‹ Leçons de chimie générale élémentaireChapitre 193 sur 267 · C-IP^' C'Az + KO -+- 3H0 = Azir-+- C-^^'H-^' O», KO · texte numérisé non relu

C-IP^' C'Az + KO -+- 3H0 = Azir-+- C-^^'H-^' O», KO

ACIDE BUTYRIQUE.

§ 1105. Cet acide se rencontre dans la nature, tantôt à l'état libre, tantôt en combinaison avec des bases minérales, tantôt uni à la glycérine. Plusieurs réactions chimiques donnent égale^ ment naissance à ce produit. C'est ainsi qu'on observe sa formation dans la distillation des matières animales avec un mélange d'acide sulfurique et de peroxyde de manganèse ou de bichromate de potasse. Ces mêmes matières* paraissent également susceptibles de se transformer en acide butyrique , lorsqu'on les abandonne à la décomposition spontanée au contact de l'atmosphère.

Mais de tous les modes de production le plus curieux et le plus important, au point de vue de sa préparation, consiste dans les métamorphoses que les matières sucrées et amylacées éprouvent de la part du fromage ou du gluten en décomposition. Ces substances se changent d'abord en acide lactique par un simple jeu d'isomérie, puis fmalement en acide butyrique, en dégageant tout à la fois de l'acide carbonique et de l'hydrogène, ainsi que l'exprime l'équation suivante :

Quel que soit son mode de production, l'acide butyrique pur II. 4^

53o ACIDE BUTYRIQUE,

présente les propriétés suivantes : c'est un liquide incolore , trèslimpide et très-mobile, dont Todenr rappelle tout à la fois celle de Tacide acétique et du beurre rance ; sa saveur est acre et brûlante ; il se dissout en toute proportion dans Teau , Talcool et l'éther. Il bout vers i6o degrés et distille sans altération. Sa vapeur est inflammable et brûle avec une flamme bleue. Un froid de — 20 dogrés ne le fait pas changer d'état ; mais le mélange d'acide carbonique solide et d'éther le transforme en une masse solide cristalline formée de larges lames. La densité de cet acide est de 0,988 à o degré; la densité de sa vapeur, prise à 100 degrés au-dessus de son point d'ébullition , a été trouvée égale à 3,7.

L'acide sulfurique concentré n'altère pas l'acide butyrique à froid, il ne l'attaque que faiblement même à chaud.

L'acide azotique le dissout à froid sans l'altérer ; par une longue ébullition il le transforme en acide succinique. Cette réaction curieuse , observée par M. Dessaignes, peut s'exprimer au moyen de l'équation

C»H*0* + 60 = C»H«0»-|-aH0.

Ao. balyrlq. Ac. socelnlq.

L'acide butyrique absorbe rapidement le chlore en donnant naissance à de nouveaux acides qui en dérivent par la substitution d'une certaine quantité de chlore à une proportion équivalente d'hydrogène.

Le perchlorure de phosphore le convertit en chlorure de butyryle; il se produit en même temps de l'acide chlorhydrique et de l'oxychlorure de phosphore, ainsi que l'exprime l'équation suivante :

C« H« 0* -h Ph Cl* = C« H' Cl 0' -f- Ph CP 0' -h Cl H.

Ac. btttyriq. Chlorara Chloroiyde

de butjrjle. de phosphore.

Les butyrates alcalins se décomposent à la distillation sèche, en donnant naissance à un produit très-volatil doué d'une odeur spiritueuse, analogue à l'acétone, auquel on a, pour cette raison, donné le nom de butyrone. Si l'on distille un mélange de bu ty rate alcalin et d'acide arsénieux , on obtient un produit arsenical doué d'une odeur très-fétide, qui parait être l'analogue du cacodyle dans la série propylique.

ACIDE VALÉRIQUE. 53i

La composition de l'acide butyrique est exprimée par la formule

C»H»0*=4 vol. vap.

AQDE VALÉRIQUE.

§ ii06. Cet acide, qu'on extrait de la racine de valériane, se rencontre dans la racine d'angélique, dans les baies mûres et dans i'écorce du Fiburnum opulus. M. Chevreul a signalé son existence dans l'huile de marsouin. La gélatine , la fibrine , Talbumine et la caséine en fournissent également lorsqu'on les distille avec un mélange d'acide sulfurique et de chromate de potasse ou de bioxyde de manganèse; enfin ces mêmes substances azotées paraissent fournir de l'acide valérique, lorsque , abandonnées à elles-mêmes, elles sont soumises à la fermentation putride.

