LÉSIONS DE L’ENCÉPHALE
Nous ne pouvons songer à décrire les lésions des centres nerveux encéphaliques dans leurs détails, cette étude est à l’heure actuelle ébauchée et je vous engage à lire le beau livre de Nimier sur ce sujet.
La substance cérébrale est délicate et, de plus, il faut tenir compte du retentissement qu’ont, sur la diffusion des lésions intimes, la présence du liquide céphalorachidien et celle du sang qui remplit les vaisseaux; l’augmentation de pression du liquide des ventricules est capable de déterminer des désordres bien loin de la partie directement atteinte, les hémorragies, soit intracérébrales, soit méningées, exercent sur la pulpe cérébrale une pression qui altère les éléments nobles. Nous pouvons donc prévoir que les altérations matérielles et les désordres fonctionnels seront ordinairement hors de proportion avec ce que pourrait faire supposer une lésion en apparence circonscrite.
Si nous nous en tenons à l’examen macroscopique, nous
pouvons dire que les altérations vont en décroissant à mesure que la distance de tir augmente; à courte distance, le crâne éclate et la substance cérébrale est projetée au dehors ou, si les téguments ont résisté, elle est complètement désorganisée. Les clichés cinématographiques obtenus par Nimier montrent que la forme du crâne est, pendant la traversée du projectile profondément modifiée et que la pulpe est projetée d’abord à l’orifice d’entrée, puis à celui de sortie. Si la distance augmente, aux fractures comminutives mais sans explosion correspondent encore des lésions étendues et profondes du cerveau; après un coup à une distance plus grande encore, la destruction correspondant à un séton simple du crâne pourra être en apparence et grossièrement limitée à un trajet simple, à un séton de la substance cérébrale; mais il faut toujours tenir compte de la propagation de mouvement imprimée soit au liquide céphalorachidien, soit au cerveau lui-même, et de la possibilité de contusions indirectes du côté de la base dans un coup de la calotte et réciproquement. Dans tous les cas, le blessé est exposé à des troubles fonctionnels étendus, plus étendus que ne le ferait supposer la limitation des lésions du trajet luimême.