MÉTAUX ET ACIDE AZOTIQUE
l’élément électro-positif, ce qui détermine son oxydation.
On a donné de ce curieux phénomène un grand nombre d’explications qui ne sont pas les unes et les autres à l’abri d’objections. On a dit notamment que le métal se recouvre dans ce cas d’une pellicule très-mince d’azotate ou d’oxyde qu’il faut détruire pour que l’attaque ait lieu, but qu’on atteint en touchant le métal avec du cuivre par suite de la formation d’un élément de pile. Il est plus vraisemblable que le fait tient à une polarisation de l’oxygène à la surface du métal, parce que la plupart des causes qui déterminent la passivité paraissent produire cet effet, analogue à celui que nous avons signalé dans la préparation de l’hydrogène.
Les métaux, comme l’étain et le zinc, qui décomposent l’eau sous l’influence des acides étendus, sont attaqués par l’acide extrêmement dilué, ce qui n’a pas lieu pour les métaux comme l’argent et le cuivre.
Les produits de la décomposition varient avec l’oxydation plus ou moins facile du métal.
Lorsqu’on attaque l’argent à froid par l’acide nitrique, il se produit de l’acide azoteux; sous l’influence de la chaleur on n’obtient que du bioxyde d’azote. Le mercure s’attaque à froid par l’acide azotique , et donne du bioxyde d’azote pur :
3 Ag + 4 (Az O5, H O) = 3 (Ag O, Az O5) + Az O’ + 4 H O.
Le cuivre attaque l’acide nitrique avec une grande énergie; s’il est étendu d’une quantité d’eau suffisante pour que l’action soit très-lente, le bioxyde d’azote est également pur, mais si l’action est rapide, le bioxyde renferme du protoxyde. Les métaux plus oxydables, comme l’étain, le zinc, dégagent un mélange de bioxyde, de protoxyde d’azote, d’azote et même d’ammoniaque. La formation de ce dernier composé s’explique par la décomposition de l’eau, dont l’hydrogène réagit à l’état naissant sur l’azote et sur l’acide azotique, et on s’explique comment il ne se produit pas d’hydrogène. Si l’acide est trèsdilué, on n’observe pas de dégagement de gaz.
Quelques gouttes d’acide azotique, introduites dans un appareil producteur d’hydrogène, en ralentissent le dégagement
HYDROXYLAMINE.
par suite de l’absorption de l’hydrogène et de sa transformation en ammoniaque qui reste uni à l’acide.
3° La présence de l’acide hypoazotique et de l’acide azoteux dans l’acide nitrique donne à ce dernier une activité plus grande. 11 acquiert, dès qu’il en renferme des traces, la propriété de précipiter l’iode des iodures, le soufre des sulfures, de colorer en brun les sels de protoxyde de fer et de réagir sur certains métaux : ainsi le cuivre, qui est inattaqué au-dessous de 20° par l’acide azotique à \ ,10 de densité , décompose cet acide dès qu’on y ajoute des traces d’acide hypoazotique ou d’un azotite alcalin.
233 bis. llydroxy lamine. — Dans l’action de l’acide azotique étendu sur Pétain il se produit, avons-nous dit plus haut, une réaction complexe. On observe notamment la formation d’une substance que Pon obtient mieux en traitant l’éther azotique par Pétain et l’acide chlorhydrique, ou encore en dirigeant un courant de bioxvde d’azote sur de Pétain arrosé d’acide
chlorhydrique, et que Pon appelle Vhijdroxy lamine. Elle se trouve, dans les préparations que nous venons d’indiquer, combinée à l’acide employé, et elle constitue une base très-énergique que Pon peut considérer comme dérivant de l’ammoniaque par la substitution du groupement HO2 à H, et dont la formule