Lorsqu'on veut se procurer Tacide valérique en quantité considérable et d'une manière facile , on a recours à Valcool amylique, cette substance présentant à l'égard de l'acide valérique les mêmes relations que l'alcool ordinaire à Tégard de l'acide acétique. Cette transformation de l'alcool amylique en acide valérique peut se faire soit au moyen d'un mélange d'acide sulfurique et de bichromate de potasse , soit par l'intervention simultanée de l'air et du noir de platine , soit enfin en chauffant à aoo degrés un mélange de

I partie d'alcool amylique et de lo parties de chaux potassée. Quelle que soit la méthode qu'on ait employée pour la préparation de l'acide valérique, ce composé se présente sous la forme d'un liquide très-fluide , incolore , d'une odeur acide et persistante qui rappelle celle du fromage pourri ; sa saveur est acide et piquante.

II produit une tache blanche sur la langue , phénomène que présente l'acide butyrique et qu'offrent plusieurs autres acides de cette série. Sa densité est de 0,937 à 16 degrés. La densité de sa vapeur est de 3,68. Il bout à 176 degrés. Cette vapeur présente les mêmes anomalies que celle des acides précédents.

L'acide valérique se dissout dans 3o parties d'eau à la température ordinaire; il forme avec ce liquide un hydrate défini. L'alcool et l'éther le dissolvent en toutes proportions; il en est de même de l'acide acétique concentré. Les valérates alcalins, soumis à la distillation sèche, se décomposent en donnant un composé qui correspond à l'acétone, et qu'on désigne pour cette raison sous le

53a ACIDE CAPROÏQUE.

nom de valérone; il se produit en même temps une certaine quantité d'aldéhyde valérique.

Au rouge , les vapeurs d'acide valérique se décomposent, en présence des bases alcalines , en carbonate et en une série de carbures d'hydrogène polymères du gaz oléfiant.

Le chlore transforme Tacide valérique en de nouveaux produits dérivés par substitution , qui présentent avec lui les analogies les plus manifestes.

Le valérate de potasse est décomposé par un courant galvanique. Il se dégage un gaz qui consiste en hydrogène , acide carbonique et butène; il se rend en même temps à la surface du liquide une substance huileuse, d'une odeur éthérée, formée pour la plus grande partie d'un carbure d'hydrogène, qu'on daigne sous le nom de vaille. Les difîérenls acides de ce groupe fournissent , lorsqu'on les électrolyse , des résultats semblables.

La composition de l'acide valérique est représentée par la formule

C'*H«*0*=4voLvap.

ACIDE CAPROÏQUE.

§ 1107. Cet acide se rencontre à l'état de combinaison avec la glycérine, soit dans le beurre de vache et de chèvre, soit dans l'huile de coco ; c'est de ces substances qu'on l'extrait par des procédés dont il serait trop long de donner ici la description. On peut l'obtenir très-facilement au moyen du cyanure d'amyle, en décomposant ce produit par une dissolution alcoolique de potasse ; il se dégage du gaz ammoniac en abondance, et l'on obtient un résidu de caproate qui se prend en masse cristalline par le refroidissement. Ce sel ayant été dissous dans une petite quantité d'eau, on y ajoute un léger excès d'acide sulfurique qui met en liberté l'acide caproïque. Le produit brut est soumis à la distillation ; on met à part les portions qui distillent entre 198 et aoo degrés; celles-ci constituent l'acide caproïque pur.

L'acide caproïque est un liquide incolore, huileux, dont l'odeur rappelle à la fois celle du vinaigre et de la sueur ; sa saveur, acide et piquante, présente un arrière-goût douceâtre. Sa densité est de 0,930 à i5 degrés; la densité de sa vapeur est de 4,26. Il bout à '200 degrés. L'acide caproïque exige pour se dissoudre environ

ACIDE CAPRYLIQUE. 533

100 parties d'eau ; l'aicool et Téther le dissolvent en toutes proportions.

Les caproates alcalins se décomposent à la manière des acétates en fournissant des produits analogues.

