MATIÈRES CONTENUS DANS L’AIR
la principale nourriture des plantes, l’acide carbonique; de l’atmosphère enflammée par les éclairs et du sein même de la tempête descend sur la terre cette autre nourriture non moins indispensable des plantes, celle d’où vient presque tout leur azote, le nitrate d’ammoniaque , que renferment les pluies d’orage.
205, Autres matières et notamment sodium, iode5 phosphore. — On trouve toujours du sel, NaCl, dans les poussières qui sont dansFair, et cette quantité devient notable sur le bord de la mer.
M. Chatin a constaté dans l’eau de la pluie, et par conséquent dans l’air, la présence de petites quantités d’iode.
Les poussières minérales flottant dans l’air renferment du carbonate et du phosphate de chaux.
206. Matières organiques. — Enfin , l’air renferme des matières organiques de différentes sortes, et notamment des êtres organisés, parmi lesquels sont les germes des moisissures qui se développent dans les liquides fermentescibles exposés à l’air.
La présence de ces germes, contestée pendant longtemps, a été mise hors de doute par les expériences de Spallanzani, Schwann, Milne Edwards, Dumas, Payen , de Quatrefages, Claude Bernard et Pasteur.
M. Bernard plaça dans deux ballons un liquide fermentescible, chassa l’air par une ébullition prolongée et fit rentrer dans un des ballons de l’air ordinaire, et dans l’autre de Pair sortant d’un tube chauffé au rouge. Il vit bientôt se développer dans le premier une'végétation de Penicilium glaucum, tandis qu’aucun être vivant ne se produisit dans le second. On avait objecté que l’air, en passant dans un tube rouge, pouvait éprouver une modification particulière. M. Pasteur a levé les doutes en montrant que de l’air devient inefficace à produire des fermentations en passant toutsimplement dans un tube sinueux, ou dans un tube contenant du coton pour tamiser l’air et retenir les poussières. M. Pasteur a même démontré directement que ce sont les poussières qui produisent les fermentations; à cet effet, il a remplacé le coton ordi-
l’air est en mélange.
naire, dans l’expérience que nous venons de citer, par du coton-poudre qui est soluble dans un mélange convenable d’alcool et d’éther. Après avoir fait passer dans un liquide fermentescible de Pair tamisé par ce coton, et constaté l’inactivité de cet air, il a dissous le coton dans l’alcool éthéré , et recueilli les poussières qu’avait retenues ce coton ; ces traces de matières placées dans le liquide fermentescible en amenèrent rapidement la fermentation. La théorie dite des générations spontanées ne repose donc sur aucun fondement.
Il s’échappe des marécages des émanations nommées miasmes, qui paraissent être la cause des épidémies qui régnent dans certaines localités. Suivant les uns ces substances; sont volatiles , suivant d’autres ce sont des corpuscules peu denses , quoique plus lourds que l’air. Ce qui paraît donner du poids à cette dernière opinion , c’est qu’un rideau d’arbres , un voile léger protègent contre ces émanations , et qu’une situation un peu élevée met à l’abri de leur action. Il est probable que les unes et les autres existent, dans certaines circonstances au moins.
207. l/air est «n mélange. — L’air n’est pas , comme Peau, une combinaison chimique. En effet, les volumes de gaz, qui se combinent , sont toujours entre eux dans un rapport trèssimple : or cette simplicité fait tout à fait défaut dans l’air, puisqu’il est formé de 20,81 d’oxygène et de 79,19 d’azote. Les procédés par lesquels ces nombres ont été fixés sont trop perfectionnés pour qu’il soit possible d’admettre que ces gaz se trouvent dans le rapport de 20 à 80, c’est-à-dire de 1 à A.
Les corps en s’unissant développent de la chaleur et de l’électricité : on n’en remarque aucun dégagement quand on mêle 20,81 d’oxygène et 79,19 d’azote, et le mélange obtenu ne se distingue en rien de Pair atmosphérique. La réfringence de Pair, sa solubilité dans Peau, et toutes ses propriétés physiques et chimiques sont celles que possède un mélange d’oxygène et d’azote dans les mêmes proportions.
Nous insisterons seulement sur sa solubilité. Si Pair est une combinaison, celui qui est dissous dans l’eau doit avoir la composition de Pair atmosphérique, tandis que s’il est un mélange,
l’aiü est un mélange.
la composition de l’air de l’eau doit en être différente, en raison de la différence de solubilité de l’azote et de l'oxygène.
L’expérience donne gain de cause à cette dernière hypothèse, car l’air de l’eau renferme environ 33 d’oxygène et ^7 d’azote pour 100.
On peut aller plus loin : si l’air est un mélange , il est trèsfacile de calculer, d’après les lois de solubilité (167), la composition que doit avoir Pair de l’eau.
Admettons que la pression atmosphérique soit de 0m,76 et que l’air renferme exactement un cinquième d’oxygène et quatre cinquièmes d’azote, la pression exercée par l’oxvgène sera :
et la pression exercée par l’azote sera :
Comme un litre d’eau dissout 0lil-, 04 14 d’oxygène et 0lit-, 0203 d’azote sous la pression de 76 cent., la quantité d’oxygène dissoute dans un litre d’eau exposé à l’air sera :
~ X 0,0414 — 0lu‘,0082,
la quantité d’azote dissoute dans un litre de cette eau sera :
- X 0,0203 = 0lu-,0t63.
et la composition de l’air de l’eau sera :
Oxygène 0,0082 ou en centièmes 33.7 Azote 0,0163 66 3
0,0245 ÏÔoToT
Ce rapport est sensiblement celui que nous avons indiqué plus haut d’après de nombreuses analyses.