DE PRÉPARER L’OXYGÈNE
Il se dégage de grandes quantités d’oxygène. Lorsque la matière est épuisée, onlaissereposerleliquide : le cobalt, qui s’est changé en sesquioxyde, se précipite. On enlève la solution et on en rajoute de la nouvelle qui dégagera son oxygène en présence de l’oxyde de cobalt lequel peut servir indéfiniment. Le sesquioxyde de cobalt paraît se changer dans cette opération en un suroxyde qui se détruit au fur et à mesure de sa formation.
Ce moyen repose donc sur le môme principe que la préparation par le chlorate de potasse additionné d’une faible proportion d’oxyde étranger.
Il existe une foule d’autres moyens de préparer l’oxygène. Parmi ces divers procédés indiquons la calcination modérée des oxydes des métaux de la dernière section, tels que AgO, HgO, des suroxydes PbO2, BaO2, des nitrates RO, AzO5, NaO, AzO5; la décomposition de l’eau par le chlore et l’action de l’acide sulfurique sur le bioxyde de plomb ou sur le permanganate de potasse. Plusieurs seraient peut-être susceptibles de fournir ce gaz avec économie : telle est la calcination du sulfate de zinc, sel qui se trouve en grande quantité dans le commerce, parce qu’il est le résidu des piles de Bunsen, de Daniel , etc., et qui n’a pas encore reçu d’application. Ce corps se détruit à une température voisine de celle à laquelle se décompose le bioxyde de manganèse; il fournit dans cette circonstance de l’oxyde de zinc qui reste dans la cornue, de l’oxygène, et du gaz acide sulfureux qui pourrait être absorbé par une solution alcaline pour former du sulfite et de l’hyposulfite qui ont quelques emplois industriels.
Parmi ces moyens il en est qui reviennent à puiser l’oxygène dans l’air, ce qui leur donne un intérêt tout spécial et les rend susceptibles d’applications importantes dans l’avenir.
123. Extraction de l’oxygène de l’air. — - L’air contient des masses énormes d’oxygène simplement mélangées à l’azote, et il semble dès lors naturel d’aller chercher l'oxygène dans l’air. C’est ce qu’en effet l’on a cherché à faire; mais, malgré beaucoup d’efforts, on n’est pas encore parvenu à extraire couramment, d’une façon économique, l’oxygène de l’air, parce que
114 OXYGÈNE EXTRAIT DE l’AIR.
l’azote a des affinités tellement faibles qu’on éprouve une grande difficulté à le fixer sur un corps quelconque de façon à en débarrasser l’oxygène.
Le procédé par lequel Priestley isola l’oxygène revient, en définitive, à puiser l’oxygène dans l’air, car l’oxyde de mercure se forme en chauffant le mercure au contact de l’air. Ce procédé d’oxydation du mercure, suivi de la calcination de l’oxyde produit, est très-dispendieux, et ne peut donner que de petites quantités de gaz.
On exécute l’opération dans l’appareil suivant (fig. 36) :
124. M. Boussingault a fait connaître, il y a quelques années, un autre procédé pour l’extraction de l’oxygène de l’air.
11 est basé sur les deux réactions suivantes :
La baryte (protoxyde de barium) absorbe l’oxygène de l’air, à la température du rouge sombre, pour former le bioxyde de barium. Le bioxyde de barium régénère la baryte, quand on le chauffe au rouge vif.
L’air se trouve dans un grand flacon (fig. 37) muni d’un entonnoir à robinet par lequel on fait tomber de l’eau goutte à goutte. L’air, chassé par l’eau , se débarrasse de son acide carbonique dans une éprouvette à pied remplie de pierre ponce imbibée d’une dissolution de potasse, et il