La composition de Tacide caproïque est représentée par la formule

C'»H''0*=4vol. vap.

ACIDE ŒNANTHILIQUE.

§ dl08. Cet acide se produit en quantité notable par l'action de l'acide azotique du commerce sur la plupart des matières grasses ; mais l'huile de ricin le fournit en quantité plus abondante que les autres.

A cet effet , on chauffe l'huile de ricin avec l'acide azotique dans ' une cornue spacieuse ; il se manifeste au début une action trèsénergique ; dès que le dégagement des vapeurs nitreuses vient à cesser, on retire la cornue du feu ; on trouve alors dans le récipient une huile mélangée d'acide azotique et d'eau ; on sépare l'huile au moyen d'une pipette , on la lave avec de l'eau , puis on la soumet à la distillation , après l'avoir préalablement séchée sur de l'acide phosphorique anhydre.

Ce même acide s'obtient par l'oxydation directe de l'aldéhyde œnanthilique.

L'acide œnanthilique est une huile incolore, très-limpide, d'une odeur aromatique agréable et d'une saveur acre et acide. Peu solubl* dans l'eau , il se dissout dans l'alcool et l'éther en toutes proportions. Il bout vers la température de 220 degrés en laissant un léger résidu charbonneux.

La composition de l'acide œnanthilique est représentée par la formule

C'*H'«0*=4vol.vap.

ACIDE CAPRYUQUE.

§ H09. Cet acide, qu'on rencontre dans le beurre de vache, dans celui de chèvre, dans l'huile de coco , dans le fromage et dans plusieurs matières grasses odorantes, s'obtient facilement par Toxydation de l'alcool caprvlique; il existe, en effet, entre ces deuxsub-

534 ACIDE PÉLARGONIQUE.

tances une relation fort simple entièrement comparable à celle

qu'on observe entre l'alcool et Tacide acétique.

L'acide caprylique est un liquide huileux , possédant à la température ordinaire une odeur de sueur qui s'exalte sous l'influence de la chaleur. A la température de lo degrés, il cristallise en fines aiguilles; l'acide solide fond vers 14 degrés, et par le refroidissement il se forme de larges feuillets qui ressemblent à la cholesterine. Sa densité à l'état liquide est de 0,990 à ao d^rés ; la densité de sa vapeur est de 5,3 1. Il bout à 240 degrés. A peine soluble dans l'eau , l'acide caprylique se dissout en toutes proportions dans l'alcool et l'éther.

Sa composition est exprimée par la formule

•C'"H"^0*--4vol.vap.

ACIDE PÉLARGONIQUE.

§ mO. Cet acide, extrait pour la première fois des feuilles du géranium , se prépare avec la plus grande facilité par l'oxydation de l'essence de rue opérée au moyen de l'acide azotique du commerce. A cet effet, on introduit dans un grand ballon de verre I partie d'essence de rue et a ^ parties environ d'acide azotique ordinaire , puis on chauffe au moyen de quelques charbons. La réaction , très-vive au début, se calme peu à peu , et bientôt les vapeurs rouges qui s'étaient manifestées d'abord en grande abondance, finissent par disparaître presc]ue complètement ; à cette époque on arrête l'opération. On décante l'huile acide, on la lave avec de l'eau, puis on la traite par une lessive de potasse caustique, afin de séparer une petite quantité d'une huile neutre très-âcro qui l'accompagne presque toujours. On décompose la dissolution du sel potassique par l'acide sulfurique, qui met en liberté l'aoide pélargonique impur; on lave ce dernier, puis on le purifie par la distillation.

A l'état de pureté, l'acide pélargonique est une huile incolore, d'une odeur faible et désagréable, qui rappelle celle de l'acide butyrique. Il se prend par le froid en une masse cristalline.

A peine soluble dans l'eau , il se dissout en toutes proportions dans Talcool et l'éther.

Il bout à la température de '260 degrés et distille sans éprouver d'altération.

ACIDE ÉTHALIQUE OU PALMITIQUE. 535

Sa composition est représentée par la formule

C"H"0*=4vol.vap.

AaOE RUTIQUE.

