‹ Leçons de chimieChapitre 136 sur 558 · RÔLE CHIMIQUE DE L’EAU · texte numérisé non relu

RÔLE CHIMIQUE DE L’EAU

le chlorure de potassium , etc. Lorsque Ton a concentré ces liquides et qu'on fait cristalliser le sucre, les sels restent dans l’eau-mère et s’y accumulent, de sorte qu’après un certain nombre de cristallisations on obtient un jus qui contient 4 parties environ de sel pour 1 partie de sucre, et comme la présence des sels entrave la cristallisation du sucre , ces jus sont incristallisables.

L’effet de l’osmose sur ces jus est tel qu’après l’opération les proportions de sels et de sucre se trouvent sensiblement renversées; la liqueur arrive à ne contenir que 1 partie de sels pour 4 parties de sucre.

169. Rôle chimique de l’eau* — Elle se combine aux corps les plus divers pour former des hydrates. On connaît des hydrates de corps simples, l’hydrate de chlore; des hydrates de composés binaires, acides et basiques, l’acide sulfurique monohydraté, la chaux éteinte ; des hydrates de composés ternaires : le sulfate de soude, le sulfate de fer et beaucoup de sels sont hydratés.

Certaines substances ont une telle tendance à s’hydrater, qu’abandonnées dans l’air elles en absorbent l’humidité et se mouillent. On les nomme substances déliquescentes : tel est le carbonate de potasse.

‘Certains hydrates, au contraire, retiennent l’eau très-faiblement et la cèdent, en partie au moins, à l’air imparfaitement saturé d’humidité où on les abandonne. On les désigne sous le nom de corps ef florescents : tel est le carbonate de soude.

L’action de l’eau sur les divers métalloïdes et sur leurs composés est très-importante à connaître. On la fera connaître avec détails lors de l’étude de chacune de ces substances. L’eau se forme dans une foule de circonstances ; nous avons vu l’oyde de fer, décomposé par l’hydrogène, céder son oxygène à l’hydrogène

Fe* 03+H3 = Fe2 + 4 HO.

Ajoutons que l’eau se décompose dans un grand nombre de réactions; ainsi le potassium la détruit :

l’eau est un type.

Nous verrons le chlore la décomposer, Cl* + H*02 = O2 + 2 H Cl.

Il y a deux enseignements à tirer de ces égalités.

En premier lieu, elles montrent que les réactions s’expliquent, comme le veut la théorie unitaire, par des substitutions. En second lieu, elles expriment un fait important.

Généralement l’hydrogène est remplacé par les métaux et il prend leur placée. L’oxygène, auontraire, est remplacé par les métalloïdes et il prend leur place.

Le soufre, le charbon attaquent également l’eau.

L’eau n’est pas attaquée seulement par les corps simples ; elle se produit par double décomposition avec un grand nombre de composés. C’est ce qui se présente, par exemple, lorsqu’on verse du chlorure de phosphore dans l’eau. On a ;

2PhCl3 + 3H2 0*=2Ph03 + 6HCl, *

C’est encore, on le voit, une substitution.

Les métaux ont été divisés en six sections, et c’est la décomposition, impossible ou plus ou moins facile de l’eau par ces métaux, qui a été la base principale de cette classification (9).

170. Eau, type d’un grand nombre de corps. — L’eau est un type auquel se rapportent un grand nombre de corps, les acides oxygénés, les bases, les sels, les alcools, les éthers; mais pour pouvoir représenter cette dérivation il faut attribuer à l’eau une formule et un équivalent doubles de ceux que nous lui avons attribués et la représenter par le symbole

ÏI202 — 4 voh == 18.

Acide nitrique ordinaire

Oxyde de potassium anhydre. . .

Eau

Acide nitrique anhydre

l’eau est un type.

Potasse ordinaire . .

Azotate de potasse.

Alcool

Éther ordinaire. . . .

Az ) K )

Ôa.

Éther azotique C4 H5)*'

Ces formules montrent que tous ces corps peuvent être considérés comme des produits de substitution de l’eau, qu’ils peuvent être envisagés comme de l’eau dans laquelle tout ou partie de l’hydrogène a été remplacé par des corps simples ou composés.

Nous déduirons de ces faits, 1° que la formule chimique rationnelle d-e l’eau est :

HJ O2 = 4 vol. = 18;

2° Que, lorsque nous n’aurons pas de moyen chimique pour déterminer l’équivalent d’un corps dérivé de l’eau, nous lui donnerons pour formule celle qui représente 4 volumes, ou pour équivalent la quantité qui occupe à la température de 0° le même volume que H2 O2 ou encore que H2, c’est-à-dire que 2gr- d’hydrogène.

C’est à un chimiste français du plus haut mérite, nommé Gerhardt, que l’on doit cette conception de l’eau considérée comme type. Nous verrons que ce savant ne s’en est pas tenu à ce cas particulier, et qu’il a montré que tous les corps pouvaient être ramenés à quatre types (393).

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