EXTRACTION DE L ALUMINIUM
celle-ci ot adsplâ un entonDoir de mfine nature E tur le [laTilloD duquel oa lute une clocbe de verre lubulée F, maînteoue daai une poii*
; S!ll — PrépvalK
lionhoriionUle. C'est dam'celle cloche que se condense le chlorure double qui se volatilise de la cornue, landts que l'oxyde de carbone et Textes de chlore ee dégagent dans l'air par le petit tube erfltë t. En rabrique, l'appareil est tout dilTérent (/Ig. 593). L'n cylindre ler-
Fig. S)9. — Appinil pour U prfpinlt^ ta gnnt di
lical en terre rérractaîre A, de 1",2S de haut et de 18 à 30 centim. de lai^e, est chauiïé au moyen d'un foyer B placé latéralemeat. La flamme lèche d'abord la partie supérieure du cylindre qui Tait olSce
de cornue et s'échappe par le col, après en avoir rougi régulièrement toutes les parties. L'n trou o, percé dans la paroi inférieure du cfUndre, reçoit l'extrémité d'un luyau de plomb f qui communique avec un appareU k chlore ; le chlorure double formé se dégage par ane oynetture c placée dans le haut et qui communique avec un réservoir conique en terre d dans lequel s'opère la condeosation des vapeurs.
Pour opérer la réduction de l'alumiaium, on prend 10 parties d« chlorure double, 2 parties de sodium eo lingots, et on y ajoule comnM fondant 5 parties de sel marin desséché et autant de cryolite. On introduit rapidement ce mélange grossier dans un four & réverbère (fig. SHi)
chauffé au rouge blanc, par l'ouverture o praliquëe dans la voûte en regard du milieu de la sole A. On ferme auegilôl après toutes les issues, en même temps qu'on interrompt le passage de la flamme du foyer sur la sole.
l'n bruit sourd se fait entendre ; il annonce la réaction très-vive qui se produit eutre le sodium et le chlojure double ;
Al»CI»jXaCl H
el quand elle est terminée, on rétablit le passage de ta flamme dans le four afin do faire fondre la matière el de permettre à l'aluminium de sa
EXTRACTION DE LALUMINIUM. iH
rassembler en une seule masse sur la soie convenablement creusée. On fait alors écouler le sel marin Tondu tenant en dissolution du fluorure d'aluminium, puis le métal lui-mi?me, par une rigole c eu fonte, qui perce la porte de travail B. Au sortir de la poche en fonte d qui le reçoit, l'aluminium peut être immédiatement coulé en lingots.
Après la coulée, l'aluminium brut ett maintenu longtemps en fusion dans un creuset au contact de l'air et brassé avec une sorte d'écumoire en fonte oxydée, pour le débarrasser des scories, qui ont la même densilé que lui et qui en altèrent profondément les propriétés. On le coule, et on recommence plusieurs fois le m<?me mode de puriflcallon. On' reconnaît la pureté du mêlai à l'aspect qu'il prend au moment où, après avoir été cdulé, sa surface se solidièe.
Théoriquement, il faut 5 parties de sodium pour produire S parties d'aluminium. Pratiquement, il faut au moins 3 kilogr,, et souvent 3"' ,500 de sodium, pour obtenir I kilogr. d'aluminium.
C'est à Nanlerre près de Paris, puis ù Amfreviile la Mi-Voie près de Rouen, que Jusqu'en 1S60 l'extraction de l'aluminium a eu lieu. C'est maintenant de l'usine de UU, Merle et C", à Salyndres, près d'Alais (Gard), que sort tout le métal que notre induitrie consomme, soit en nature, wit sous forme d'alliage. En Angleterre, les frères Bell, de N ewc asti e, exploitent celte branche nouvelle de l'art métallurgique dans leur grande usine de Washington,
L'industrie, éclairée par la science, marche vite de nos jours; en voici la preuve : en I8j4, le kilogramme d'aluminium impur coûtait 3O00 fr, ; en 1857, 11 était descendu à 300 fr. ; aujourd'hui, il ne vaut plus que BO fr. 1 Tout le monde peut donc profiler des belles recherches et des efforts si persévérants deM. II. Sainle-Claire Devillc, dont le nom est désormais attaché, comme celui de H, Wohler, h la découverte du curieux métal des argiles (I ].
