‹ Leçons de chimie générale élémentaireChapitre 134 sur 267 · II · texte numérisé non relu

II

Lorsque les objets sont restés quelque temps dans ce bain , on les retire , on les chauffe sur un feu clair, puis on les lave finalement à grdnde eau.

Le brillant ou le mat s'obtient suivant le décapage des métaux. Pour obtenir le mat, il faut plonger le métal déjà décapé dans une liqueur formée de parties égales d'acide sulfurique et d'acide azotique, auxquels on ajoute une certaine quantité de sulfate de zànc.

Ce procédé, quoique très-simple et qui convient très-bien aux objets estampés, ne saurait s'appliquer à la dorure des fontes de bronze; on ne peut également s'en servir pour les grosses pièces: il n'est applicable qu'aux petits objets qui ne sont pas soumis à l'action d'une friction continuelle , mais il a le grand avantage de n'employer qu'une très-petite quantité d'or, et convient , par suite, aux produits qu'on veut livrer à de très-bas prix.

§ 910. La méthode que nous allons décrire, et qu'on désigne sous le nom de dorure galvanique ^ est celle qu'on emploie le plus fréquemment. Elle présente le grand avantage de pouvoir s'appliquer à tous les métaux ; elle permet , en outre , de déposer à la surface du métal une couche d'or aussi épaisse que l'on veut, et de donner un dépôt qui adhère très-fortement.

Les bains que l'on emploie pour ces procédés de dorure doivent avoir une légère réaction alcaline ; si l'on employait une liqueur acide, l'or n'adhérerait pas, ou du moins n'adhérerait que par places. Le bain dont on fait le plus généralement usage consiste en une dissolution de cyanure d'or, soit dans du cyanure de potassium , soit dans une dissolution do prussiate jaune de potasse. L'objet qu'on veut dorer étant mis en communication avec le pôle négatif de la pile, l'or dissous dans la hqueur s'y dépose graduellement. Aûn d'éviter que la liqueur ne s'appauvrisse en or, et pour que les conditions soient les mêmes à toutes les époques de l'expérience, on dispose au pôle positif une lame d'or qui se dissout à mesure que do l'or se dépose au pôle négatif : il est bien entendu qu'avant d'être plongés dans le bain à dorer, les objets doivent être soumis au dérochage comme dans la dorure au trempé ; mais ici l'opération du ravivage ne parait pas nécessaire. La température du bain doit rester constante entre 1 5 et 3o degrés ; il faut éviter de chauffer trop fortement le bain , car, dans ce cas , le dépôt d'or serait trop

rapide, et ne présenterait pas par suite une adhérence suffisante. La quantité d'or déposée sur l'objet est , toutes choses égales d'ailleurs, proportionnelle à la durée do Tiramersion. Si donc on connaît, par des expériences préalables, la quantité d'or que peut laisser déposer sur une lame métallique un bain donné, par minute et par centimètre carré , on pourra fixer à l'avance le temps pendant lequel on devra laisser séjourner l'objet h dorer, pour y déposer une quantité déterminée d'or. H faut admettre toutefois que l'intensité de la pile n'a pas varié pendant la durée de l'opération , résultat qu'il est facile de constater en faisant passer un des fils extrêmes de la pile au-dessus d'une aiguille aimantée qui doit conserver une déviation constante.

Comme on se propose de dorer un grand nombre d'objets à la fois, on introduit la liqueur employée pour la dorure dans une grande cuve en bois mastiquée à l'intérieur (Jîf^. :|i6). La cuve est trapu. 516

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versée dans toute sa longueur par deux tringles métalliques qui plongent dans le liquide; la tringle antérieure correspond avec le pôle négatif, et la tringle postérieure avec le pôle positif. Cette dernière est mise elle-même en communication avec une lame d'or qui se dissout à mesure que l'or de la liqueur se dépose. Quant aux objets à dorer, ils sont suspendus à la tringle qui communique avec le pôle négatif.

La pile est formée par une série d'éléments zinc et cuivre , qui plongent dans de l'acide sulfurique affaibli. Les cylindres de zinc sont préalablement amalgamés, afin de rendre leur usure moins rapide. Un gros fil de laiton attaché à la partie supérieure des cylindres établit la communication avec le cuivre do l'élément sui-

3a8 AFFINAGE DES MÉTAUX PRÉCIEUX.

vant. Le cylindre libre de zinc du dernier élément communique

avec la tringle qui forme le pôle positif.

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