§ 1111. Lorsqu'on modère Taction de l'acide azotique sur l'essence de rue, il se forme , outre l'acide pélargonique , un acide plus riche en carbone , bouillant vers 280 degrés , qui ne diffère de l'essence que par 'i équivalents d'oxygène en plus , auquel j'ai donné le nom d'acùle nuique et qui parait être isomérique de l'acide caprique retiré du beurre par M. Chevreul.

La composition de cet acide est représentée par la formule

CMP'0*=4 vol. vap.

xVQDE ÉTHALIQUE OU PALMITIQUE.

§ 1112. Cet acide, qu'on rencontre souvent à l'état libre dans l'huile de palme exposée longtemps au contact de l'air, s'obtient par l'action réciproque de l*éthal ou de l'acide oléique et de la potasse en fusion. Dans le premier cas, l'éthal se transforme tout entier en acide éthalique avec dégagement d'hydrogène. Avec l'acide oléique, outre l'acide éthalique et l'hydrogène, il se produit une certaine quantité d'acide acétique. Ces réactions peuvent facilement s'expliquer au moyen des équations suivantes :

C"ir*0'-f-KO, I10--C"ir'0\ KO -h 4 H,

Elhal. Acide étliallqoe.

C^«lP0*-h2(K0, H0)-:C"IP'0^ K0-hC4F0^ K0^-2lL

Ac. oléique. Acide éthalique.

L'acide éthalique est un corps solide, incolore, inodore, et plus léger que l'eau. Insoluble dans ce liquide, il se dissout en quantité considérable dans lalcool et l ether bouillants. Saturées , ces dissolutions se prennent en masse par le refroidissement; étendues, au contraire, elles laissent cristalliser l'acide sous la forme d'aiguilles Hnos qui se disposent en aigrettes. Il fond à 62 degrés et se prend par le refroidissement en une masse formée de paillettes brillantes et d'aspect nacré. D'après M. Fremy , lacide pal-

536 ACIDE MARGÀRIQUE.

mitique qui a été chauffé à ^5o degrés, tout en conservanl la même composition et les mêmes propriétés , affecterait une forme cristalline différente en se séparant de sa dissolution alcoolique. La composition de l'acide éthalique est représentée par la formule

ACIDE AiARGARIQUE. *

§ 1113. Cet acide se produit par la saponification des matières grasses qui renferment de la margarine. On peut à cet effet employer, soit de la graisse d'homme, soit des huiles végétales, en ayant soin, dans ce dernier cas , de les exposer préalablement au froid , afin de séparer la partie concrète qu'on débarrasse d'une nouvelle quantité du produit liquide qui l'accompagne par l'exprès* sion entre des matières absorbantes. Lors donc qu'on s'est procuré de la margarine à peu près pure , on la fait bouillir avec une lessive de potasse jusqu'à ce qu'elle soit complètement attaquée. On étend alors la liqueur d'eau et l'on y ajoute une dissolution concentrée de sel marin ; on détermine ainsi la séparation d'un margarate alcalin, celui-ci n'étant pas sensiblement soluble dans une liqueur qui renferme un excès de chlorure de sodium. Le savon étant bien desséché par une longue exposition au bain-marie, on le broie, puis on le fait macérer pendant vingt-quatre heures dans le double de son poids d'alcool ; on le jette sur un filtre et on le lave avec une nouvelle quantité de ce liquide. Le produit qui reste sur le filtre renfermant toujours une petite quantité d'oléate , M. Chevreul conseille de le faire dissoudre dans 200 fois son poids d'alcool bouillant et d'abandonner la liqueur à un refroidissement gradué. Le margarate se dépose alors peu à peu sous la forme de paillettes nacrées qu'on peut purifier par une nouvelle cristallisation. En décomposant le margarate alcalin par un excès d'acide chlorhydrique bouillant, l'acide margarique vient se rendre à la surface sous forme d'une huile qui se concrète par le refroidissement. On le purifie par des lavages à l'eau, puis par des cristallisations dans Talcool.

On peut suivre une autre méthode pour extraire l'acide margarique du savon formé par la graisse d'homme ou par l'huile d'olive. Celle-ci consiste à précipiter la dissolution du savon de potasse

par un sel de plomb et à épuiser le précipité lavé et séché par l'éther qui dissout Toléate, sans toucher au margarate, en traitant ce résidu par un mélange d'alcool et d'acide chlorhydrique bouillants, on obtient un dépôt de chlorure de plomb, taudis que Tacide margarique dissous dans l'alcool bouillant s'en sépare en partie par le refroidissement, en partie par l'évaporation.