<]) U. la général de Bdville » découvert, an fouillant ua grand nombre de testai latini, un inventenr de l'aluminium qui • précédé de bien longtcmjis MM. WeUerBtDeville.
« Un malbeureui ouvrier pat extrdre d'iin verre ilnmineux une tnstitre éridemment métillique dont il Dt une coupe qu'il présenta à l'un des succes- Hun d^Dguste dins les premiers temps de l'Empire romain, il y » ISOO ans k peu près. L'empereur raccuelUîE, l'admira. L'ouvrier, pour produire un élonncment plus profond, jBUis* coupe par terre; elle ne fut que bossues el il l'aide d'un petit marteau elle tut réparée aussi facilement que si elle etil élé de l'or ou de l'argent. Ce méul, tiré de l'argile, éult, ne pounit être que de l'aluminium. Od lui demande s) son secret est connu de lui seul ; il répond de lui seul etde Jupiter. L'empereur, craignant que l'or et l'argent ne fussent dépréciés par une matière aussi commune que l'argile, flt détruire les ateliers de l'ouvrier, et qu»nt k celul-ct, on lui St couper la tête uns retard.
« J'ai oui dire, ajouts U. de Béville, que U. Sainte-Clslre Deville, coupable 'au même crime d'ilumioium, avait reçu un tout autre tnitemeni de l'empereur des Français. Il est vru que l'empereur romain s'appelait Tibère, et que notre empereur s'appelle Napoléao 111. » [Conférence do M. Deville b la Sorbonne en mai ISGl, Monittur du 30 mai ]BB4j p. 715.}
De la Silice et de ses eempeeée.
L'élude des argiles me conduit naturellement à vous parler ITiine substance qui est presque toujours associée à Talumine et qui a d'asses grands rapports de propriétés avec elle. C'est la Siuce ou Acu>b siliciQUE, qu on regarda aussi pendant longtemps comme une terre, et qu'on nomma successivement Silex j Terre silieeuxe, Terre vUrifiabU.
Cette substance, signalée par les plus anciens chimistes, n'a été reconnue comme un composé acide que depuis peu de temps ; ce n'est également qu'en 1824 qu'on a pu isoler son radical, le silicium, qui a été rangé dans la classe deâ métalloïdes à c6té du carbone et du bore. On^^ait aujourd'hui, grâce à MM. Deville et Wôhler, que, comme ces deux derniers éléments, le silicium peut se montrer sous les trois formes qui leur sont spéciales, c'est à-dire à l'état de poudre, à l'état graphitoïde et à l'état oclaédrique ou de diamant.
Compoelllon . — Des deux composés qu'il forme avec l'oxygène, Voxyde et Vacide sHiciques, ce dernier seul nous intéresse. Il est ainsi composé :
Silicium 47,07
Oxygène 52,93
Son symbole est : SiO'.
Cereclèree ëiellnctiftf . — C'est un des composés les plus stables. Il est insipide, inodore, transparent et incolore quand il est cristallisé; opaque et rude au toucher, quand il est en poudre. 11 n'a aucune action sur le tournesol. Desséché et rougi au feu, il est tout à fait insoluble dans l'eau et les acides. 11 n'y a qu'un seul acide qui puisse l'attaquer et le dissoudre; c'est Vacide fîyLorhydrique.
II est infusible et fixe au feu de forge; mais il fond au chalumeau à gaz, sous forme de globules incolores qui conservent leur transparence après le refroidissement. Au rouge vif, il est entraîné en quantité assez considérable par un courant de vapeur d'eau. M. JefTreys rapporte qu'ayant fait passer de cette vapeur dans un four où l'on cuisait de la poterie de grès, plus de 100 kilog. de silice ont disparu; plusieurs kilogrammes de cette matière se trouvèrent déposés aux passages de sortie de la vapeur du four, sous forme de neige, sur des matériaux qui ne se trouvaient échauffés qu'à la température rouge.
