‹ Lecons de chimie élémentaireChapitre 91 sur 134 · TRAVAIL DU VERRE · texte numérisé non relu

TRAVAIL DU VERRE

En IntToduiMnt dans I* pite du terre ordinaire ds la blr>-te en place de la cliaiii, on obtient un verre plus dénie, plus liomogine, plus fusible, qui m tn- »nille mieux, et qui, par aoo éclK, te place entre le criiul et le terre de BoliËme.

VFBvall ém leriw à 1« l«Bfa d'éaiBlllcHr. — Les matières v[treuies élant lusceptibleB de Tondre Ji la chaleur rouge, il est possible de leur donuer toules les foimes imaginables el d'en obtenir uqc ioflnitâ de joujoux, d'objels délicats, d'ustensiles ou d'inslrumenls propres à la chimie. On se sert, pour cela, de la flamme de la lampe d'émail- Iwr, dont Je donne ici le dessin (j!^. 61 1).

Cette lampe, en cuivre ou en Ter-blanc, est posée sur une table au- I de laquelle est adapté un grand soufllct à deux ventaj quo

l'ouvrier met en moilvemenl avec le pîed pour aviver et excîler la Damme ; le vent du soufflet est dirigé dans le corps de celle-ci par un tuyau recourbé en verre ou en laiton ; étendue en longueur par ce moyen, et resserrée dans un espace influimcnl étroit relalivcmcnl à celui qu'elle occupait auparavant, la flamme acquiert une ardeur cl une vivacité incroyables. Le verre ou l'émail, façonné d'abord en tubes ou baguettes qu'on evpose à son action, s'y ramollit et s'y fond trèsrapidement, cl peut être alors tiré, souTflé, contourné de toules lus fagons avec une facilité el une dextérité qui dépendent beaucoup de l'habileté de l'ouvrier.

Si, pendant qu'il est rouge de Teu, on tire le tube de verre avec lei pinces et qu'on porte le fil obtenu sur un dévidoir qui tourne avec vitesse, en trés-peu de temps le dévidoir se trouve chargé d'un écheveau de fil de ven-e d'une finesse exlrOme et qu'on coufondiait avec lu

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soie. Ce fil, cieux à nnlérieur, peut être aisément roulé à la manière du fil commun, boudé comme les cheveux au moyen d'un fer chaud, et sonir ainsi à &ire des aigrettes fort brillantes, à tisser des toiles, ou à fabriquer des perruques comme on le faisait'dans le dernier siècle. A liMites les Expositions des produits de l'industrie, on a admiré de superbe$ tissus en soie dont la trame était en verre filé de diverses couleunv des éloffes-tentures, des robes, des ornements d'église, des garuitures de fauteuib, où le fil de verre imitait avec un avantage apparent l'or et l'argent, et présentait des reflets qu'on ne trouve pas toujours dans les plus magnifiques brocarts.

Trempe du verre. — Le verre, comme l'acier, peut subir l'opération de la trempe. Lorsqu'on le laisse tomber dans de l'eau f^ide, pendant qu' il est en fusion, chaque goutte se solidifie instantanément et forme une espèce de poire terminée par une queue mince et allongée. C'est ce qu'on appelle larme batavique (fig. 612). On peut frapper cette goutte^ dans sa partie épaisse, sans qu'elle se casse ; mais, dès qu'on brise la pointe, la larme entière se réduit bruyamment en poudre. On explique ces effets en admettant que, par l'immersion dans l'eau froide, la surface du FigMi.'-iArmt yerre s'est subitement solidifiée et durcie, tandis que les

D&taTique.

parties centrales étaient encore rouges de feu, et par conséquent fortement dilatées. Quand, à leur tour, ces dernières se sont refrojdies et solidifiées, elles ont dû conserver des points d'adhérence avec la surface, et elles occupent, par conséquent, un volume plus grand que celui qui convient à la température à laquelle elles sont ramenées; les molécules centrales se trouvent donc plus écartées qu'à l'ordinaire, elles sont dans un grand état de tension, et elles exercent sur l'enveloppe une traction très-forte. Dès l'instant qu'on brise la pointe de la larme, et qu'on rompt ainsi une portion de l'enveloppe, les molécules qu'elle retenait se contractent vivement, entraînant avec elles toutes les autres, et déterminent ainsi une foule de points de rupture.

Le môme phénomène se reproduit avec les fioles philosophiques ou flacons de Bologne {fiy. 613), qui sont fort épais et dont le refroidissement a été brusque. Ils tombent en poussière dès qu'on jette dans leur intérieur un corps 3ur susceptible de les rayer.

Pour éviter que les objets usuels en verre ne soient /Vo eià^l Fia- ^^^^ cassants et ne se brisent par les moindres changecou de Bologne, mcuts dc température, on a l'habitude, dans les verreries, de les recuire, c'est-à-dire de les détremper^ en les plaçant, aussitôt après leur fabrication, dans des fours spéciaux chauf- ^1 au rouge sombre, où ils se refroidissent très-lentement. A rhaque instant nos verres à boire, nos verres de lampe éclatent

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