ou 40°, avec 0,03 de carbonate de soude sec; on l'amène ainsi b l'étal d'alun cubique e%empt de traces de fer. Les bons teinturiers sur colon et sur soie se servent depuis longtemps de ce moyen conseillé par d'Arcet.
Indépendamment des nombreu\ usages de l'alun dans l'ari de la teinture proprement dite, comcne matière première de laquelle dérivent, directement ou indirectement, toutes les préparations de l'alumine, tous les mordants acides ou alcalins de cette base, ce sel satisfait encore b beaucoup d'autres applications, ainsi que vous le verrez suc* cetsivement.
ClBrtlcBtlon de* e«M> troBbtt* par l'«l«n, — Dans l'économie domestique, on peut en tirer un parti avantageux pour rendre de la limpidité à une eau bourbeuse. Depuis fort longtemps, on connaît
la propriété que possède l'alun d'éclaircir les eaux troidiles. En Chine, 00 met un morceau de ce sel dans le creux de la jointure d'un bambou periîé de plusieurs trous, et on agite fortement l'eau avec ce bambou pendant plusieurs minutes: cela suffit pour clarifier l'eau et la rendre potable.
Les blanchisseuses des environs de Paris se servent du même moyen pour éclaircir les eaux de la Seine que les orages ont rendues troubles (t).
Félix d'Arcet, pendant son séjour en Egypte dans les années 1828 et 4829, y a fait adopter l'usage de l'alun. 11 a constaté qu'avec 1/2 gr. d alun par litre d'eau du Nil, qui renferme, pendant rînoodatiooy jusqu'à 8 grammes de matières en suspension par litre, on obtient en une heure une clarification complète. Avec moitié moins de sel, Teffet est analogue, mais exige plus de temps. Pour les eaux de la Seine, il faut tout au plus 2 décigrammes d'alun par litre, soit par conséquent 20 grammes par hectolitre d'eau; mais il y reste des traces sensibles de ce sel; aussi M. Bouligny pense que cela peut, à la longue, exercer une fûcheuse influence sur la sanjté- Si cela est, l'emploi des filtres de charbon, quoique plus long, serait préférable lorsque l'eau doit servir de boisson (2).
ExtlMcUiin de* Ineeudles par TaloB. — ' En 1830, le chevalier Origo, colonel des pompiers de la ville de Rome, a reconnu que l'eau saturée d'alun et tenant en suspension de l'argile, éteint beaucoup plus vite les incendies que l'eau ordinaire. C'est la reproduction du procédé qu'employaient les Vigiles de l'ancienne Rome, puisqu'à ces époques reculées, on faisait usage d'un mélange d'eau, ^e vinaigre et d'argile,«
(1) En Egypte, on se sert d'un petit petit pain d'amandes pour clarifier l'eau. Le sacca ou porteur d'eau en frotte l'intérieur des vases qui renferment le liquide, eh faisant entendre un sifflement aigu qu'il croit indispensable à la bonne réussite de l'opération ; puis il agite l'eau fortement en toas sens et la laisse en repos pendant plusieurs heures. Elle est alors très-limpide et très-claire. C'est l'huile, provenant de la division du pain d'amandes, qui s'unit aux matières terreuses en suspension dans l'eau^ les graisse pour ainsi dire, et les précipite en facilitant leur séparation d'avec le liquide. Au Caire et dans tous les bazars de l'Egypte, on vend de ces petits pains d'amandes au prix de 5 paras, ou environ 4 centimes. AU Sennaar et à Dongolab, en Nubie, on emploie, pour le même objet, des fèves, des haricots et même des graines de ricin.
(2) Arago parlait un Jour de l'alunage de l'eau à un ingénieur anglais qui se lamentait sur Ilmperfection actuelle des moyens de purification en grand. « Ah I que me proposez-vous? répondit-il sur-le-champ; FeaUf comme la femme de Cé^ar, doit être à r abri du soupçon, » Voilà, dit Arago, sous une forme peutêtre singulière, mais vraie, la condamnation définitive de tout moyen de clarification qui introduit dans l'eau de rivière quelque nouvelle substance dont elle était d'abord chimiquement dépourvue. Il est ici question de l'eau qui doit servir de boisson, car pour celle qu'on applique aux autres uteges de la vie, il'est indifi'érent qu'elle renferme de l'alun, du sulfate de soude ou autres sels analogues, surtout en aussi petites proportions.