L'acide silicique se combine, à une température élevée, avec tous les oxydes et forme ainsi des sels très-stables qui portent le nom générique de silicates j ainsi que je vous l'ai déjà dit. La plupart d'entre eux sont convertis en verre par la chaleur. Les plus fusibles et les seuls solubles dans l'eau sont ceux à base de potasse et de soude.
L'insolubilité des silicates métalliques permet de faire une Jolie ex-
périence de coun. Si, dans une solution fuible de silicale de polaese, on laisse tomber quelques petits cristaux d'un lulfate de cuivre ou de fer, il se produit, au bout de quelques heures, une brillanle végétalion. En mélangeant les suirales, on obtient de« arbustes de couleur variée: ceux de cuivre sont verts, ceux de Ter sont bruns ou Terdfltres et leur ensemble présente asseï bien l'image d'une forât enmlDiature. Cette expérience a élê indiquée par H. Jules Faure. -
Lorsqu'on verse dnu la solution des silicates alcalins un adde quelconque, il le dépose de l'acide silicique en gelée blancbe : c'est alors an h;drale, SiCiHO, roanifcslement soluble dans l'eau et les acides ; ■Utsi lorsque les liqueurg sont Irès-é tendues, et qu'on emploie un excès del'acide précipitant, la silice reste en dissolution, et ne se dépose du liquide que par la concentration.
Comme tous les silicates leircux et métalliques, insolubles, sont attaqués à une haute température par les alcalis qui les convertissent en ùlicales alcalins, on se serl de celle propriété pour rendre soInUet dans l'eau et les acides nn grand nombre de substances minérales.
Dans ce cas, on fond celles-ci au creuset d'argent avec 3 à * fois leur poids de potasse ou de soude caustique, ou bien on les calcine avec du carbonate de soude ou de baryte dans un creuset de platine au-dessus
ïïig. S»S. — All»que d'an tllitite pir 11 puli
d'une lampe à gai à courant d'air forcé (/!^. S9S). Le produit de la réaction est alors soluble dans l'acide cblorhydrique.
Tous les silicates, de même que l'acide silicique libre, se dissolve d & froid, 0U& l'aide d'une douce chaleur, dans l'acùfe ^uorhydiique.
Ét*t ■kiBfeL — 11 n'est aucune substance, peut-être, qui se trouva
plus géoéralemeot répandue dans la nature que l'acide lilidqne, nit libre, soit combiné.
Quand il est pur, il constilue le quarts hyalin ou erittai de rocA«, qui se prétenle touvent en beaux prismes incolores i
Dsix pans, terminés par des pyramides k nx face* Ifig. 596). Ce minéral sert à faire des vues d'ornement, des instramenU â'oplique, des ferm de lunettes, qui ont le grand arantage de ne point s'entamer parle frottement, en raison de leur dureté ; aussi gardent-ils leur poU iodéâniment. C'est dans les terrains cristallisés, et snrloQt dini lés filons qui les traversent, que se montrent tes plus beaux et les plus Tolumineux cristani de quarts; on les retire principalement des Alpei daupbinoises, des montagne* de la Tarantaise et de Madagascar. En Italie, tes iplendides échantillons de cristal de roche sont connus dans le comf'if "•: — **"'"' "f"' mercc sou» le nom de diamants de la Toi fa, parce ui de nchc. qu'on les trouve pH^ de l'alunièrc de la Tolfa, aui
environs de Cii-ità-Vecchia {fig. 597).
Le quariz hyalin fait partie essentielle des roches cristallines, telln quele graaii, la prologyne, la pegmatiU, le micaschiste, etc., où il est as-
socié à d'autres espaces minérales, notamment au feldspath et an mica.
Quand le cristal de roche est coloré par des traces d'oxydes de fer el de manganèse, il forme un grand nombre de pierres précieuses natn-
relies ag»ei estimées, comme la topaze du Bréiil, le rubit dt Bohême l'amclhijstc, que les joailliers taillent et montent pour la parure de« femmes.
