COMBUSTION
209. Historique. — L’histoire de la combustion est l’histoire de la chimie elle-même, car nous avons vu que le mot combustion , pris dans son acception la plus large, est synonyme du mot combinaison .
On observa dès le huitième siècle, c’est-à-dire dès la naissance de la chimie, que les métaux augmentent de poids lorsqu’on les calcine à l’air : les écrits de Geber, fondateur de la première école chimique, celle des Arabes, en fournissent des preuves incontestables.
On ne se préoccupa pas de donner d’explication raisonnable de ce fait jusqu’au commencement du dix-septième siècle, où Jean Rey, médecin du Périgord , consulté par Brun, pharmacien de Bergerac, sur la cause de l’augmentation de l’étain et du plomb qu’on calcine à l’air, lui répondit en ces termes :
« Ce surcroît de poids vient de l’air , qui dans le vase a esté espessi, appesanti et rendu aucunement adhésif par la véhémente et longuement continuée chaleur du fourneau ; lequel air se mesle avecques la chaux (àx;e aydant l’agitation fréquente ) et s’attache à ses plus menues parties, non autrement que l’eau appesantit le sable que vous jettez et agitez dans icelle par l’amortir et adhérer au moindre de ses grains.
« Ce n’est pas du vase que vient l’augmentation de la chaux de l’estain et du plomb. En effet , le vase dans lequel a eu lieu la calcination était en fer; la chaux du fer est jaune et communiquerait sa couleur à la chaux d’estain et de plomb qui restent blanches cependant. »
Dans la dernière moitié du dix-septième siècle, John Mayow reconnut (192) que ce n’est pas l’air tout entier qui entretient