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IV. Pas des rayures et mouvement de rotation

Pas des rayures.

Longueur de la spire.

Rotation initiale.

Nombre des rotations dans la

première seconde.

Mauser

Maiiser

7mm9

Gras ....

Hmm

Lebel ....

3mm

Paravicino-Carcano

Vetterli

10mm4

Rubin-Schmidl .

7mm5

Mauser

Mauser

14mm

7mm

Espace parcouru pendant la première rotation.

54 cm.

24 cm.

Le mouvement de rotation sur leur grand axe dont sont animés les projectiles des fusils rayés, mouvement qui leur est imprimé par les rayures, varie avec le pas de ces rayures; on appelle pas des rayures la longueur suivant laquelle celles-ci décrivent un tour complet à la surface interne du canon. La vitesse de la rotation dépend de deux facteurs : la force de propulsion et le pas des rayures; avec la même force de propulsion, plus le pas des rayures est court, plus le mouvement de rotation est rapide. Or

dans les armes actuelles le pas des rayures est beaucoup plus court que dans les anciennes; il était de 0,550 mm. dans le fusil Mauser de 11 mm., il est de 0,250 mm. dans le Mauser de 7,9 mm., et de 0,240 mm. dans le Lebel. La balle Mauser de 11 mm. faisait 781 rotations dans la première seconde, celle de 7,9 mm. en fait 2660; la balle du fusil Gras en faisait 850, celle du Lebel en fait 2550; la balle Mauser de 11 mm. faisait un tour complet sur ellemême en 55 cm. à la sortie de la bouche, celle de 7,9 mm. en fait un en 24 cm. Les fusils de calibre inférieur, tels que le fusil italien de 6,5 mm., dépassent encore ces chiffres et communiquent à leur projectile un mouvement de rotation si rapide qu’à la bouche ils exécutent 3500 tours dans la première seconde. Cette rapidité du mouvement de rotation a pour effet de permettre aux projectiles réduits de vaincre plus facilement les obstacles qui pourraient les dévier dans leur course, de corriger la tendance à la bascule à laquelle leur forme allongée et la position de leur centre de gravité en arrière de leur centre de figure et leur faible masse les exposent, et de faciliter leur pénétration. La rapidité du mouvement de rotation assure donc la stabilité du projectile. Pour donner ce mouvement il faut une impulsion énergique, puisque le frottement est intense; et le mouvement de rotation est absolument nécessaire, comme le montre l’expérience; Nimier et Laval nous disent que si l’on tire une balle cylindroogivale avec un fusil à âme lisse elle ne tarde pas à prendre dans sa course un mouvement de rotation sur son petit axe et à progresser en pirouettant, ceci du fait de sa forme allongée et de la résistance de l’air. Le mouvement de rotation paraît se conserver plus longtemps que celui de propulsion; une balle morte en est encore animée, comme le démontre une expérience de von Coler.

Ce mouvement a-t-il de l’importance au point de vue des effets vulnérants, de leur intensité et de leurs carac-

tères ? Il faut avouer que nous ne sommes pas actuellement en mesure de répondre à cette question; il est évident que la rotation favorise la pénétration, mais a-t-elle une part dans la production à courte distance des phénomènes explosifs ? Gela est probable, mais nous sommes peu éclairés sur ce point.

Les mouvements anormaux dont peuvent être animés les projectiles sont, les uns primitifs et dus à quelque vice de l’arme ou de la balle, les autres secondaires et se produisent pendant la course, du fait des obstacles rencontrés et du fait aussi de la forme des balles; ce sont des mouvements de tangage, de bascule et de pirouette.

Les effets vulnérants des projectiles sont dus à la force dont ils sont animés; cette force, la force vive, pour employer l’expression consacrée en mécanique, a pour composantes, d’une part la masse du projectile, et de l’autre la vitesse dont il est animé; sa valeur se calcule par la formule :

On évalue la force vive en kilogrammètres ; un kilogrammètre représente la force nécessaire pour élever un kilogramme dans l’espace d’une seconde à un mètre de hauteur. Remarquez que d’après la formule ci-dessus l’augmentation de la vitesse a une importance bien plus grande que celle de la masse puisque dans cette formule la vitesse est au carré, ce qui n’est pas le cas pour la masse; c’est pour cette raison que la réduction de la masse de nos projectiles modernes ne les empêche pas de posséder une force vive de beaucoup supérieure à celle des anciennes balles : l’augmentation de leur vitesse compense et au delà la diminution de leur masse.

Un fait à noter c’est que, si la force vive initiale de nos projectiles a augmenté, les forces vives restantes dimi-

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