Associti à des matières étrangères et coloré par les mêmes oxydes l'acide siUcique constitue les espèces minérales, utilisées aussi dans la bijouterie, qui portent les noms â'agate, de cakidome, de comaUne, i'hfliotrope, de chrgsoprase, d'aventarin', etc. Les agote» servent aussi, à cause de leur dureté, à la confection de mortiers, de molettes et de bnioisioirs.
Vop<Ue,ù recherchée dans la bijouterie, Vhj/dropkane, la gcysérile, la Titi'ite, sont de l'acide silicique hfdralé.
Le» pierres meulières, entre lesquelles on écrase le blé et qui servent souvent dans les conslrsclions ; les cailloux ou tHex avec lesquels on fait les pierres à Tusil et à briquet ; les grés, si utiles pour le pavege des roaleset pour aiguiser les instruments en acier ; les laftfes, qui entrent dans la composition des mortiers, de toutes les poteries et de tous les verrra, depuis le verre à bouteilles jusqu'au cristal ; les jaspes, employés dans la décoration; les tripotis (I), nécessaires pour le polissage de certains corps durs ; tout cela n'est encore que de l'acide sili-
(1} U>ns les irts, on donne le nom de tripoli à toutes les poudres siliceuses, rougeitras, rudes au toucli(;r, qui peuvent servir à nettoyer, polir ou préparer U surrace dRS pièces métBlliques et autres corps durs, marbres, glaces, curoe, etc. Mais l'origine de ces poudres est loin d'Être la même. TantÂt ce sont des pences broyées naturellement, transportées, lavées par les eaux, et qui sont alors d'une grande flnesse. TuitAt ce sont des argiles schisteuses accompagnanc les bouilles et les lignites, qui ont été calcinées par 1 1nflammation sponlanée de ces combustibles, et qui probablement ont été dépouillées d'alumine par l'aride sulTurique des pyrites de fer dont l'oiydation a déterminé la combustion deshoullIes.Cequ^il y a de certain, c'est qu'on fabrique artiflcie Ile ment du tripoli en calcinant les scbiates de Hénat. Tantdt enfln ce sont dei dépAts de silice extrêmement divisée, formés au sein des eaui, et qui, d'àpris les belles observations de H. Elirenberg, sont remplis, si ce n'est mïme entièrement composa?, d'enveloppes eu de dépouilles de ces infusoires désignés sous les noms de Diatomiet OH BMillariéts, espèces d'algues microscopiques, dont les analogues vivent dias les eaux et qui sont sur les limites du règne végétal et du règne animal. Il f «de ces dépAts siliceux fossiles, dent quelques-uns ont été nommés farine fotsUe, dans plusieurs contrées de l'Allemagne, de la Bohôme, de la Laponle, en Toscane, :i l'Ile do France, etc. Le nombre des êtres microscopiques qui exlsUJent i l'époque de U formation de ces coucbes du tripoli devait être Immense, puUque l'on a calculé qu'un ponce cube de ttrrt à polir de BiUin en Bobème, par «einple, devait contenir, terme moyen, 41000 milliards de ces animaux. Il en ftal une vingtaine de millions pour taire le poids d'une pelile tète d'épingle. La couche de tripoli de Billin * plus de 4 mètres d'épaisseur et ■'étend sur un espace considérable.
Le ttipotide Yeiiiiewt le plus estimé et presque le seul qui soit employé dans les ans. Il vient de l'Ile de Corfou, en fûts de tout poids.
Le IripoH de France ne s'emploie que dans les ussxes domestiques. On di^' tlogue : le tripoli de Poligné, près de Rennes, eu Bretagne, d'un rouge de dilftrenles teintes; le Iripolide Uo'itéUmnrt, plus dur et plus rude que les autres \ Vt Uipoii de Riorn oa de Minât, en Auvergne, en fragments rau^eatre).
TRENTE-DEUXIÈME LKÇOS.
cique simplement mélangé de quelques subalances élrangùres, notammenl d'alumine et d'oxyde de fer.
