THÉORIE DES EFFETS EXPLOSIFS DES BALLES DE GUERRE
Les lésions explosives ne datent pas, comme on serait tenté de le croire, des derniers perfectionnements des armes à feu; on peut très bien les produire avec un fusil à âme lisse et une balle ronde à condition de tirer de très près. On avait peu prêté d’attention à ce genre de blessures jusqu’à la guerre de 1870-71, où les belligérants, en face de ces effroyables lésions, s’accusèrent réciproquement d’avoir fait usage de balles explosibles. Il fut bientôt démontré que cette accusation n’était pas justifiée et que les armes employées pouvaient, dans certaines conditions, effectuer ces délabrements. C’est alors que Busch, de Bonn, le premier, je crois, fit des expériences destinées à rechercher le mécanisme et l’explication de cette soi-disant explosion et les communiqua au congrès des chirurgiens allemands en 1873. Après lui, un grand nombre de chirurgiens, soit en Allemagnne, soit dans d’autres pays et particulièrement en Suisse, entrèrent dans la voie qu’il avait ouverte et émirent différentes hypothèses plus ou moins plausibles. Ces hypothèses, que nous allons examiner successivement, sont les suivantes :
Les phénomènes explosifs sont dus :
1. A la pénétration dans la blessure d'air atmosphérique sous pression.
2. A la projection dans les tissus par la force centrifuge de particules de plomb arrivées à la température de fusion.
3. A la rotation soit régulière soit irrégulière dont sont animés nos projectiles.