‹ Leçons de chimieChapitre 154 sur 558 · AIR · texte numérisé non relu

AIR

192. Historique. — L’air est un des quatre éléments d’Aristote.

John Mayow, né en 1645, dans le comté de Cornouailles , paraît être le premier qui se soit préoccupé de la composition de l’air. Il publia en 1674 cinq traités, dont l’un, ayant pour titre : De sale nitro et spiritu nitro æreo, a trait à la complexité de l’air. On y trouve, entre autres choses : « L’air est tout à fait nécessaire à l’entretien de la flamme; toutefois ce n’est pas l’air tout entier qui l’entretient. C’est la partie la plus active et la plus subtile, car lorsqu’une flamme produite dans un espace fermé s’éteint, il reste encore beaucoup d’air qui n’a pas été plus détruit par la combustion qu’il ne s’est échappé au dehors. »

John Mayow mourut quatre ans après la publication de son traité , qui resta pour ainsi dire inconnu. On ne se préoccupa de la distinction qu’il avait établie entre les deux principes de l’air qu’en 1774, où Priestley isola l’oxygène L

Voici comment il s’exprime à ce sujet :

<( Le 1er août 1774, je tâchai de tirer de l’air du mercure précipité per se, et je trouvai sur-le-champ que , par le moyen de ma lentille, j’en chassais l’air très-promptement. Ayant

i Priestley, né à Fiseldhead, dans le Yorkshire, mourut exilé dans l’Amérique du Nord. C’était un théologien fanatique qui composa près d’une centaine de volumes sur la théologie; les opinions qu’il y développa le mirent au ban de l’opinion et amenèrent sa ruine , puis son exil. Il étudiait la chimie , dans les loisirs que lui laissaient ses luttes théologiques, et il fut l’auteur de très-belles découvertes. Il créa les procédés dont nous nous servons pour recueillir les gaz et il découvrit neuf gaz. Ses travaux de chimie sont exposés dans un ouvrage intitulé : Expériences et observations sur les différentes espèces d'air .

EXPÉRIENCES DE SCHEELE.

ramassé de cet air, environ trois ou quatre fois le volume de mes matériaux , j’y admis de Peau, etjetrouvai qu’elle ne s’absorbait pas. Mais ce qui me surprit plus que je ne puis l’exprimer, c’est qu’une chandelle brûla dans cet air avec une vigueur remarquable; un morceau de bois y étincelait exactement comme du papier trempé dans une solution de nitre , et s’y calcina rapidement. »

Priestley sépara donc l’oxygène de l’air, mais il ne sut pas en retirer l’azote, et il ne déduisit pas de ses expériences la composition exacte de Pair.

Scheele arriva, peu de temps après, aux mêmes résultats par des procédés différents , et sans avoir connaissance des travaux du chimiste anglais. Ses expériences sont réunies dans le Traité de l’air et du feu, 1777 L

Voici comment il décrit son procédé :

« Ayant fait dissoudre une once de foie de soufre ( sulfure de potassium,) dans huit onces d’eau, je versai quatre onces de cette dissolution dans une bouteille vide qui pouvait con- . tenir vingt-quatre onces d’eau; je la fermai avec un bouchon, le plus exactement qu’il me fut possible ; je renversai la bouteille ; j’en posai le col dans un petit vase plein d’eau, je la laissai pendant quinze jours dans cette position. Pendant cet intervalle, la dissolution perdit une partie de sa couleur rouge, et il se précipita quelque peu de soufre. Le temps révolu, je pris la bouteille, je la tins plongée dans un grand bassin d’eau et le corps au-dessus de Peau; je la débouchai dans cette position sous Peau qui s’y éleva rapidement : je la fermai, je la retirai de Peau et trouvai que le contenu pesait dix onces. Si l’on déduit les quatre onces de la dissolution sulfureuse ?

11 reste six onces. Il s’était donc perdu en quinze jours 6 parties sur 24. »

1 Scheele naquit à Stralsund (Suède), le 9 décembre 1742, et mourut le

12 mai 1786, à Kœping, dans une modeste pharmacie qu’il refusa de quitter pour occuper de hautes positions. Outre ses travaux sur l’oxygène et sur l’air, il fit une foule de découvertes, parmi lesquelles nous citerons celles du chlore, de la baryte, de l’oxyde de manganèse, des acides prussique, tartrique, citrique, fluosilicique, gallique, etc. Ses moyens de travail étaient extrêmement limités.

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