‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 2)Chapitre 163 sur 272 · PORTION SOUS-DIAPRHAGMAT1QUE · texte numérisé non relu

PORTION SOUS-DIAPRHAGMAT1QUE

le 9 mars 4877, salle Saint-Augustin. Pas d'antécédents syphilitiques ou tuberculeux. Aucune maladie grave jusqu'à l'âge de vingt ans. A cette époque, apparurent, sans causes connues, des troubles intestinaux qui s'accentuèrent progressivement. C'était, au début, une constipation opiniâtre, des douleurs vagues dans l'abdomen, du météorisme et des gargouillements. En 1872, ces accidents s'accompagnèrent de vomissements alimentaires, puis fécaloïdes ; les selles disparurent complètement. Des purgatifs répétés eurent raison de ces symptômes ; les selles revinrent, et le malade se rétablit. Bientôt, les mêmes accidents se reproduisirent avec plus d'intensité, les vomissements devinrent plus fréquents, les douleurs plus vives, les forces diminuèrent, l'état général s'aggrava.

9 mars. — Le malade n'a pas eu de garde-robe, depuis un mois il ne rend par l'anus ni gaz, ni liquides, les vomissements fécaloïdes se succèdent à de courts intervalles. Remarquons toutefois que ces vomissements ne se sont pas produits depuis l'entrée à l'hôpital. De quart d'heure en quart d'heure surviennent des accès, caractérisés par de violentes coliques et l'apparition de tumeurs dans les fosses iliaques droite et gauche ; cette dernière est toujours plus volumineuse, plus sensible, le malade y porte instinctivement la main. Sensation de barre au-dessus de l'ombilic. La palpation ne révèle la présence d'aucune tumeur, mais détermine des gargouillements et de la douleur au niveau des saillies iliaques. La percussion donne alors une sonorité très nette. Puis surviennent des coliques, le malade croit, en vain, évacuer des garde-robes ; les coliques cessent, le calme se rétablit. En dehors de ces périodes le ventre est uniformément ballonné ; il existe des borborygmes, et la palpation ne détermine que des douleurs vagues et mal localisées. Le faciès est e aractéristique, les pommettes sont violacées ; cyanose des lèvres et des ailes du nez. Vingt-quatre heures après son entrée dans nos salles nous constatons du refroidissement des extrémités. L'examen attentif des différentes régions nous démontre qu'il n'existe pas de hernie. L'apyrexie et l'absence complète des selles écartent l'idée d'une péritonite. D'autre part, les douleurs ne sont jamais aussi marquées dans la constipation simple. Nous sommes donc en présence d'une obstruction intestinale. Reste à en déterminer la nature et le siège afin de diriger notre traitement dans une voie certaine.

10 mars. — Chloroforme. L'opération est pratiquée un peu en dedans du lieu d'élection, en prévision du cas où l'obstacle se rapprocherait du côté gauche, afin de pouvoir le reconnaître plus facilement et au besoin d'attirer en les dégageant les anses d'intestin les plus dilatées. L'événement justifia notre conduite ; en effet, dès que les parois abdominales, y compris le feuillet péritonéal, eurent été incisées, nous trouvâmes que les anses de l'intestin grêle

(Uaiont réunies par des membranes dues à une péritonite chronique. Les anses les plus rapprochées du caecum étaient vides ; il fallut les suivre jusqu'au voisinage de la ligne médiane, pour trouver les anses dilatées. Un écoulement de liquide ascitique assez abondant, les caractères des fausses membranes qui étaient plus multipliées au nnvau des anses dilatées, l'aspect des anses elles-mêmes, démontré* rent que l'obstacle était dû à une péritonite chronique ancienne et qui, à plusieurs reprises, avait empêché les intestins de fonctionner. Après avoir attiré doucement ces anses et rompu, aussi loin que possible avec l'index» les membranes qui les agglutinaient, nous attirâmes une anse dilatée, la plus basse et la plus proche de notre incision, à laquelle nous la suturâmes avec six points de fil métallique. Nous fixâmes d'abord l'intestin par deux points de suture placés aux extrémités de l'incision, Ceci fait, nous plaçâmes quatre fils métalliques dans l'intervalle ; les derniers fils passaient assez profondément à travers les tuniques intestinales et nous suivîmes d'abord en cela, les règles tracées par Nélaton. Pour passer ces fils, nous nous sommes servi de l'aiguille b mouche dont nous faisons usage depuis nombre d'années dans l'ovariotomie, la périnéoraphie, etc. L'incision de l'intestin put être faite, sans que nous soyons gêné, corara^ cela arrive quelquefois, par un jet de matières fécales. De sorte que l'opération fut faite régulièrement, et sans que le péritoine ait I souillé. Suivant son désir, après son réveil, te malade fut transpo chez lui et confié aux soins du Dr Saison. Les suites immédiates furent des plus heureuses ; le malade rendit des matières fécales par la plaie, et tous les accidents disparurent sans qu'il y eût de fièvre. Le pouls ne dépassa pas quatre-vingts pulsations, la température 38\ Dans la nuit du deuxième au troisième jour, il fut tout à coup pris d'agitation. Potion calmante prescrite pour vingt-quatre heures. Quelques heures après, le malade mourut subitement, alors que rien ne pouvait inspirer d'inquiétude.

Obs. XCCCÏX, — Imper forât ton du rectum et vice de conformait des organes génitaux. Anus contre nature artificiel. — On apporle à notre clinique du 44 décembre 1876, un enfant chélif né à terme la dernière nuit, ayant au plus le volume d'un fœtus de six à sept mois. Nous constatons une imperforation de l'anus qu'un de nos confrères a en vain cherché à vaincre à l'aide d'une incision cruciale profonde de trois centimètres. Il existe en même temps une atrophie du scrotum et de la verge* Celle-ci est le siège d'un épispadias qui s'étend jusqu'à la symphyse pubienne, elle rappelle plutôt le clitoris que Je pénis ; pas de testicules dans te scrotum. Le ventre est tendu, ballonné, douloureux. Le faciès exprime la souffrance. L'enfant pousse des cris plaintifs, il est tellement faible que nous considérons une opération entreprise dans de pareilles conditions

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