A rétat de pureté, l'acide margarique fond à 60 degrés et se prend par le refroidissement en aiguilles brillantes qui s'enche* vétrent les unes dans les autres. Insoluble dans l'eau, il se dissout en forte proportion dans l'alcool et l'éther. Ces dissolutions rougissent faiblement la teinture de tournesol , décomposent les carbonates alcalins et abandonnent l'acide par l'évaporation sous la forme d'aiguilles nacrées.

Distillé avec l'acide phosphorique anhydre, l'acide margarique donne une grande quantité d'un corps entièrement neutre.

Traité par l'acide sulfurique concentré, l'acide margarique se dissout; la liqueur, suivant qu'elle est traitée par l'eau froide ou par l'eau chaude , laisse séparer deux nouveaux acides auxquels M. Fremy donne les noms diacide méteunargariqtte et d'acide hy» dromargarique.

Lorsqu'on distille l'acide margarique, une grande partie passe inaltérée , surtout lorsqu'on opère sur de petites quantités de matière. Si l'on en distille beaucoup, au contraire, il se dégage de l'acide carbonique en même temps qu'il se forme une substance neutre présentant l'aspect d'écaillés d'un éclat nacré, à laquelle on donne le nom de margarone. Cette substance se forme en quantité beaucoup plus considérable lorsqu'on distille l'acide marga* rique en présence d'un excès de chaux.

La composition de l'acide margarique est représentée par la formule

§ ili4. L'acide stéarique, dont on doit la découverte à M. Cbevreul, s'obtient par la saponification de la partie concrète du suif au moyen des alcalis. Ce savon étant obtenu par la méthode ordinaire, on le fait dissoudre dans 6 à 8 parties d'eau chaude, puis on ajoute à la dissolution 40 à 5o parties d'eau froide , et l'on

abandonne le liquide à lui-même à une température de lo à i5 degrés. 11 se sépare ainsi une substance nacrée formée d'un mélange de bistéarate et de bimargarate de potasse. On la recueille sur un filtre et on la lave. Ce précipité, séché convenablement, est dissous à la température de l'ébullition par de Talcool à -f^^ qui laisse déposer en se refroidissant la majeure partie du bistéarate. Celui-ci, purifié par plusieurs cristallisations, est enfin décomposé par Tacide chlorhydrique.

A rétat de pureté, l'acide stéarique est incolore, inodore et insipide. Suivant M. Chevreul , il fond à 70 degrés et se prend par le refroidissement en aiguilles blanches et brillantes. Insoluble dans l'eau , il se dissout aisément dans l'alcool et mieux encore dans l'éther.

Soumis à la distillation -en petite quantité, il ne s'altère pas sensiblement; en masse, il éprouve une altération profonde, laisse dégager de l'acide carbonique et donne des hydrogènes carbonés ainsi qu'une substance solide neutre , à laquelle on donne le nom de stéarone,

Lacide azotique concentré l'altère; à la température de l'ébullition, il se dégage des vapeurs rutilantes, et l'on obtient une série d'acides solides homologues de l'acide oxalique , ainsi qu'une série d'acides liquides homologues de l'acide formique.

L'acide phosphorique anhydre chauffé avec l'acide stéarique l'altère profondément; on obtient une matière gélatineuse insoluble dans l'eau , très-soluble dans l'éther, cristallisant fort mal , et fusible entre 55 et 60 degrés. Ce corps parait ne différer de l'acide stéarique que par les éléments de l'eau.

Le mélange d'acides stéarique et margarique obtenu par la saponification des graissés solides est employé depuis un certain nombre d'années pour l'éclairage sous le nom de bougie stéariqtœ. Nous dirons quelques mots du mode employé dans les arts pour la préparation de ce produit , lorsque nous nous occuperons de l'étude des matières grasses.

La composition de l'acide stéarique est représentée par la formule

C^«IFO*.

ACIDE STÉARIQUË. 539

§ liiS. On connait une série d'acides qui diffèrent des précédents au point de vue de la composition , en ce que chaque terme renferme 2 équivalents d'hydrogène de moins que celui qui lui correspond dans la série formique. C'est ainsi qu'à l'acide propionique, dont la composition est exprimée par la formule

correspond le composé représenté par la formule

C«H*cr*.

