‹ Leçons de chimieChapitre 137 sur 558 · CORPS GAZEUX DISSOUS DANS LES EAUX · texte numérisé non relu

CORPS GAZEUX DISSOUS DANS LES EAUX

Une cause quelconque de refroidissement amène dans cet air la précipitation d’une partie de l’eau à l’état de vésicules dont la réunion constitue les nuages. Ceux-ci donnent naissance à la neige, si la température est inférieure à 0°, et à la pluie, si la température est supérieure à 0°. La neige, la pluie retombent en raison de leur densité et se chargent, en traversant l’air, de l’oxygène, de l’azote, de l’acide carbonique et des autres principes qui s’y trouvent.

171. Matières dissoutes dans les eaux. — Cette eau, arrivée à la surface du sol , s’y infiltre et dissout les substances qu’elle y rencontre. Ces matières sont nécessairement variables avec la nature du sol; on y trouve, en général, du carbonate de chaux associé souvent à un peu de carbonate de magnésie, du sulfate de chaux, du chlorure de potassium, du chlorure de sodium et de la silice. Il est rare qu’on n’y observe pas aussi des traces de nitrate d’ammoniaque, d’iodures et de matières organiques. Lorsque l’eau rencontre diverses autres matières solubles, elle les dissout; ces eaux jouissent alors de propriétés spéciales , et les eaux minérales doivent leur emploi dans la thérapeutique aux principes solubles qu’elles ont dissous dans le sol. Les principales sont les eaux sulfureuses , les eaux alcalines , les eaux acidulés et les eaux salines.

L’eau imbibée dans la terre s’en échappepar les cours d’eau ; les fleuves l’emmènent à la mer, avec les matières qu’elle a dissoutes, de sorte que la mer est le réceptacle général de toutes les substances solubles qui se trouvent à la surface de la terre. Cette eau, revenue à la mer, s’en évapore de nouveau et recommence le cercle que nous venons de décrire.

Ces matières, gazeuses ou solides, servent à la formation et à l’accroissement des minéraux et au développement des végétaux et des animaux.

172. Produits gazeux. — Les poissons ne vivent pas dans de l’eau débarrassée d’air par l’ébullition ou par tout autre moyen. L’homme et les animaux vivant dans l’air ne peuvent pas boire impunément de l’eau privée d’air. Dans les pays montagneux et froids, où l’on n’a pour boisson que de l’eau

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provenant de la fonte des neiges, on l’aère préalablement. À bord des navires on distille maintenant l’eau nécessaire à

l’alimentation des passagers, puis Ton a toujours soin de l’aérer avant de la livrer à la consommation.

On se contente d’ordinaire, pour obtenir les gaz de l’eau, de remplir de ce liquide un ballon A (fig. 73) et le tube abducteur G, et de porter cette eau à l’ébullition.

Les gaz passent au-dessus de l’éprouvette , ainsi qu’une certaine quantité d’eau, mais ce liquide dissout une partie des gaz. M. Peligot évite cette perte en adaptant au tube C, par un caoutchouc, un tube en verre qui remonte dans l’éprouvette jusque vers le niveau de l’eau. Quand le gaz est réuni dans l’éprouvette on arrête le feu, ce qui fait rétrograder dans le ballon l’eau entraînée, puis on réchauffe le ballon pendant quelques instants pour chasser le gaz qui avait été dissous par cette petite quantité d’eau. En répétant une ou deux fois cette manœuvre l’eau qui passe dans l’éprouvette est tellement chaude qu’elle ne dissout pas sensiblement de gaz.

On absorbe l’acide carbonique par de la potasse et on détermine le rapport entre l’oxygène et l’azote qui constituent le résidu gazeux. En général, ces deux gaz s’v rencontrent sensiblement dans les proportions auxquelles conduit la loi des •solubilités que nous avons donnée, c’est-à-dire dans le rapport de 33 à 67, lorsque l’eau est restée un certain temps exposée à l’action de l’atmosphère, tandis que la composition de ces gaz est fort différente lorsque l’eau a séjourné dans le sol.

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