‹ Leçons de chimie générale élémentaireChapitre 146 sur 267 · CHO · texte numérisé non relu

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qui n'est évidemment qu'un sous-multiple de la formule réelle.

Pour déterminer 1 équivalent véritable de l'acide acétique, formons un sel neutre de cet acide , l'acétate de plomb par exemple. En brûlant ce sel bien desséché, on trouve qu'il contient sur 100 parties,

Acide acétique 3i ,3o

Oxyde de plomb 68,70

On déduit le poids atomique de l'acide au moyen do la proportion suivante :

On tire de là

D'un autre côté, i«%o6 du même acétate sec, qui représentent

GÉNÉRALITÉS SUR LES MATIÈRES ORGANIQUES. 377 o»^333 d'acide acétique, ont donné o»',574 d'acide carbonique et o«%i8o d'eau. D'où l'on déduit

Carbone o, 169

Hydrogène 0,020

Perte représentant l'oxygène. 0,1 54

• En partant de cette analyse, on peut calculer ce qu'auraient donné 5i parties d'acide acétique, et l'on trouve les nombres suivauts:

Carbone 24 , 3

Hydrogène 3,o

Oxygène ia3,7

On trouvera comme précédemment le nombre des atomes élémentaires que ces chiffres représentent, en divisant chacun d'eux par le poids atomique du corps lui-même. On a donc ainsi :

^4î3 , ^ p 3 23,7 ^ r ri

nombres qui conduisent à la formule C*H^O^

pour l'acide anhydre, et qui donnent, pour le poids de l'équivalent de Tacide acétique, 5i.

Or, en quadruplant la formule trouvée plus haut, on obtient le nombre 60, qui ne diffère du précédent que de 9, poids d'une molécule d'eau.

L'acide acétique libre a donc pour formule

CMP 0^ + 110.

§ 968. Par une méthode semblable, on parviendrait à trouver l'équivalent d'une substance basique. A cet effet, on détermine la proportion en poids de cette base, qui se combine avec i équivalent d'un acide inorganique , tel que l'acide suîfurique ou l'acide chlorhydrique.

Considérons, par exemple, l'aniline, produit de composition simple qui prend naissance dans la distillation sèche de l'indigo sous

378 GÉNÉRALITÉS SUR LES MATIÈRES ORGANIQUES, l'influence des bases alcalines, et qui se forme en outre dans diverses circonstances que nous apprendrons plus tard à connaître . l'analyse de cette substance conduit aux résultats suivants : Cent parties en poids d'aniline renferment :

Carbone 77» 4^

Hydrogène 7,5i

Azote i5,o6

ICO, GO

Si Ton divise les nombres précédents par les poids de leurs équivalents respectifs , on obtient

77 1 4^ 7ï5îi i5,o6

nombres qui sont entre eux comme

On déduirait de là pour la formule la plus simple de Taniline, en évitant les équivalents fractionnaires,

C'H'Az.

Si nous combinons cette substance avec l'acide chlorhydrique , nous obtenons un sel cristallisé renfermant sur joo parties,

Acide chlorhydrique 28, 18

Aniline 71 , 82

On en déduit le poids de l'équivalent de l'aniline au moyen de la proportion

28,18:71,82:: 36, 5:x, d'où j: = 93.

D'un autre côté , l'analyse élémentaire démontre que i gramme de chlorhydrate d'aniline renferme

Carbone 55,5

Hydrogène * 6,2

Azote 10,9

Chlore 27,4

GÉNÉRALITÉS SUR LES MATIÈRES ORGANIQUES. 379 D'où Ton déduit les i^pports

-6- = 9'*' —=*»'»' -ïr = «'78. 3573 = "'"«'

qu'on peut traduire par les rapports plus simples

ce qui conduit à la formule

C''H»AzCl = ClH, C'^H'Az.

Le bichlorure de platine jouissant de la propriété de former avec les chlorhydrates de ces bases comme avec le chlorhydrate d'ammoniaque des composés parfaitement définis, la production d'un corps de cette nature va nous permettre de contrôler la formule précédente.

En effet, si nous soumettons à l'analyse le chloroplatinate d'aniline en déterminant chacun des éléments qui y sont contenus, on trouve que ce sel renferme en 100 parties,

Carbone 24 ,08

Hydrogène 2,67

Azote 4 »7o

Chlore 35,72

Platine 32,83

100,00 En divisant chacun de ces nombres par le poids de l'équivalent du corps qui lui correspond , on trouve

-^î^ = 4,oi, -^=2,67, -^=0,332,

nombres qui sont entre eux comme

D'où Ton déduit la formule

C'H'Az, HCl, PtCl''

qui confirme la précédente.

§ 969. S'il s'agit de corps neutres incapables do former des combinaisons avec d'autres corps, on doit les partager en trois classes.

38o GÉa^ÉRALUÉS SUR LES MATIÈRES ORGANIQUES.