Toulcs les eaux de nos sources, puils et rivières renTermeul plus du moins de cet acide, dont on ne peul concevoir la solulion qu'en admettant que l'eau s'est trouvée en contact avec lui au moment où il se séparait d'une de ses combinaisons, et alors qu'il se mouirsil à l'éUI de maliérc géloti ni forme, tomme celle que je vous pi-éseule, seule circonstance où il puisse se dissoudre sensiblement. L'acide carbonique doit contribuer à le maintenir en dissolution complète. Une partie, d'ailleurs, est rendue aoluble par sa combinaison avec la potasse on la soude, el oifme avec la chaux. Quoique le silicate de ctiaux soil répnlf un des corps les plus insolubles, l'eau n'en dissout pas moins G dâcigr. par litre, ainsi que l'a reconnu M. Paul Thcnard.
Toutes les eaux thermales surlout contiennent de la silice el souvent dans des proporlioiis si considérables, qu'elles en déposenl, loul autour d'elles, des masses énormes sous Torme de concrétions, el qu'elles incruslenl tous les objets sur lesquels elles passent.
On peul cilcr comme les plus remarquables sous ce rapport ;
1° Les eaux Jaillissantes ou les geysers de la v allée de Kikum en Islande, à2ou3 kilomflrcsdcla ville de Skalboll, qui lormentiles jels de JSmi'-
Ires de hauteur el parfois de 5 mètres 1 /2 de diamêlre, au nombre de plus de 100, dans une circonférence do 2009 mètres (^y. 508), 1. 'eau s'élance a*cc une sorle de bourdonnement d»a bassins, donl les parois
inlérieures sont couvertes d'incrustations liliceuaes, en forme de choux-fleun. La température de ces sources jaillissantes varie entre -(- 80 et 100*. L'eau en est légèrement suirureuse, et contient plus de 540 milligraniiiies de silice par kilogramme;
8* La source thermale de las Trîncheras, près de Puerto-Cabello (Cordillère de Venezuela), dont la température est de 4- 99% dépose aussi d'abondantes concrétions siliceuses. Cette eau ne renrerme, d'après H. BouBsingault, presque autre chose que de la silice, du g» hjdrogëne sulfuré et quelques traces de gaz azote ;
3» Le» sources bouillantes qui s'élèvent en immenses gerbes dans le district des Lsci de l'Ile septentrionale de la Nouvelle-Zélande ; elles ont lormé autour d'elles d'énormes bassins étages en amphithéâtre, uniquement constitués par de la silice d'un blanc diaphane.
C'est à la silice ainsi dissoute dans l'eau qu'il faut rapporter l'otigine de ces bois pitrifié» ou fbsiites, qu'on trouve en si grande abondance dans la plupart des couches terrestres. Toute la matière organique a élé remplacée, molécule à molécule, par la silice, de telle manière que les tissus les plus délicats, les pores les plus fins, les linéaments les plus déliés ont élé admirablement conservés. Ce n'est pas là, dans les bois fossiles, 'ine imprégnation ou une simple superposition de matière minérale,comme dans les incrustations calcaires, mais une véritable substitution qui a laissé reconnaissables les moindres Sbres et les plus petits vaisseaux.
