C«H«0« -H C*H*0* = C'»H'«0« 4- 2HO
La diacétine s obtient , soit en chauffant l'acide acétique cristallisable avec un excès do glycérine , à aoo degrés pendant quelques heures , soit en chauffant à cette même température un mélange de glycérine et d'acide acétique étendu de son poids d'eau.
La diacétine est un liquide neutre , d'une odeur éthérée et d'une saveur piquante; elle se dissout en forte proportion dans l'éther et la benzine; elle possède une densité de i , 184 à la température de 16 degrés ; elle bout à la température de 280 degrés.
BOTYRINES. 711
Refroidie à — 40 degrés, elle prend une consistance analogue à celle de Thuile d'olive au moment de se figer.
Traitée par Tacide chlorhydrique et Talcool , la diacétine forme, même à froid , de la glycérine et de l'éther acétique.
La baryte caustique décompose la diacétine en régénérant la glycérine avec formation d'acétate de baryte.
Cette matière s'acidifie lentement au contact de l'atmosphère.
La composition de la diacétine est exprimée par la formule
Sa production s'explique au moyen de l'équation
C« H» (y + aC* H* 0* = C* H'^ O'» + 4 HO.
La triacétine s'obtient en chauffant la diacétine à 25o degrés , pendant plusieurs heures , avec 1 5 à 20 fois son poids d'aeide acétique cristallisable.
C'est un liquide neutre, odorant, d'une saveur piquante et amère , volatil sans décomposition , insoluble dans l'eau , fort solubie dans l'alcool même étendu.
La densité de la triacétine est égale à i , 174 à 8 degrés.
Traitée à froid par l'alcool et l'acide chlorhydrique, la triacétine régénère de la glycérine avec formation d'éther acétique.
La composition de la triacétine est représentée par la formule
Sa production s'explique au moyen de l'équation
On a signalé la présence de l'acétine dans l'huile de foie , de morue et dans l'huile de VEponimus europœus,
BUTYRINES.
§ 1279. L'acide butyrique forme , de même que son homologue Tacide acétique , trois combinaisons définies par sa réaction sur la glycérine. Ces composés s'obtiennent par des procédés analogues. Ils possèdent les propriétés suivantes :
La monohutyrine est un liquide incolore, neutre, huileux, odo- II. 61
72a BUTYRINES.
rant, d'une saveur aromatique et amère, s'acidifianl facilement
au contact de Tair; sa densité est de i,o88 à 17 degrés.
Refroidie à — 40 degrés, elle conserve la même fluidité quà la température ordinaire.
La baryte et la chaux la décomposent rapidement en présencr de Tean , en régénérant de la glycérine et formant des butyrates.
Traitée par Talcool et l'acide chlorhydrique, elle se change. même à froid , en éther butyrique et glycérine.
La composition de la monobutyrine est exprimée par la formule
C'*ir*o".
La dibutyrine est une huile neutre , odorante, qui se raéle facilement à Talcool ot l'éther. Ce produit s'acidifie promptement â l'air, ainsi que le précédent, en répandant l'odeur fétide de l'acide butyrique.
La densité de la dibutyrine est égale à i ,082 à 17 degrés.
Soumise à l'action de la chaleur, elle se volatilise vers 3ao degrés sans altération sensible.
Refroidie à — 40 degrés, elle demeure liquide, mais sa fluidité diminue.
Comme la monobutyrine , elle est promptement saponifiée par la baryte et par la chaux ; comme elle, elle se décompose promptement par un mélange d'acide chlorhydrique et d'alcool , en r^énérant de la glycérine avec formation d'éther butyrique.
La composition de la dibutyrine est exprimée par la formule
La tributyrine est un liquide neutre , huileux, d'une odeur analogue à celle des composés précédents , d'un goût piquant , puis amer. Elle est fort soluble dans l'alcool et dans l'éther, mais complètement insoluble dans l'eau.
La densité de la tributyrine est égale à i,o56 à H- 8 degrés. Sous l'influence de la baryte et du mélange d'acide chlorhydrique et d'alcool, la tributyrine se comporte à la manière des composés précédents.
Sa composition est exprimée par la formule
LAUROSTÉARINE. 7^3
VALÉRINES.
§ 1280. L'acide valérique forme , par sa réaction sur la glycérine , trois combinaisons qui correspondent aux précédentes.
La monopalérine est un liquide incolore, neutre, huileux, odorant, d^uno densité de i,ioo, se décomposant, en présence de l'acide chlôrhydrique et de l'alcool , en glycérine et éther valérique, et se changeant lentement en valéramide par l'action de l'ammoniaque.
Sa composition est exprimée par la formule
La divalérinc est un liquide incolore, huileux, d'une odeur désagréable , d'une saveur amère et aromatique , d'une densité de 1 ,059 à 16 degrés. Refroidie à — 40 degrés, elle se fige tout en demeurant transparente et demi-molle.
Sous l'inQuence de la baryte, du mélange d'acide chlôrhydrique et d'alcool et de l'ammoniaque, la divalérine se comporte comme le composé précédent.
