‹ Leçons de chirurgie de guerreChapitre 18 sur 43 · LÉSIONS DE LA POITRINE, CŒUR ET POUMONS · texte numérisé non relu

LÉSIONS DE LA POITRINE, CŒUR ET POUMONS

Lésions du cœur. — Le cœur, par le fait de son contenu liquide, est un organe dans lequel les coups de feu aux courtes distances donnent lieu à des blessures explosives, à condition que le projectile traverse la cavité remplie de sang; nous trouvons alors un orifice de sortie largement ouvert et déchiré, et un orifice d’entrée assez souvent agrandi et irrégulier. Si au contraire la paroi seule a été traversée, ou si le ventricule a été atteint à

la période de contraction, par conséquent vide de sang, nous trouvons un orifice d’entrée arrondi, régulier, inférieur au diamètre de la balle et d’autant plus inférieur à ce diamètre que la distance est plus grande, enfin une déchirure souvent étoilée à la sortie avec un trajet de dimensions minimes comme dans les muscles en général.

2° Lésions des poumons. — Le tissu pulmonaire est éminemment élastique par le fait de sa texture et par le fait de la présence de l’air dans ses alvéoles; cela suffit pour nous faire penser que les plaies de ces organes doivent présenter des diamètres minimes; c’est ce que montrent les faits. Dans tous les cas expérimentaux et dans quelques pièces de suicide ou de meurtre par coups de feu de la poitrine, nous avons trouvé les deux orifices d’entrée et de sortie ainsi que le trajet de dimensions très inférieures au diamètre du projectile. Von Goler a donné les chiffres suivants :

A 100 m., entrée 4 à 9 mm. Sortie 4 à 10 mm.

A 2000 m., entrée 3 à 6 et 8 mm. Sortie 3, 6, 8 et 10 mm.

Gomme vous le voyez, ces dimensions sont sujettes à varier dans des limites assez étendues et nous ne pouvons, pour ces plaies pulmonaires expérimentales, dresser une échelle régulière de décroissance en raison inverse de la distance; nous ne pouvons contrôler les résultats expérimentaux par des autopsies, car presque tous les blessés guérissent quand le poumon seul est atteint et dans les cas de mort par lésion cardiaque, par exemple, l’attention est bien plus attirée par l’examen du cœur que par celle du poumon. Il y a donc là une lacune à combler.

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