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ALTÉRATION DU VERRE

avec bruit, ce Tendent tans caute apparente; cela lient à ce qu'iif ont éiémal recuits et qu'ils sont restés casianti; la plus légère variation de température luffit alors pour en provoquer la rupture. Ou diminue ùnguliërement les chances de casse en leur donnant un nouveau recuit, qui peut s'obtenir en plaçant ces verres dans une bassine avec de Veau IVoide, qu'on porte peu à peu à l'ébuUition pendant une heure et qu'on laisse ensuite refÏTiidir le plus lentement possible en couvrant la bassine.

Terre d£vltrilé. — Le verre ordinaire, maintenu pendant longtemps à l'état de fusion pâteuse, éprouve une modification physique fort remarquable : il perd peu à peu sa transparence, devient opaque, acquiert tout à fait l'aspect de la porcelaine et parait formé d'une agglomération de cristaux aiguillés qui chongcnt complètement sa structure inlérieure. Ce passage de l'état transparent et amorphe .'t l'état opaque et cristallisé est connu sous le nom de divUrificaiion, el le nouveau produit s'appelle verre déBitrifii ou porcflaiM de Réaumttr, parce que c'est ce savant (<)qui, en 1727, a éludié le premier cette curieuse transformation moléculaire. Pelouze a constaté en ISIJS que le verre, en se dévilriflant, ne subit aucune altération, ni dans la nature ni dans les proportions de ses élémenls. C'est donc tout simplemeut nn effet de dlmorphisme.

AttérmUmu dca verrea. — Les verres k bases de chaux et de soude ou de potasse sont altérés asseï facilement par l'eau bouillante. Ils perdent leur transparence, l'eau devient alcaline, et il se dépose au Ibnd du liquide un silicate de chaux insoluble. L'eau produit donc la sépioration des deux silicates qui composent essentiellement le verre, et cet effet est dO à la tendance qu'elle a pour le silicate alcalin, qui est soluble. Les alchimistes avaient observé ce phénomène, qu'ils ne pouvaient expliquer; aussi croyaient-ils ; voir la transformation de l'eau en pierre; toujours préoccupés de l'idée de fabriquer de l'or, de

(I) René-Antoine Fercliuilt de Réinrours été on des célèbres pliyskiens et natiûmlistes du siÈdo dernier. Il naquit eu 1083 k la Rochelle, d'un conseiller au présidiil de celle ville. Il éliit destiné >u barreau, msis ses goùis le porièreni vers l'étude des sciences. A Piris, où il se rendit en 1703, il s'occupa de recherches sur les >rts el métiers qui le conduisirent au perfectionnement de plusioura induitrieSj telles que celles du fer, de l'acier, du fer-bisnc, de la porcelaine, do l'incubation trtiflcielle et de la consertalion des œufs. Son nom rester* tou. Jours aitacbé au Ihermoinèlre k esprit-de-vin, qui est de son invenllon. Outra un gnuid nombre de mimoirti insérés dan* le recueQ de l'Académie de* ■cîences, oll il entra dés 170!, on a de lui : un Tfoiti sur farl de coitverttr le fer en acier, el d'adoucirle fer fondu (na!) j et fl ïoI, in -4* de Méami-es puur tervir à rbùloirt naturelle des insectes (1734-171}), remplis d'observations nduvelleset intéressantes. Il était membre de* Académie! de Berlin, de Londres, etc. Pour tous ses travaux, il regut du roi une pension de l'-iOO livres, qu'il n'accepta qu'à la condition d'en faire proHler l'Académie de Paris pour la propajja- Uoo des sciences. Il mourut k Paria on nâ7 k la suite d'une cliule.

découvrir la pierre pbilosophale, ils trouvaient dam ce fait un encouragement pour leurs recherches.

C'est une altération semblable que Tair humide exerce à la longue sur les vitres de nos croisées, sur les glaces de nos appartements. Tout le monde sait que les glaces polies se ternissent quelquefois à Tair; qu'if en est de m(^me des verres des instruments d'optique. Ce résultat tient à la condensation de la vapeur aqueuse de l'air; si le verre est trop alcalin, l'eau déposée en attaque peu à peu la surface et produit une décomposition semblable à celle dont je viens de parler; dès lore le verre est terni sans remî^de, ou du moins il faut le polir de nouveau.

Les tubes de verre, les ballons, les cornues et mCme les verres à expériences de laboratoire, les verres de montre, offrent très-souvent cette altération. Les vitres des vieilles maisons, celles des endroits humides et habituellement chauds, comme les écuries, présentent souvent une surface terne et dépolie, ce qu'il faut expliquer de la même manière. Les moindres changements de température en font éclater de trèspetits fragments, de toutes petites écailles brillantes. Au bout de quelques années, ces vitres sont tellement altérées, qu'elles offrent tous les phénomènes de décomposition de la lumière que produisent les lames minces; aussi sont-elles irisées, et quelquefois d'une manière fort remarquable par l'intensité et la pureté des couleurs.

Le peuple attribue encore ces changements à l'influence de la lune ; car, lorsqu'il ne sait à qui et à quoi s'en prendre, c'est ordinairement à la lumière douce et mystérieuse de la lune qu'il a recours.

On observe aussi les effets dont il vient d'ôtre question sur les verres antiques retrouvés dans les ruines et les tombeaux ; on dirait, aies voir, qu'ils sont recouverts d'un vernis métallique ou de mercure. Leut aspect vient de l'opacité de la couche intérieure du verre décomposé ; cette couche opaque renvoie toute la lumière qui traverse la partie encore transparente.

Loi*sque le verre est réduit en poudre fine, il devient extrêmement attaquable par l'eau froide, et surtout par l'eau bouillante, par les acides, par l'air. Pelouze a reconnu que le verre pulvérisé peut perdre jusqu'au tiers de son poids. Tous les verres, finement porphyrisés, ramènent instantanément au bleu le papier rouge de tournesol, et verdissent le sirop de violettes; c'est la conséquence de leur altération par l'eau.

Je ne dois pas omettre de vous dire que la densité du verre est bien supérieure à celle de l'eau, puisqu'elle va de 2,390 (verre de Bohême) à 4,000 et au delà pour le strass.

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