‹ Leçons de chimieChapitre 82 sur 558 · PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DE L'OXYGENE · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DE L'OXYGENE

l’explication des phénomènes de l'acidification et de l'oxydation des corps, et à la théorie exacte de la combustion et de la respiration.

109. Propriétés physiques. — L’oxygène ne présente ni odeur, ni saveur, ni couleur.

Sa densité, rapportée à celle de Pair prise pour unité, est 4,1056. Un litre d’oxygène pèselgr,429à la température de 0° et sous la pression de 0m76, un litre d’air pesantdans les mêmes circonstances lgr,293. On a eneffet : lgr, 293x1, 1056=1^, 429.

On nomme ces conditions de température et de pression les circonstances normales ; c’est à elles qu’on ramène les volumes et les densités des gaz. Si la densité d’un gaz, c’està-dire si le rapport entre le poids d’un certain volume de ce gaz et le poids du même volume d’air, restait identique avec les variations de température et de pression, on pourrait déterminer sa densité à une température où aune pression quelconques; or ce rapport varie d’une façon notable, surtout lorsque les gaz sont facilement liquéfiables. C’est pourquoi l’on rapporte toujours les densités des gaz à une pression et à une températures uniformes.

L’oxygène est le gaz qui réfracte le moins la lumière. Il devient magnétique quand on le place entre des aimants.

Sa solubilité dans l’eau et dans les autres liquides est trèsfaible. A 0°, son coefficient de solubilité dans l’eau est0,041, ce qui veut dire qu’un litre d’eau dissout 41cc d’oxygène L

C’est un gaz permanent , c’est-à-dire un gaz qu’on n’est pas parvenu à liquéfier et à solidifier par la compression la plus énergique réunie au froid le plus intense.

Ces deux propriétés sont corrélatives : les gaz peu solubles dans l’pau sont permanents ou difficiles à liquéfier, et les gaz très-solubles se liquéfient facilement.

110. Propriétés chimiques. — L’oxygène est éminemment propre à faire brûler les autres corps. Si l’on plonge dans une éprouvette, pleine de gaz oxygène, une allumette presque étein-

1 Voyez, à l’histoire de l’eau, des détails sur ce point.

COMBUSTIONS D^NS L'OXYGENE. 97

te, elle se rallume avec vivacité et continue à brûler avec éclat.

Ce caractère est celui auquel on a toujours recours pour reconnaître l'oxygène. Le dégagement de chaleur et de lumière est produit par la combinaison de l’oxygène avec le charbon et l’hydrogène de l'allumette.

On met d’ordinaire en évidence cette propriété de l’oxygène au moyen des corps suivants :

1° Soufre . On chauffe du soufre dans une petite coupelle en terre jusqu’à ce qu’il s’enflamme, puis on introduit cette coupelle dans un flacon à large goulot, rempli d’oxygène, aumoyen d'un fil de fer recourbé en anneau qui la soudent et qui est fixé par l’autre extrémité à un bouchon ou à une plaque de tôle reposant sur le col du flacon {fig. 29),

La combustion du soufre s’active, la flamme s’allonge et devient d'un beau bleu.

Le soufre étant un métalloïde, donne, en brûlant, un acide, l'acide sulfureux.

2° Charbon . On introduit dans un flacon plein d’oxygène un morceau de fusain ou un fragment de charbon de bois, taillé en cône dont on a enflammé la pointe; ce charbon repose sur une coupelle ou bien il est suspendu dans le vase. La combustion devient plus énergique, et le charbon disparaît en totalité au bout de quelques instants, si le flacon est assez grand.

C'est encore un acide, l’acide carbonique, qui est le résultat de cette combustion.

3° Phosphore . Les mêmes phénomènes généraux se reproduisent si l’on introduit dans l'oxygène, par le même moyen, un fragment de phosphore enflammé. Seulement, la combustion s’accompagne d'un éclat tellement vif, que l'œil le supporte avec peine {fig. 30).

Cette lumière éblouissante est due à la formation d’un acidë

solide et blanc, l'acide phosphorique, qui se répand en fu-

(Fig. 29.)

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