Les uns sont volatils , et l'on peut déterminer le . poids de leur équivalent au moyen de la densité de leur vapeur; les autres sont fîxes , mais proviennent do corps d'un poids atomique connu par une réaction simple, ou se transforment par une réaction également simple en substances d'un poids atomique connu; enfin, les derniers sont fixes et ne se rattachent à aucune substance connue par une réaction nette. Dans les deux premiers cas, on peut arriver à la détermination de l'équivalent de la substance analysée ; dans le dernier, rien ne contrôle l'analyse , et alors elle demeure fort incertaine.

Si la substance dont on veut déterminer l'équivalent chimique ne jouit ni de propriétés acides ni de propriétés basiques, il semble au premier abord qu'il soit impossible d'arriver au résultat qu'on se propose; néanmoins, dans certaines circonstances, il est possible de déterminer cet équivalent d'une manière aussi sûre que si la substance était acide ou basique. En effet, si l'on réduit en vapeur un acide hydraté bien pur, tel que l'acide acétique ou l'un de ses congénères , on ne tarde pas à reconnaître que l'équivalent de ces corps fixé par la méthode que nous avons précédemment décrite, correspond à 4 volumes de vapeur; il en est de même à l'égard d'un grand nombre de bases qui jouissent de la propriété de se volatiliser sans éprouver de décomposition. Lors donc qu'une substance neutre sera susceptible de se réduire en vapeur sans s'altérer, la densité de sa vapeur nous permettra d'en fixer l'équivalent d'une manière parfaitement exacte, puisqu'il suffira de prendre pour équivalent de cotte substance le nombre qui correspond à 4 volumes.

La densité d'une vapeur s'obtient en pesant un volume connu de cette vapeur à une température et sous une pression déterminés, puis comparant ce poids à celui d'un égal volume d'air pris dans les mômes conditions.

Deux procédés permettent d'effectuer cette détermination; lo premier, dû à M. Gay-Lussac , consiste à prendre un poids déterminé de la substance volatile , et à mesurer le volume de la vapeur qu'elle fournit; le deuxième, imaginé par M. Dumas, consiste à déterminer le volume de la vapeur et à en prendre ultérieurement lo poids.

La méthode de M. (iav-Lussac (fg, a'ia), d'un emploi commode

Flg. 191.

GÉNÉRALITÉS SUR LES MATIÈRES ORGANIQUES. 38 1 orsqu'on n'a que de petites quantités de substances vaporisables

à sa disposition , consiste à introduire dans une petite ampoule le liquide à vaporiser et à Tintroduire après en avoir déterminé le ()oids dans une éprouvette remplie de mercure , et qui se trouve entourée d'un manchon rempli d'eau.

L'eau étant amenée à la température de son ébullition , bientôt la petite ampoule crève, et le liquide qu'elle renfermait se réduit en vapeur; celle-ci déprime graduellement le mercure, et bientôt, lorsque l'équilibre de température s'est établi, le volume demeure constant. On note alors rigoureusement le volume de la vapeur, la température, la hauteur du baromètre et la hauteur du mercure soulevé dans l'éprouvette.

"^^ Soient

V le volume observé en centimètres cubes ,

H la hauteur du baromètre ,

/i la hauteur du mercure soulevé dans l'éprouvette ,

t la température de la vapeur,

H — // représentera la force élastique de la vapeur.

On aura dès lors, pour le volume V ramené à la température de o degré et à la pression normale de o'",76o,

y, (VXH-/I)

760 (i+o,oo366r)

Cette méthode , comme on le voit , ne peut s'appliquer qu'à des substances susceptibles de se réduire en vapeur à des températures notablement inférieures au point d'ébullition de l'eau. La méthode de M. Dumas (^g, ^33 et ^34 ), dont nous allons donner une description sommaire, permet d'effectuer ces déterminations alors

38î GÉNÉRAUTÉS SUR LES MATIÈRES ORGANIQUES.

que le point d'ébullition du liquide s'élève jusqu'à 3oo degrés au

Hif. î8S. Fig. Î8*.

moins. Ce procédé consiste à chauffer un ballon effilé d'une con tenance de | de litre à { litre, renfermant un excès de la matière à vaporiser dans un bain dont la température doit être portée à 40 ou 5o degrés au moins au-dessus de la température d'ébullition de ce liquide. Lorsque l'excès de matière a été volatilisé par la chaleur, on ferme à l'aide du chalumeau la pointe effilée qui termine le col du ballon ; on obtient de la sorte un vase rempli de vapeur à une température rigoureusement déterminée sous la pression de l'atmosphère au moment où l'on a fermé le ballon ; en déterminant ensuite la capacité du ballon et le poids de la matière qui s'y trouve, on a tous les éléments nécessaires pour déterminer à l'aide du calcul la densité de cette vapeur.

Je n'insisterai pas davantage sur la pratique de ce procédé qui vous sera décrit d'une manière détaillée dans le Cours de Physique.

Les substances organiques peuvent se diviser en trois grands groupes, savoir: i" acides; 2'* bases; 3° corps neutres.

Nous commencerons cette élude par l'examen des composés neutres qui sont les plus complexes, et les plus difficiles à définir, en ne passant en revue que les plus importants.

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