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EXTRACTION DE L ALUMINIUM

Il n'est pu attaqua par la potasse et la soude caustiques à la ctialeur rouge; mais, lorsque ces alcalis sont en dissolution dans l'eau, ils réagissent sur lui avec violence, eu produisant un abondant dégagement d'hydi'ogène et formant un aluminate alcalin qui se dissout.

Les sels à baae de potasse et de soude, tels que les carbonates, sulfites, silicates, borates, déterminent facilement l'oxydation de l'aluminium à une haute température. Avec les dlicates, on obtient du silirinm ; arec les borates, du bore.

L'aluminium ne réduit pas les sulfates et les aïolales de plomb, de cuivre et d'argent, à la température ordinaire, lorsque les dissolutions sont acides; mais le contraire a lieu avec les dissolutions chlorurées ou alcalines de ces métaux.

AlllBKB*. — BroB»» d'alamlMlam. — Il s'allie avec des métaux, notamment avec 1c cuivre, l'argent, l'or, le plaline, qui en modifient notablement les propriétés. Ses alliages les plus intéressants, qui ont multiplié son emploi dans les arts, sont ceux qu'il forme avec 0!> et 90 centièmes de cuivre. Ils ont été préparés pour la première fois par M. Debray : on les désigne communément sous le nom de bronzes d aluminium à S et 10 p. 100.

Le preooier de ces bronies a presque l'éclat et la couleur de l'or, auni se prâtc-t-il admirablement à rorfévrcrie d'art, d'autant plus qu'il est susceptible d'un beau poli ; en raison de sa grande dureté et de sa ténacité, il est excellenl pour former des coussinets.

Le bronze à 10 p. 100 d'aluminium, dont la couleur ressemble à celle ds l'or vert (alliage d'or et d'argent', est encore plus dur et plus tenace qnele précédent, quoiqu'il soit éminemment ductile û'i malléable ; un fll d'un millimètre carré de section peut supporter, comme le meilleur acier, une charge de 8S kilogr. sans se rompre. 11 se moule avec une perfection extrême ; son grain est très-fin, et comme il résiste mieux au frottement et au choc que le bonze ordinaire, il devra un Jour le remplacer dans la fabrication des canons de fusil et de pistolet, de même qu'il lui est déjà substitué avec avantage pour la fabrication des pièces de résistance, coussinets de tour à grande vitesse, navettes de tisserands, objets d'art de grand volume, cuirasses, casques, fourreaux de sabre, harnais, etc. Son inaltérabilité en pri^scncedes agents ordinaires de destruction, du vinaigre en particulier, devra le faire préférer à tous les autres métaux et alliages pour les objets destinés à la dorure.

Le plaqué d'aluminium a une incontestable supédorité pour la con* fecliou des réflecteurs que ta fumée de la houille et le gaz d'éclairage ne peuvent ternir ; aussi est-ce là le principal emploi de l'aluminluoi en Angleterre.

Bxtr»ctl«B. — Je ne vous dirai pas les courageux et persévérants efforts tentés, depuis iS54, par M. Devillc, soit seul, soit aidé de

MM. Debray, Rousseau et Morin, pour régulariser un procédé industriel de fabricatioo de l'aluminium. Le temps ne me permet pas d'enirer dans tous ces détails, qui offrent cependant un très-Tif intért^t. Je me bornerai à vous indiquer brièvement les deux procédés qui sont actuellement exploités en grand, et qui fournissent Taluminium au prix de 80 fr. le kilogramme.

Le mode d'extraction de ce métal est fondé sur l'emploi d*une matière contenant de l'aluminium à l'état de chlorure ou de fluorure, que l'on chauffe en présence d'un agent réducteur, le sodtum, qui s'empare du métalloïde.

Le fluorure double d'aluminium et de sodium, nommé cryolUe, est un minéral qu'on trouve en abondance au Groenland. Il est représenté par la formule : Al'FP,3NaFl. Il est très-fusible. On peut en extraire immédiatement de l'aluminium en le mélangeant au sodium et chauffant le tout au rouge-cerise. Mais l'opération est plus fructueuse et plus commode, en remplaçant le sodium métallique parle chlorure double d'aluminium et de sodium, APCP,NaCl, dont la prépaîration est aujourd'hui extrêmement facile.

Pour l'effectuer, on mélange \ équivalent d'alumine avec I équivalent de sel marin (i) et 3 équivalents de charbon de bois. Toute$ ces matières ayant été préalablement pulvérisées, on les agglutine ensemble avec un peu d'eau, puis on fait sécher à l'étuve la masse humide et comprimée. Si maintenant l'on fait passer sur ce mélange un courant de chlore, l'alumine, au contact du charbon, et en présence du chlore, perdra son oxygène qui s'unira au charbon pour donner de l'oxyde de carbone, et se transformera en chlorure d'aluminium. Celui-ci, rencontrant du sel marin, s'y combinera et produira le chlorure double (T aluminium et de sodium. L'équation suivante traduit cette réaction :

Al«08 -f NaCl -f3C-f3Cl=3CO-f (Al«Cl»,NaCl).

Si l'on opère à une haute température, le chlorure double, étant volatil, pourra distiller et venir se condenser à l'état liquide dans un récipient convenable, mais où il se solidifiera à la température de 20C® environ.

Dans les laboratoires, on opère dans le petit appareil qui fonctionne sous vos yeux (/ly. 592). Le mélange des trois matières solides est renfermé dans une cornue C de grès tubulée qu'on place dans un fourneau à réverbère. Dans la tubulure A passe un tube de grès qui amène le chlore et qui descend Jusqu'au fond de la cornue. Au col D de

(1) L'alumine qui sert à cette opération dans l'usine de M. Merle, à Salyndres, est obtenue de l'aluminate de soude qu'on neutralise par de l'acide chlorhydrique. On évapore le tout dans un four. La masse solide ainsi obtenue est un mélange d'alumine et de sel marin, qui convient très-bien à la préparation du chlorure double qui doit fournir l'aluminium.

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