I.es coquilles fossiles présentent le même fait. L'acide silicique est très-répandu dans le règne organique ; on le Irouve, pour ainsi dire, dans toutes les parties des animaux et desplnnle>. Les enveloppes prolectrices de certains insectes, les carapaces des animalcules aquatiques, les barbes des plumes des oiseaux en sont exclusivement formées; parfois les ealcuit ou pierres qui prennent naissance dans la vessie de l'homme, en contiennent une forte proportion. Il est surtout trës-abondanl dans l'épiderme des graminées, des prêtes, det palmlen, donl les feuilles et les tiges sont fermes, consistantes et ditBcUemem altérables ((). La paille de blé en i-enferme jusqu'à 70 p. 100 j c'est à cela, sans aucun doute, qu'elle doit de se tenir défi} Voici, t cette occision, une iiiecdole racontée par la ci^ltbre cliimisie uiglàîs fil H. Davy : s L'enfant d'un de mes amis ayant découvert par hasard qne deux roseani, bottes l'un contre l'autre, produisaient une faible lumière, la nouveauté du phénomène me porta b l'examiner, in vis Jaillir, au Trottenient des deux joDca, d'auiai brillantes étincellea qu'on en puisse tirer de l'acier et de la pierre k fa^l. Je ro'usurai bienlût que l'épiderme des joncs une fois enlevé, on avait beau tes fh)tter, ils ne produisaient plug de lumière j et cet épidernie, ■oamis k l'analyse chimique, m'ofTrit toutes les propriétés du silex. La similitude d'aspect me conduisit k penser que les chaumes, tiges du blé et autres gramiuiea, contenaient aussi du silex, et en les brûlant avec soin et analysant soigiieiiHineiit leurs cendres, elles donnèrent du silex en plus grande quantité que les roseanx et ismi pour faire du verre. En effet, on peut taire, avec les tiges de GiaïKDiN. — IL i»
bout, droite, et de soutenir ud épi toujours lourd pour un chaume aussi délié. Les chasseurs savent bien que dans les champs couYerts à'éieules après la moisson, leurs souliers sont coupés comme par une sorte de verre. Qui ne s'est ensanglanté les mains en essayant d'aràh cher les feuilles plates et minces des roseaux de marais, de la proie oo quiue-de-renard des fossés? On sait, par M. Boussingault, qu'il j a dans les steppes de l'Amérique méridionale un arbre, le cAoppanilydoat les feuilles sont tellement siliceuses qu'on les emploie à polir lesméUms. Mais tout cela n'est rien auprès de l'abondance des silicates nm^ ou doubles, qui forment à eux seuls la moitié au moins des minénnx connus. Ce sont eux qui constituent une grande partie des gemmaoa pierres précieuses, parmi lesquelles je mentiqnnerai spécialeoient les suivantes :
HySiê;;;;;;;'/.;;;;;;;;;;;;;;;!; ] s*"^*^* ^« "«^°"«-
Disthène > %
Épidote I Silicates simples ou composés d'ifo-
Grenat j mine.
Tourmaline )
Pyroxène i
Idocrase : ( Silicates doubles de chaux.
Axinite. j
Émeraude j
Aigue-marine ( Silicates doubles de glucyne.
Euclasc (
Péridot j
Hyperstène ( Silicates composés de magnésie.
Saphir d'eau }
Outre-mer »
Jade l Silicates doubles de soude.
Pierre de Labrador j
Made .T. ?!..!!!!!.!!..!!!'.!. ! } ^i^^^®'* doubles de potasse.
Les roches des terrains ignés, tels que les gramteSy les gneiss, la micaschisteSy les porphyres, les basaltes, les laves des volcans, etc., ne sont encore autre chose que des agglomérations de silicates.
Art da
J'ai dit, il n'y a qu'un instant, que la silice est infusible à la plus haute température. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que la plupart de ses composés avec les oxydes, mOmc avec ceux qui sont infusibles
ces plantes, une charmante expérience au chalumeau. Si vous brûlez une paille de froment^ d'orge ou de foin, en commençant par une extrémité, c vous
chauffez la cendre à la flamme bleue, vous obtiendrez un parfait g. oie do verre, solide et propre aux expériences microscopiques. »
AHT DU vFj{nii:n. /i.'il
par cn\-mèmf'>, jouissent d iuk» •:raii(lt' fusil)ilité ol [(cuvciil rlrodhle- IIU5, par le iL'lroidibseinent, en plaques Iraiisparenles.
Voici, d'uQ côté, du sable blanc et, de l'autre, de la chaux et de l'alumine, qui, comme vous le savez, résistent à toute espèce de température sans changer d'état. ^ je réunis ces trois substances en proportions égales et que je soumette le mélange à la chaleur ronge, une combinaison intime va s'opérer entre elles ; un siltcate douhle de chaux et ^ahanme va se produire, et dès lors j'obtiendrai une masse liquide trè»-flùide, que je pourrai couler, mouler, souffler en boules, et qui, en se refroidissant, conservera une limpidité et une transparence qu'aucune des trois matières premières ne possédait avant l'opération.