Les acides de cette série sont peu nombreux ; on n'en connait dans l'état actuel que cinq à six ; nous n'en décrirons que trois , les propriétés des autres se trouvant entièrement calquées sur celles des précédents.

Nous allons donner sous forme de tableau la composition de ces différents acides

Acide acrylique. . . C* H* 0* = 4 vol. vap.,

Acide angélique — C" H* 0* = 4 vol. vap.,

Acide damalurique. C'*H"0*?

Acide campholique. C'*H'*0* = 4 vol. vap..

Acide moringique . . C" H" 0*.

Acide oléique C"H'*0*.

Acide érucique .... C'* H** 0^

Ces acides, dont les caractères généraux sont moins bien connus que ceux des acides du groupe formique , jouissent tous de cette propriété commune de se dédoubler, sous l'influence de l'hydrate de potasse et d'une température de 200 degrés, en acide acétique et en un autre acide homologue de ce dernier renfermant une quantité de carbone complémentaire; de telle sorte qu'en représentant la composition générale de ces acides par la formule

C'"H'"-'0»= 4 vol. vap.,

54o ACIDE ACRYLIQUE,

on a

On repasse de cette façon de ces acides à ceux du groupe précédent.

AQDE ACRITJQUE.

§ 1116. Ce composé se forme par Toxydation de Tacroléine. La proportion d'acide formé dépend essentiellement de l'agent employé pour en opérer l'oxydation. Fait-on intervenir un mélange d'acide sulfurique et de bichromate de potasse , l'action est tellement énergique , qu'on n'obtient que de l'acide acétique. N'emploie-t-on que le peroxyde de manganèse seul ou le peroxyde de plomb, il ne se produit pas d'action sensible. L'agent qu'il est préférable d'employer pour déterminer l'oxydation de l'acroléine et sa conversion en acide acrylique est l'oxyde d'argent. A peine ces deux corps; sont-ils en contact, qu'une action très- vive se manifeste; il se dégage beaucoup de chaleur en môme temps que l'odeur irritante de l'acroléine disparait, de l'aident se dépose à l'état métallique, tandis que l'eau retient en dissolution de l'acrylate d'argent. Une fois qu'on s'est procuré ce sel à l'état sec , on peut obtenir l'acide acr}'lique au maximum de concentration en l'introduisant dans un tube à travers lequel on dirige un courant d'acide sulfhydrique desséché. L'action est tellement énergique, que, loin de chauffer le mélange, il faut , au commencement de l'opération , refroidir le vase qui le contient et n'élever la température qu'à la fin pour terminer la distillation de l'acide acryliqae. On purifie cet acide en lui faisant subir une nouvelle rectification.

Ainsi préparé, Tacide acrylique est un liquide incolore, trèslimpide, d'une odeur acide agréable qui rappelle celle du vinaigre. Refroidi jusqu'à o degré, il ne se solidifie pas. Sa saveur est franchement acide; l'eau le dissout en toute proportion; son point d'ébullition paraît intermédiaire entre celui de l'acide formique et celui de l'acide acétique. La distillation ne lui fait subir aucune altération. L'acide sulfurique et Tacide chlorhydrique étendus ne le décomposent pas même à chaud , mais l'acide azotique et tous les corps qui peuvent abandonner facilement de l'oxygène le dédoublent facilement en acides acétique et formique.

ACIDE ANGÉLIQUE. 54i

L'équation suivante rend parfaitement compte de cette transformation :

Les alcalis hydratés, potasse et soude, produisent une action analogue.

La composition de Tacide acrylique est représentée par la formule

C«H*0*= 4 vol. vap.

§ m 7. Cet acide se rencontre dans la racine de plusieurs espèces d'angélique; on l'obtient facilement par Faction réciproque de l'essence de camomille et de l'hydrate de potasse sous l'influence de la chaleur. La première méthode ne donne qu'une faible quantité de produits; la seconde permet, au contraire, de Tobtenir en quantité considérable; nous ne décrirons que cette dernière.