Sa composition est exprimée par la formule
La trivalérine est un liquide neutre , huileux , doué d'une odeur faible et désagréable , insoluble dans l'eau , soluble dans l'alcool et l'éther; son contact avec les réactifs fournit des produits identiques à ceux que donnent les deux autres valérines.
Sa composition est exprimée par la formule
M. Ghevreul a extrait des huiles de dauphin une substance qu'il a désignée sous le nom do phocenine, et qui parait identique aux valérines artificielles.
LAUROSTÉARINE.
§ iâ81. On rencontre dans les baies de laurier une matière grasse solide, découverte par M. Marsson, et désignée par lui sous le nom de laurostéarine.
Ce glycéride possède, à l'état de pureté, les propriétés sui-
7M PALMITINES.
vantes : il est solide, blanc, brillant, léger, crislallisable en aiguilles déliées qui se groupent souvent eu étoiles et présentent un éclat soyeux. Peu soluble dans l'alcool froid, il se dissout avec facilité dans ce véhicule lorsqu'il est bouillant et se dépose presque en entier par le refroidissement. Il est également soluble dans réther, d'où il se sépare sous forme de cristaux par Tévaporation spontanée.
La laurostéarine fond vers 45 degrés. Sa composition est représentée par la formule
C^H*«0»= aC'*H»*(y-hC?H«0"- 6H0.
Laarottéarlne. Ao. laurtqoe. Glycérine.
MYRISTINE.
§ 1282. Le beurre de muscades renferme divers glyc^rides dont l'un, solide et crislallisable, a reçu le nom demyristine. On le sépare des composés huileux qui l'accompagnent en traitant la matière grasse brute par l'alcool ou l'éther qui dissolvent de préférence la matière huileuse , et pressant le produit solide qui s'en sépare entre des doubles de papier buvard.
La myristine cristallise en aiguilles douées d'un éclat soyeux. L'éther bouillant la dissout en toutes proportions, elle est moins soluble dans l'alcool. Elle fond à 3i degrés.
Sa composition peut s'exprimer à l'aide de la formule
C'^H»«0'»= 3(C"H"0*)-hC«H'(y-6HO.
Myrtttlne. Ao. myrtsUqoe. GlTcérlna.
PALMITINES.
§ 1283. L'huile de palme est principalement formée par une matière neutre fusible à 5o degrés, que les alcalis dédoublent, sous l'influence de l'eau , en acide palmitique et en glycérine. Cette substance est mêlée dans l'huile de palme avec un ferment qui en opère lentement la saponification à la température ordinaire.
M. Berthelot est parvenu à reproduire artificiellement la palmitine et à démontrer l'identité de ce produit avec la palmitine naturelle.
L'acide palmitique forme, à la manière des acides précédents.
MARGARINES. 7^^
trois combinaisons définies, en réagissant sur la glycérine. Ce sont :
La monopalmitine. C» W (y = C" H" 0* + C« H" 0« - 2 HO, La dipalmiline ... C" H'«0'' = a(?'H«0*4- C«H«0« - aHO, La tripalmitine . . . €'•' W O'" = 3 C" W' 0' + C« H» 0« - 6H0.
MARGARINES.
§ 1284. Ce composé se rencontre dans un grand nombre de matières grasses de nature animale et d'huiles végétales. Il est le plus souvent accompagné par de l'oléine ou de la stéarine, et dans certains cas par ces deux substances; aussi la préparation de la margarine pure présente-t-elle des difficultés presque insurmontables.
S'agit-il d'extraire la margarine de Fhuile d'olive, on la refroidit à une température voisine de zéro, puis on soumet la matière solide qui s'est séparée à l'action de la presse dans des papiers absorbants pour en isoler la majeure partie de l'oléine. On fait fondre de nouveau la matière exprimée , puis on la refroidit lentement, afin de déterminer la séparation d'une nouvelle portion de matière cristalline qu'on soumet à l'expression comme précédemment. Après avoir répété sufiQsamment ces fusions et ces refroidissements successifs, on dissout le résidu jusqu'à complète saturation dans un mélange bouillant d'alcool et d'éther. On obtient finalement un produit fusible à 49 degrés , qui se transforme complètement par la saponification en acide margarique et glycérine.
On obtiendrait la margarine d'une graisse animale , telle que la graisse humaine ou la graisse d'oie, qui renferme les mêmes principes que l'huile d'olive en employant une méthode entièrement analogue.
Ainsi préparée, la margarine se sépare de ses dissolutions alcooliques sous la forme d'aiguilles incolores. Dans son grand travail sur la synthèse des corps gras, M. Berthelot l'a reproduite artificiellement en faisant agir pendant longtemps, dans des tubes scellés à la lampe et à des températures convenablement élevées, des mélanges d'acide margarique et de glycérine ; il a ainsi obtenu deux composés distincts qu'il désigne sous les noms de mo/iomarfarine et de trimargarinc : la première de cfes combinaisons ré-
7^6 STÉARINES.
sultanl de l'action réciproque de i molécule d'acide maipuique et de I molécule de glycérine avec séparation do % molécules d'eau; la deuxième résultant de l'action de 3 molécules d'acide mai^arique et de i molécule de glycérine avec séparation de 6 molécules d'eau.
