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Etats-Unis.. 5,96 » » » 1,78 » » » » 0,96 » »
Suisse 6,018 4,660 3,574 2,714 2,171 1,809 1,561 1,357 1,199 11,085 0,950 0,565 0,316
847 grammes et que la balle suisse exerce sur chaque millimètre carré de ce même but une pression égale à la force nécessaire pour élever à un mètre de hauteur dans l’espace d’une seconde un poids de 6 kilos et 18 grammes.
Le coefficient de pression doit naturellement diminuer avec la distance, et proportionnellement plus rapidement pour nos projectiles que pour les anciennes balles, ce qui n’empêche pas que, même aux grandes distances, ce coefficient est aujourd’hui bien supérieur à ce qu’il était jadis.
Telles sont. Messieurs, les principales notions qu’il est indispensable de connaître pour étudier avec fruit les effets des projectiles de guerre sur nos tissus.
Ce n’est pas tout encore, cependant; jusqu’ici je ne vous ai parlé que des balles intactes; or, il arrive assez souvent que, d’une part, d’autres corps que la balle pénètrent dans la blessure et on leur donne le nom de projectiles indirects, que, d’autre part, le projectile proprement dit, avant de faire effraction, ait été modifié dans sa forme.
Les projectiles indirects sont d’espèces très variées; la balle touchant un objet quelconque dans sa course, le sol, une muraille, une pierre, une clôture, un arbre, peut en détacher un fragment et lui communiquer une partie de sa vitesse; d’autres projectiles indirects sont empruntés à l’équipement, à l’habillement du blessé et je vous donnerai comme exemples de corps solides et résistants les fragments de verres de lunettes, les boutons d’habits, comme exemples de corps mous, les fragments de vêtements. Nous verrons plus tard quel rôle peuvent jouer ces corps étrangers indirects dans les caractères et l’évolution des blessures. Pour le moment, il me suffit de vous les signaler.
Les déformations des projectiles sont dues à la rencontre de corps résistants et cette rencontre peut se faire avant la blessure, en dehors du corps du blessé ou pendant le trajet de la balle dans les tissus; naturellement,
ces déformations modifient à la fois la figure de l’agent traumatique et, par conséquent, la forme des lésions; leur force vive et par conséquent l’intensité des désordres; la force vive est en effet diminuée par la déformation et cela de deux façons : d’abord parce que la déformation elle-même a absorbé une partie de cette force vive et ensuite parce qu’elle a agrandi la surface par rapport à la masse qui n’a pas changé, accroissant ainsi l’action des résistances et diminuant le coefficient de pression. Les déformations des balles de guerre ont été observées pour la première fois par Ledran, au commencement du XVIII® siècle; depuis cette époque, leur fréquence est devenue de plus en plus grande et cela parallèlement avec l’accroissement de la vitesse des projectiles; les dernières modifications dans la constitution des balles, l’adoption des balles cuirassées ont apporté un certain obstacle, en partie compensé, du reste, par la grande vitesse, à la production de ces déformations.
Voyons quelles sont ces déformations et quels changements se sont produits successivement dans leurs caractères.
Les balles de plomb mou, lorsqu’elles atteignent un objet résistant sous une incidence perpendiculaire, tendent à s’aplatir à leur extrémité et cet aplatissement est d’autant plus complet que la vitesse est plus grande; le plomb mou, grâce à sa ductilité, a une tendance, lorsque ses molécules sont refoulées, à s’enrouler en arrière sous forme de lamelles recourbées. Suivant la distance de tir et suivant la résistance rencontrée, ces balles sont d’abord simplement aplaties et élargies en avant, puis, l’élargissement augmentant, la partie antérieure prend la forme d’un chapeau de champignon à bords renversés en arrière, puis enfin l’aplatissement gagne la base, le plomb se dissocie en lamelles étoilées et peut ainsi se fragmenter en minces débris. Delorme a caractérisé ces défor-
mations par les termes « chapiteau, champignon et marguerite ». Si la balle, au lieu de toucher l’objet résistant perpendiculairement, le frôle latéralement, des effets analogues se produisent et aboutissent à l’aplatissement latéral, à la séparation en deux ou plusieurs fragments ou à la dissociation complète. Suivant, d’autre part, que l’obstacle rencontré est uni ou irrégulier, la balle déformée présente elle aussi une surface plus ou moins lisse ou hérissée d’aspérités; les balles en champignon après tir dans l’eau ou dans l’argile sont parfaitement lisses, celles qui sont retirées du sable, des pierres ont des formes variables présentant des creux et des saillies irrégulières.
Ce sont probablement ces déformations si faciles des balles de plomb mou qui ont fait adopter l’alliage de plomb et d’antimoine, dit plomb dur, moins sujet à cet accident et cela probablement pour des raisons tactiques; les déformations diminuent en effet la force vive, comme je vous l’ai dit, et altèrent la régularité de la trajectoire.
Les projectiles cuirassés, quoique bien plus résistants, ne sont pas à l’abri des déformations; elles se produisent encore, mais naturellement, pour les effectuer, il faut que les résistances soient plus considérables. La complexité de la construction de ces projectiles fait que des modes de déformation nouveaux peuvent se produire. Lors d’un contact perpendiculaire, l’extrémité tend à s’élargir et la balle prend alors une forme qui rappelle assez bien celle du pénis avec un gland plus ou moins renflé; l’enveloppe peut s’accommoder à la forme nouvelle sans se rompre, ou bien se fendre et laisser en quelque point le plomb à nu; à un degré plus avancé la balle est disloquée à sa partie antérieure et la cuirasse, déchirée présente des bords tranchants, le plomb est à nu et quelques parcelles ont disparu, au terme extrême, la masse centrale de plomb est dissociée en fragments et la cuirasse en lamelles contournées. Dans les touchers tangentiels, il se produit un apla-
lissement latéral plus ou moins accentué avec ou sans rupture de la cuirasse. Il est, enfin, une déformation rare et propre à ces projectiles qui est caractérisée par l’expulsion de tout le contenu tandis que la cuirasse, vidée de son noyau, est plus ou moins déformée.
Qu’il s’agisse de balles anciennes ou modernes, il va de soi que lorsque le contact ne se fait ni perpendiculairement ni tangentiellement, mais obliquement, les déformations sont en quelque sorte mixtes.
Tels sont, brièvement résumés, les différents types de déformation des projectiles de fusil.