Lorsqu'on traite l'essence de camomille par l'hydrate de potasse solide à une douce chaleur, on obtient une masse gélatineuse; celle-ci, lorsqu'on continue à chauffer, dégage, à une certaine époque , une grande quantité de gaz hydrogène. Si l'on retire alors la matière du feu, la réaction continue et s'achève d'elle-même, une portion d'un carbure d'hydrogène contenu dans l'huile brute se volatilise , et l'on obtient un résidu formé d'angélate de potasse et de l'excès de potasse employée. On dissout ce résidu dans l'eau , on l'agite fortement, puis on l'abandonne au repos; de cette façon rhuile hydrocarburée, qui n'a pas été modifiée par la potasse, vient se rassembler à la surface du liquide. On décante la liqueur aqueuse à l'aide d'une pipette , puis on la sursature avec de l'acide sulfunque étendu ; bientôt il se sépare une matière huileuse qui se rassemble à la surface et ne tarde pas à se concréter : on la purifie en l'exprimant entre des doubles de papier buvard et la soumettant à la distillation.

L'acide angélique cristallise en prismes volumineux, longs, striés, incolores et sans eau de cristallisation. Il possède une saveur acide, piquante, et une odeur aromatique particulière. Il fond à 45 degrés, bout à 190 degrés, et distille sans altération.

Peu soluble dans Veau froide , il se dissout en assez forte pro- II. fiG

54a ACIDE OLËIQUE.

portion dans Teau bouillante. L'alcool , i'éther, les huiles et volatiles le dissolvent en quantité notable. Sous Tinfluence d'agents oxydants, Tacide angélique se transforme en acides acétique et propionique. On peut réaliser cette transformation soit en faisant intervenir Tacide azotique, soit par l'action de l'hydrate de potasse.

Dans le premier cas, on a

C»H»0*4-aHO-haO = C*H*0*4-0'H«0*; dans le second, on a

La composition de l'acide angélique est représentée par la formule

^•H*0*=4vol.vap.

ACIDE OLÉIQUE.

§ 1118. Cet acide s'obtient par la saponification des huiles végétales non siccatives et des graisses animales, c'est l'un des produits accessoires de la fabrication des bougies stéariques. Pour obtenir l'acide oléique pur au moyen de l'acide brut fourni par les fabriques de bougies , on fait digérer ce dernier, pendant quelques heures, avec la moitié de son poids de massicot en poudre fine; il se forme alors un mélange d'oléate et de margarate de plomb. Si l'on agite ce mélange avec deux fois son volume d'éther, puis qu'on l'abandonne au repos pendant vingt^quatre heures , l'oléaie de plomb se dissout seul , tandis que le margarate demeure indissous. La dissolution éthérée de l'oléate de plomb étant traitée par de l'acide chlorhydrique étendu , l'acide oléique se dissout dans l'éther à mesure qu'il se sépare, et vient se rendre à k surface du mélange. On évapore la dissolution éthérée, on reprend l'acide par de la potasse , et l'on ajoute une dissolution saturée de sel marin pour séparer le savon sous forme de grumeaux. Ce dernier étant purifié par expression et redissous de nouveau , puis décomposé par l'acide tartrique, fournit de l'acide oléique pur qu'on prive de l'eau qu'il avait entraînée par une dessiccation au bainmarie.

L'acide oléique pur est un liquide incolore et limpide, de con-

ACIDE OLËIQUE. 543

sistance huileuse, dépourvu d*odeur et de saveur. D est plus léger que Feau; il ne rougit pas la teinture de tournesol. Il se concrète vers 4 degrés, en formant une masse cristalline très-dure; lorsqu'on refroidit fortement sa dissolution alcoolique saturée, celle-ci laisse déposer de fines aiguilles. La distillation l'altère en fournissant des gaz carbures, de l'acide carbonique, de l'acide acétique, des acides caprylique et caprique, ainsi qu'une huile hydrocarbonée chargée d'acide sébacique.

Exposé au contact de l'air, l'acide oléique sous forme solide ne s'altère pas sensiblement; l'acide liquide, au contraire, s'altère d'une manière rapide, rancit et perd la propriété de se solidifier lorsqu'on l'expose au froid.

