L’azote donne avec T oxygène cinq composés définis
Le protoxyde d’azote. . Az O. . . neutre.
Le bioxyde d’azote. .. . Az O2 . . neutre.
L’acide azoteux Az O3 . . acide.
L’acide hypoazotique. , Az CM . . acide.
L’acide azotique Az O5 . . acide.
Ces corps constituent donc une série aussi régulière et aussi simple que possible. Les quatre derniers se transforment avec une extrême facilité les uns dans les autres. Le protoxyde d’azote fournit plus difficilement ceux-ci.
Le plus stable est l’acide hypoazotique, qui ne se décompose qu’au rouge. Il donne, dans cette destruction, de l’azote et de l’oxygène. Les quatre autres se détruisent à une température plus basse, et fournissent de l’acide hypoazotique dans leur décomposition.
La combinaison de l’azote et de l’oxygène est difficile h réaliser, et la plupart de ces composés ne peuvent pas se former directement : tels sont, par exemple, le protoxyde d’azote et l’acide azotique ; on les obtient seulement d’une manière indirecte. Or, on observe que lorsque l’acide azotique anhydre se décompose il y a production de chaleur et de lumière. D’autre part, MM. Favre et Silbermann ont reconnu qu’au moment où le protoxyde d’azote se décompose il se dégage 1090, 5 unités de chaleur par chaque gramme d’oxygène séparé de l’azote. Ces savants ont établi ce fait important en détermi-
acide azotique.
nant la chaleur développée par le protoxyde dans les phénomènes de combustion qu’il produit, et en comparant cette quantité de chaleur à celle qui est dégagée par l’oxygène contenu dans le protoxyde qui a disparu pendant la combustion. Si ces composés se détruisent avec dégagement de chaleur, il est rationnel d’admettre qu’au moment où ils se forment une absorption de chaleur a lieu, et on s’explique alors, d’après ce que nous avons dit (212) au sujet de la combustion, comment il se fait que ces composés ne puissent pas se former directement.
L’acide azotique est de beaucoup le plus important, et comme d’ailleurs il sert à les préparer tous, nous l’étudierons en premier lieu.
224. État naturel. — On a constaté depuis fort longtemps la présence de l’acide nitrique et du nitrate d’ammoniaque dans les pluies d’orage. Plus récemment, M. Cloëz a montré qu’il y a d’ordinaire dans Pair, de l’acide azotique ou des composés oxygénés inférieurs. La quantité de ces produits varie suivant les époques; elle est toujours fort petite, et on ne parvient à l’y déceler qu’en faisant passer une vingtaine de mètres cubes d’air dans une solution de carbonate de potasse. Ce sel se change en nitrate.
Il existe un grand nombre de nitrates à la surface de la terre. Les nitrates de chaux, de soude et de potasse ( salpêtre ) se produisent sans cesse autour de nous dans les lieux humides, surtout lorsqu’il s’y rencontre de l’ammoniaque. La partie inférieure des murailles des maisons, les parois des caves, se recouvrent d’efflorescences de nitrates de chaux et d’alcalis, et l’on exprime ce fait, d’une façon très-juste, par l’expression de murs salpêtres.
Le nitrate de potasse se rencontre dans quelques localités de l’Espagne, du midi de la France, et il est abondant dans certaines parties de l’Inde et de l’Amérique du Sud. Il existe au Pérou et au Chili des bancs considérables de nitrate de soude.
Nous allons faire connaître l’origine de ces composés nitriques.
NITRIFICATION