Propriétés chimiques* — Il éteint les corps en com
PROPRIÉTÉS DE LAZOTE.
bustion, comme l’acide carbonique et il se distingue de ce dernier, en ce qu’il ne trouble pas l’eau de chaux. Il n’entretient pas la respiration, cependant il n’est pas délétère, car Pair que nous respirons en renferme les ■§ de son volume.
[1 possède des affinités tellement faibles dans la plupart des cas, qu’on avait admis que ses propriétés étaient toutes négatives, mais aujourd’hui nous savons le reconnaître par des caractères positifs. MM. Becquerel et Fremy ont montré que si l’on fait passer un courant électrique dans un mélange d’azote et d’oxygène, le gaz devient jaunâtre par suite de la formation d’un corps nommé Y acide hypoazotique .
Le mélange d’azote et d’oxygène est placé dans un tube qu’on ferme ensuite à la lampe. Les étincelles sont produites par un appareil d’induction et jaillissent dans le tube, entre les extrémités très-rapprochées de deux fils de platine, soudés dans le verre et mis en communication avec les deux pôles (fig. 78).
Lorsqu’on dirige un courant d’azote sur un mélange de potasse, de soude ou de baryte et de charbon chauffé au rouge, l’azote s’unit au carbone pour donner une matière trèsimportante, nommée le cyanogène C2Az, qui se combine au métal alcalin pour donner des cyanures G2 AzK, G2 Az Na, G2 Az Ba.
Il s’unit directement au rouge avec le titane et quelques autres métaux. Le bore chauffé dans un courant d’azote absorbe
PRÉPARATION DE L’AZOTE
ce gaz, avec chaleur et lumière, en donnant naissance à un corps défini, l’azoture de bore.
Lorsqu’on fait tomber de l’eau dans un creuset fortement chauffé, la vapeur d’eau qui se dégage entraîne une petite quantité d’azotite d’ammoniaque :
2 H2 O2 + Az2 = Az H4 O, Az O3
189. Équivalent de l’azote» — 11 est égal à 14, parce que c’est ce poids d’azote,
1° qui s’unit à 8 d’oxygène pour former le protoxyde d’azote,
2° qui entre dans 54, équivalent de l’acide azotique,
3° » » » 38 » » » azoteux,
4° » » » 17 » » l’ammoniaque,
5° qui permet de représenter de la façon la plus simple la com-
position des cinq oxydes de l’azote.
Ce poids 14 n’est l’équivalent de l’azote, dans l’acception rigoureuse du mot, que par rapport à 31 de phosphore, à 75 d’arsenic et à 122 d’antimoine (62).
190. Préparation de l’azote. - — On retire ce gaz de l’air, en utilisant les réactions énergiques de l’oxygène pour le fixer sur les corps combustibles : on choisit d ’ordinairele phosphore ou le cuivre, mais nous verrons, à propos de l’analyse de l’air, que nombre d’autres corps pourraient être employés, les sulfures, l’acide pyrogallique en présence des alcalis, etc.
1° Phosphore . On place un ou deux fragments de phosphore dans une petite coupelle en terre, supportée par un liège qui flotte sur la cuve à eau, puis on enflamme le phosphore et on recouvre le flotteur d’une cloche (fy. 79).
La combustion se déclare avec énergie et s’accompagne de la production d’abondantes fumées d’acide phosphorique. Dans le commencement, l’air se dilate tellement par la chaleur due à la combustion, qu’il s’en échappe une certaine quantité, et qu’il faut enfoncer la cloche sous l’eau, ou du moins la tenir très-ferme, pour qu’elle ne se renverse pas. Bientôt, un effet inverse se produit et l’eau remonte dans la
PRÉPARATION DE l’AZOTE.
(Fig. 79.)
cloche par suite de l’absorption de l’oxygène. On la place alors sur la planchette de la cuve et on attend que les fumées phosphoriques se soient dissoutes dans l’eau.
On introduit dans le gaz deux ou trois longs bâtons de phosphore, pour enlever une certaine quantité d’oxygène qui échappe toujours à la combustion, et on les y laisse tant qu’ils répandent des lueurs dans l’obscurité et des fumées à la lumière. Il est bon de faire passer alors quelques bulles de chlore dans le gaz, afin d’absorber la vapeur de phosphore qui s’y est dissoute : il en résulte du chlorure de phosphore qui disparaît dans l’eau.
2° Cuivre. On substitue souvent le cuivre au phosphore, ce qui permet d’obtenir directement l’azote sous forme de courant gazeux (fig. 80).
A, vase contenant de l’air qui en est chassé par de l’eau tombant d’un vase supérieur.
B, tube renfermant de la pierre ponce imbibée de potasse destinée à condenser l’acide carbonique de l’air.
G, tube en verre vert, contenant du cuivre, chauffé au rouge sombre, qui retient l’oxygène à l’état d’oxyde de cuivre.
D, éprouvette dans laquelle l’azote est recueilli.
L’azote sera pur si le courant est lent et si la colonne de cuivre est assez longue.
PRÉPARATION DE L’AZOTE
(Fig. 80.)
3° On obtientaussi l’azoteen dirigeant un courant de chlore dans une solution d’ammoniaque :
4 Az IV + 3 Cl = 3 (Az H3, H Cl) + Az.
Le chlore produit dans le ballon (fig. 81), réagit sur l’ammoniaque placée dans le flacon à trois ouvertures; l’azote résultant est recueilli dans l’éprouvette sur la terrine pleine d’eau.
Ce procédé ne doit pas être employé, parce que le chlore gazeux réagit avec une très-grande violence sur l’ammoniaque, et que, s’il .se trouve en excès, il donne naissance à une huile très-explosive, nommée le chlorure d’azote, dont la formule est Az Cl3; la réaction s’explique par la formule :
4 Az H3 + 6 Cl = Az Cl3 + 3 (Az H3, H Cl).
On peut mettre cette réaction en évidence, sans aucun danger, de la façon suivante : on verse de l’eau de chlore dans un long tube de verre jusqu’aux $ de sa longueur environ, puis on achève de le remplir avec la solution d’ammoniaque; on bouche le tube avec le pouce et on le retourne dans l’eau. L’ammoniaque monte à travers lasolution de chlore enraison de sa légèreté, et on peut suivre du reste son ascension, car
PRÉPARATION DE i/AZOTE. 209
on voit naître, partout où le mélange a lieu, des bulles nombreuses d'azote qui se réunissent au sommet du tube.
Malgré le peu de liquide ammoniacal employé, il y a toujours un excès de gaz ammoniac, parce que l’eau dissout près de 1000 fois son volume de gaz ammoniac, tandis qu’elle ne dissout que deux fois et demie à trois fois son volume de gaz chlore.
4° On prépare encore l’azote en chauffant l’azotite d'ammoniaque :
Az H3 H O, Az O3 = 2 Az + 4 HO.
Comme ce sel est difficile à préparer, on le remplace par un mélange d’azotite de potasse et de sel ammoniac :
K O, Az O3 + Az H3, H Cl =K Cl + 2 Az + 4 H O.
191. Usages. — L’azote est employé quelquefois dans les laboratoires pour faire des atmosphères artificielles, quand on se propose de séquestrer certaines substances du contact de l’oxygène.