La monomargarine s'obtient en chauffant, pendant tout un jour, un mélange d'acide margarique et de glycérine à aoo degrés , soit en le chauffant seulement à loo degrés, mais en prolongeant le contact pendant plusieurs jours. Au bout de ce temps, on traite le produit de la réaction par la chaux et l'éther; la chaux s'empare de l'acide inaltéré, tandis que l'éther dissout la matière grasse neutre qui s'est formée.
La monomargarine est blanche , entièrement neutre aux réactifs colorés, peu soluble dans l'alcool froid, duquel elle se sépare sous la forme de prismes plats et courls , biréfringents , souvent groupés autour d'un centre commun. Elle fond à 56 degrés et se solidifie à 49*
L'oxyde de plomb la décompose à l'aide de la chaleur, en régénérant de l'acide margariqne et de la glycérine.
La composition de la monomargarine est représentée par la formule
çi. i|4« 0» = c** IP* 0* + C« H» 0« - aHO.
La trimargarine paraît se former en chauffant à ayo degrés, pendant quelques heures, un mélange de monomargarine et d'acido margarique en excès. Ce composé fond à Go degrés et se solidifie à 5'2. L'oxyde de plomb le décompose par ébullition avec do l'eau en régénérant de l'acide margarique de la glycérine.
Sa composition est exprimée par la formule
STÉARINES.
S 1285. Ce composé se rencontre dans un grand nombre de matières grasses appartenant soit au règne animal, soit au règne végétal ; c'est surtout au suif de bœuf ou de mouton qu'on a recours |)our la préparation do cette substance.
Pour préparer la stéarine, on prend le suif, matière solide, fusible à une température peu élevée, dans lequel se rencontre en
STÉARINES. 727
outre de la margarine et de l'oléine. On le dissout d*abord dans réther, qui s'empare de Toléine, et le résidu solide de stéarine mêlé des deux autres substances est dissous à chaud dans TalcooL L'alcool s'empare de l'oléine, de la margarine , et aussi d'un peu de stéarine. Par ces dissolutions on purifie la stéarine, mais on ne l'obtient pas séparée de toute matière étrangère, car la stéarine, l'oléine et la margarine ont des propriétés qui les rapprochent tellement, qu'il est impossible de les séparer d'une manière complète.
La stéarine fond à 45 degrés. Abandonnée au refroidissement , elle se prend en une masse solide qui diffère du suif en ce qu'elle a une assez grande tendance à la cristallisation et en ce qu'elle est un peu cassante comme la cire. La stéarine est insoluble dans l'eau , soluble dans l'alcool à chaud , mais non à froid. Le véritable dissolvant de cette substance est Téther.
La stéarine cristallise en paillettes nacrées dépourvues de saveur et qui se laissent facilement réduire en poudre. On peut la distiller sans décomposition dans le vide barométrique ; à l'air, elle se décompose sans noircir en donnant de l'acroléine , des hydrocarbures et de l'acide stéarique.
Suivant M. Dufily, le point de fusion du même échantillon de stéarine présenterait des variations fort remarquables qui conduisent à admettre pour ce corps autant de modifications physiques. Ce chimiste a reconnu trois modifications distinctes qid fondent aux températures de 63 , 66 et 69 degrés.
Il existe , en outre , de légères différences entre les densités de ces trois modifications.
M. Bcrthclot a reproduit artificiellement la stéarine par l'union directe de ses parties constituantes, en opérant dans des tubes scellés à la lampe et en faisant intervenir une température plus ou moins élevée. Il a ainsi obtenu la monostéahne , la distéarine et la tristéarine. Cette dernière est identique avec la stéarine naturelle.
La monostéarine s'obtient en chauffant à 200 degrés pendant Irenle-six heures, en vases clos, parties égales de glycérine et d'acide stéarique. Le résidu, traité par un mélange d'éther et de chaux éteinte , cède à cette dernière l'acide stéarique qui n'a pas réagi , landis que l'éthcr dissout la matière grasse neutre qui s'est
7^8 STÉARINES.
formée. Il suffit de soumettre ce liquide à révaporaUon pour obtenir la monostéarine à l'état de pureté.
Ce produit fond à 6i degrés et se solidifie à 60 degrés, en formant une masse dure et cassante analogue à la cire.
La monostéarine distille sans s'altérer dans le vide barométrique. Distillée au contact de Tair, elle se décompose avec production d'acide stéarique et d*acroléine. Chauffée sur une lame de platine, elle commence à se volatiliser, jaunit, puis prend feu et brûle avec une flamme blanche très-éclairante , en laissant un charbon qui brûle aisément et sans résidu.
L'oxyde de plomb la saponifie complètement en quelques heures avec le concours de Teau, en régénérant l'acide stéarique et la glycérine.
Maintenue pendant quelques jours à 100 degrés dans un tube clos avec de l'acide chlorhydrique, la monostéarine se dédouble en acide stéarique et en glycérine.
La composition de la monostéarine est exprimée par la formule