Lorsque l'acide oléique est pur, il fournit, à la distillation sèche, beaucoup d'acide sébacique, caprique et caprylique. Lorsqu'il a été modifié par exposition au contact de l'air, il ne donne plus sensiblement de ces produits. L'acide nitreux convertit l'acide oléique en un acide isomère, solide à la température ordinaire, auquel on donne le nom di' acide élaïdique. L'acide azotique concentré attaque vivement l'acide oléique à Taide de la chaleur, dégage d'abondantes vapeurs rutilantes et donne naissance à un grand nombre d'acides qui appartiennent à la série formique et à la série oxalique. L'acide sulfurique concentré le dissout et donne naissance à un composé désigné sous le nom & acide sidfo-oiéique , que l'eau décompose; suivant que cette décomposition se fait à froid ou à chaud, il se forme, suivant M. Fremy, deux acides distincts: il donne à celui qui se forme dans le premier cas le nom A' acide méta-oléique ; il désigne le second sous le nom d'acide hydroléique. L'hydrate de potasse, sous l'influence d'une température de 220 degrés, transforme l'acide oléique en un mélange d'acide acétique et d'acide palmitique , ainsi que l'explique l'équation suivante :

La composition de l'acide oléique est représentée par la for-

544 ACIDE ÉLAÏDIQUE.

AQDE ÉUÏDIQUE.

§ 1119. Cet acide s'obtient en faisant réagir l'azotate d'oxydule de mercure ou la vapeur nitrense sur Tacide oléique. On peut remplacer les vapeurs nitreuses par une petite quantité d'acide azotique fumant, salure de ce produit. La conversion de Tacide oléique en acide élaïdique s*opère sans que la matière change de composition ni de poids; peut-être cette transformation est-elle le résultat de l'action de l'acide nitreux sur quelques traces de matière organique, d'une altération facile; on a constaté du moins dans cette transformation la production d'une petite quantité d'azotate d'ammoniaque , ainsi que celle d'un corps huileux et indifférent.

L'acide élaïdique fond vers 45 degrés. Insoluble dans l'eau , il se dissout en forte proportion dans l'alcool et se sépare d'une dissolution concentrée , sous la forme de belles lames nacrées qui ressemblent à l'acide benzoïque. L'éther le dissout moins bien que l'alcool. Lorsqu'on maintient pendant un certain temps Tacide élaïdique fondu au contact de l'air, il absorbe une forte proportion d'oxygène, rancit, et ne peut plus se solidifier par l'acide nitreux. Sous des influences oxydantes, et notamment sous l'influence de l'hydrate de potasse, il se convertit en un mélange d'acide acétique et palmitique avec dégagement d'hydrogène, de la même manière que l'acide oléique.

La composition do l'acide élaïdique , de même que celle de l'acide oléique , est représentée par la formule

C'Mr*0*.

On rencontre dans l'huile de moutarde , ainsi que dans l'huile de colza , un acide liquide désigné sous le nom d*acide brassoléique, qui jouit de la propriété de se transformer en un acide solide isomérique sous l'influence des vapeurs nitreuses; il en est de même de l'acide doégUq^e, acide gras liquide extrait de Thuile de dauphin. Peut-être les acides angélique et campholique sont-ils les homologues de l'acide élaïdique ; dans ce cas , il resterait à trouver les acides liquides isomères homologues de lacide oléique.

ACIDE BENZOIQUE. 545

§ 1 i 20. À c6té des acides précédents viennent s'en placer d'autres qui, présentant avec eux d'incontestables analogies, en diffèrent néanmoins dans leurs allures. Ces acides, auxquels M. Hofmann propose de donner le nom à' acides aromatiques^ pour rappeler leur origine, et dont l'acide benzoïque peut être considéré comme le type sont liés entre eux par des relations toutes semblables à celles qui unissent les acides du groupe formique , c'est-à-dire que chaque terme diffère du précédent par l'addition de C'H'; en un mot, ce sont des acides homologues.

Ces acides , contrairement à ceux du groupe formique, possèdent une grande tendance à échanger i ou 2 molécules d'hydrogène contre i ou a molécules do vapeur nitreuse. Sous l'influence de la baryte ou de la chaux, ils se changent en carbonate et en un carbure d'hydrogène correspondant ; cette réaction s'accomplit avec une netteté parfaite : il ne se forme pas , comme avec les acides précédents, une série de carbures d'hydrogène polymériques. En représentant ces acides par la formule générale

on a toujours

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