Ainsi faisant, j'aurai produit du Verre.
Ce sont, en effet, des silicates analogujDs, obtenus par une simple fusion du sable avec des oxydes alcalins, terreux ou métalliques, en proportions -convenables, qui constituent ces nombreuses variétés de verre et de cristalj dont notre habileté a su faire des vitres pour laisser arriver la lumière du jour dans nos demeures ; des coupes, des gobelets, des bouteilles pour contenir nos boissons; des glaces pour réfléchir et multiplier l'image des objets ; des émaux ou vernis pour garantir et orner la surface de nos poteries.
Historiqae. — Et cet art, qui a tant contribué aux progrès de la civilisation, en raison de l'heureux appui qu'il a prêté à la plupart des industries et des sciences, est presque aussi ancien que le monde, car tout prouve que sa découverte a suivi de près celle des métaux et des poteries.
Le hasard fut, sans doute, pour beaucoup dans l'invention du verre ; toutefois, il ne faut accorder aucune croyance à l'origine que Pline nous en donne. Suivant cet historien, des marchands de soude phéniciens, ayant pris terre sur les bords du fleuve Bélus, voulurent préparer leurs aliments sur le rivage. Faute de mieux, ils se servirent de quelques blocs de natron, pour supporter le vase qui contenait les aliments, et pendant la cuisson ces blocs fondirent et transformèrent en verre le sable sur lequel ils reposaient. Il est bien évident, par la température nécessaire à la préparation du verre le plus fusible, que ce com- -posé n'a pu prendre naissance dans la circonstance rapportée par Pline. Ce qui a donné lieu à cette fable, c'est que le sable du Bélus était probablement plus propre que tout* autre à la fabrication du verre. Un passage de Tacite appuie cette manière de voir.
Les Égyptiens et les Phéniciens pratiquèrent l'art de la verrerie avant tou» les autres peuples, et en conservèrent longtemps le monopole. Les verreries do Tyr, de Sidon et d'Alexandrie furent célèbres et produisirent des ouvrages très-perfectionnés ; c'est dans les deux premières villes qu'on inventa les miroirs de verre, ainsi que les verres de diverses couleurs.
Les Grecs et les Romains tiraient leur verre d'Alexandrie ; ce n'est que du
temps de Pline, c'est-à-dire dans le premier siècle de l'ère chi*étienne, qu'on
commença à établir des verreries dans les Gaules et en Espagne. Cependant le
verre éuit encore fort cher à Rome h l'époque des premiers empereurs, puisque
Néron paya deux coupes de verre assez petites au prix de GOOO sesterces (en-
t viron 600 fr.). Les Romains n'employèrent pas le verre à vitrer leurs maisons,
^ au i^irA généralement, car si l'on a trouvé dans les fouilles d'Hercuianum et
ke de rsj«i(i|^i des verres plats et des salles de bains garnies de fenêtres en verre,
il est certain que jusqu'au deuxième siècle les fenêtres des palais impériaui, à
TRENTE-DEUX ifeME LEÇON.
I.e« verres peuvent eire répartis en deux groupes d'aprii la nature des silicates qui tci composent essentiellement :
1° Les verres h bases alcalino- lerrcuies (vertes à Titres, i glace;, k gobetcterie, à Jjouieilie», verre de Bohême, crown-glais) ;
S" Les verres i bases alcali iio-mé I al liqu es (cristal, flinlglass, stnus, émail).
Le tableau suivant vous montre. Messieurs, les proportions relatives en poids des principes constituants des uns et des autres :
«fl,flï ! 7S.l)0
ÎB,I
Soude
Oiïdc de ter. .
Acide >tiiiiiiqiif
'Il
IOO,OD
Vojona maintenant comment on fabrique ces diverses -espèces de verre.
FabrlcatloD. — La formation du verre, quelle qu'en soit la nature, s'opère toiijours h peu près de la mOme manière. Les malièrcs premières son! i-èduiles en poudre Une, mûlècs avec soin, additionnées le
plus généralement de débris ou rognures d'un verre semblable ù celui qu'on prépaie, el soumises à une première caldnation, nommée ftitte,