CINQUANTE-DEUXIÈME LEÇON
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Acides Tolatils à /J équivalents d'oxygène dérivés de Tolcool viniquc et de ses homologues C**"!!""-»'. — Acide Ibrmique. — Acide acétique. — Acide propionique. — Acide butyrique. — Acide valérianiquo. — Acide caproique. — Acide œnanthylique. — Acide caprylique. -> Acide pclargonique. — Acide rutique. — Acide éthalique, ou palmilique. — Acide margarique. — Acide stéarique. = Acides volatils à 4 équivalents d'oxygène dérivés d'alcools représentés par la formule générale QimifflMQt Acide acrylique. — Acide angélique. — Acides oléique et élaidique. = Acides aromatiques. — Acide benzoïque. — Acide toluique. — Acide cuminique. — Acide salicylique. — Considérations sur les acides anhydres.
§ 1095. A chaque alcool correspond un acide particulier, n'en différant que par ;& molécules d'hydrogène en moins et par i molécules d'oxygène en plus. La conversion de chaque alcool en son acide correspondant peut s'opérer à l'aide de deux méthodes générales. La première consiste à mettre en présence les vapeurs de l'alcool et l'oxygène atmosphérique sous l'influence du noir de platine, de certains corps poreux ou de ferments particuliers ; dans la seconde , on fait réagir la chaux potassée sur l'alcool à une température de 200 à 240 degrés. Ces deux réactions s'expliquent au moyen des équations suivantes :
C- H"*' 0*-|- 40 -h Pt = Pt -h 2HO 4- C"- H-0«, C'"H'"+'0'-f-(KO, HO) = C"H"-'(y, KO + 4H.
Nous allons passer successivement en revue ces différents acides, en leur donnant une attention d'autant plus marquée , qu'ils présentent une plus grande importance.
5i6 ACIDE FORMÏQUE.
AaOE FORMÏQUE.
§ 4096. Cet acide, entrevu par Margraff vers le milieu du dernier siècle , ne fut bien connu que depuis les travaux de Berzclius , Gôbel et Dœbereîner. On le rencontra , pour la première fois , dans les fourmis rouges : c'est de là qu'il tire son nom.
On peut l'obtenir en distillant ces insectes avec de Teau , saturant la liqueur acide recueillie dans le récipient par du carbonate de soude , évaporant à sec et distillant le sel avec de Tacide sulfurîque étendu de son poids d'eau.
Cette méthode est barbare , et ne fournit d'ailleurs qu'une faible quantité de produits. On le prépare aujourd'hui de la manière la plus commode en faisant réagir un mélange d'acide sulfurique et de peroxyde de manganèse ou d'acide sulfurique et de bichromate de potasse sur un grand nombre de substances organiques, telles que les acides citrique, tartrique, la mannite, le sucre, la gomme, l'amidon, etc.
La distillation sèche de l'acide oxalique fournit également de l'acide formique ; mais de tous les moyens qu'il est possible de mettre en œuvre pour obtenir cet acide, le meilleur est sans contredit celui qu'a publié récemment M. Berthelot , et qui consiste à soumettre à l'action d'une douce chaleur un mélange d'acide oxalique et de glycérine.
M. Berthelot propose d'opérer de la manière suivante :
On introduit dans une cornue de 2 à 3 litres,
I kilogramme d'acide oxalique du commerce; I kilogramme de glycérine sirupeuse ; 100 à aoo grammes d'eau.
On adapte un récipient à la cornue, et l'on chauffe cette dernière à l'aide de quelques charbons, en ayant soin de ne pas dépasser la température de 100 degrés. Bientôt une vive effervescence se déclare , et de l'acide carbonique pur se dégage. Au bout de douze à quinze heures environ , tout l'acide oxalique est décomposé ; la moitié de son carbone s'est dégagée sous forme d'acide carbonique ; une petite quantité d'eau chargée d'acide formique a distillé, tandis que la presque totalité de cet acide reste dans la cornue , dissous dans la glycérine inaltérée.
On verse alors dans la cornue ^ litre d'eau , puis on distille en remplaçant ce liquide au fur et à mesure qu'il se volatilise, et Ton continue Topéralion jusqu'à ce qu'on ait recueilli 6 à 7 litres de liquide distillé. A ce moment, la totalité de l'acide formique a passé dans le récipient ; on le traite par le carbonate de plomb , puis on fait cristalliser le formiate, qu'on décompose ensuite par l'acide sulfhydrique.
Trois kilogrammes d'acide oxalique du commerce ont fourni par ce procédé i^,o5 d'acide formique au maximum de concentration, résultat qui se confond sensiblement avec celui qu'indique la théorie.
L'acide cyanhydrique peut encore se transformer en acide formique sous l'influence de l'eau et des acides puissants , ainsi que l'exprime l'équation suivante. On a , en effet ,
C»AzH4-A, H0-1-4H0 = A, AzH^O-f-CMIO', HO.
Les bases alcalines se comporteraient d'une manière analogue.
Enfin, tout récemment, M. Bertheldt a reconstitué l'acide formique de toutes pièces en chauffant , pendant plusieurs jours, dans des ballons de | litre do capacité et scellés à la lampe, de l'oxyde de carbone, avec de l'hydrate de potasse légèrement humecté. Au bout d'une soixantaine d'heures, l'oxyde de carbone est entièrement absorbé : sa transformation en acide formique est complète. En
effet, on a
C'0*+aHO = C'H^O\
§ i097. L'acide formique possède une odeur piquante, aigrelette, semblable à celle des fourmis qu'on irrite : on ne le connaît qu'uni à i molécule d'eau. Dans cet état il est liquide, incolore, fortement acide et très-corrosif; une goutte qu'on dépose à la surface de la peau fait naitre en effet bientôt une ampoule qui se remplit d'un pus visqueux. Il bout à 100 degrés comme l'eau. Sa densité est égale à i , 1 1 7 •
L'acide formique réduit par l'ébullition les nitrates de mercure et d argent. Il se dégage de l'acide carbonique.
Les acides oxygénants convertissent l'acide formique en eau et acide carbonique. L'acide sulfunque le décompose avec dégagement d'oxyde de carbone pur. On a