PHOSPHORESCENCE
devient peu à peu opaque de la surface au centre. Cette opacité provient de ce que le phosphore perd l’état vitreux et se change en une foule de petits cristaux microscopiques qui s’enchevêtrent les uns dans les autres. Le phosphore est insoluble dans l’eau, notamment soluble dans l’éther, les essences et les huiles grasses. Son meilleur dissolvant est le sulfure de carbone, et on l’obtient parfaitement cristallisé en dodécaèdres rhomboïdaux par l’évaporation spontanée de ce liquide. Si l’on plonge un morceau de papier dans une solution de phosphore par le sulfure de carbone et qu’on abandonne ce papier à l’air, le sulfure de carbone s’évapore et laisse du phosphore très-divisé qui prend feu et qui brûle le papier.
Phosphorescence. * — Le phosphore doit son nom à la propriété dont il est doué de répandre des lueurs dans l’obscurité. De longues discussions ont été soulevées dans le but de déterminer si cette phosphorescence est nécessairement accomqagnée d’oxydation, et l’on a soutenu jusqu’à ces temps derniers qu’elle a lieu dans le vide barométrique, dans l’hydrogène et dans l’azote, et que , dans ce cas, l’espace se charge de vapeurs de phosphore, et les lueurs persistent tant qu’il n’en est pas saturé. Il paraît certain que les lueurs observées dans le vide, etc., étaient dues en réalité à la présence de petites quantités d'oxygène et que l’oxydation et la phosphorescence sont des phénomènes corrélatifs l’un de l’autre.
Il se forme dans cette oxydation un mélange d’acide phosphoreux et d’acide phosphorique. Cette attaque est si rapide que, lorsqu’on laisse pendant quelques instants à l’air un bâton de phosphore et qu’on le touche avec un papier de tournesol, celui-ci prend aussitôt la teinte rouge pelure d’oignon. A la lumière, il se forme des fumées blanches qui ne sont pas dues à ces acides mais à de l’azotite d’ammoniaque; le phénomène se complique encore par la production d’une petite quantité de bioxyde d’hydrogène. Les fumées et l’oxydation cessent d’avoir lieu dès que l’air renferme une petite proportion de chlore, d’acide sulfhydrique, d’hydrogène bi-