‹ Leçons de chimieChapitre 28 sur 558 · COHÉSION · texte numérisé non relu

COHÉSION

On prouve en physique que les molécules gazeuses sont dans un état de répulsion continuel. Par conséquent les gaz sont caractérisés par ce double fait, que leur volume et leur formeront éminemment variables; ils se répandent dans l’espace entier où ils sont enfermés.

La cause principale des variations de la cohésion est la chaleur. Ainsi le caoutchouc, la cire, durcissent au froid, se ramollissent à la chaleur; le diamant se change en noir de fumée qui a la même constitution que lui, lorsqu’on le chauffe, et tout porte à penser que si l’on parvient à faire l’opération inverse, à changer le noir de fumée en diamant, ce sera par un procédé qui lui soustraira de la chaleur.

On fait passer successivement la glace à l’état d’eau liquide, et à l’état de vapeur d’eau, en la soumettant à l’action de la chaleur, et on produit les résultats inverses, c’est-à-dire le passage de la vapeur d’eau à l’état liquide, puis à l’état solide, en la soumettant à un refroidissement graduel.

Lamajeurepartiedes corps solides ont été liquéfiés, puis gazéifiés sous l’influence de la chaleur; inversement on est parvenu, soit par le refroidissement, soit par la compression, à liquéfier et même à solidifier la plupart des gaz. Aussi peut-on dire que tous les corps doivent être susceptibles d’exister aux trois états, ce qui revient à énoncer qu’on pourra liquéfier et solidifier tous les gaz en les refroidissant ou en les comprimant à un degré convenable, et qu’on pourra liquéfier et gazéifier tous les solides si on parvient à les chauffer suffisamment sans les décomposer .

Le mot de cohésion dont nous venons de faire usage plusieurs fois peint très-bien dans la langue française la différence qui existe entre les solides, les liquides et les gaz.

On a attribué la différence de cohésion des corps à une force spéciale, que l’on a nommée la cohésion . M. H. Deville a émis dans ces temps derniers sur cette force une opinion analogue à celle que nous avons fait connaître précédemment sur l’affinité, opinion qui conclut à rejeter aussi l’existence de cette force.

« La formation d’un corps solide, dit-il, est due d’abord à‘

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