‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 2)Chapitre 172 sur 272 · Mort · texte numérisé non relu

Mort

Obs. CCCXVI. — Epispadias congénital. Première tentative dautoplastie en 1874, répétée ensuite plusieurs fois. Succès partiel. Nouvelle opération. Succès complet. — Pilate (Ferdinand), vingt-quatre ans, cultivateur, entre le 18 juillet 1877, salle Saint-Augustin.

Il est atteint d'un epispadias congénital, auquel il ne chercha à remédier par aucun traitement, jusqu'à l'âge de vingtetun ans. A cette époque, la difformité se présentait, avec les caractères suivants : scrotum peu développé, mais complet ; les testicules occupant leur situation normale sont légèrement atrophiés, ils ont le volume d'une noix de moyenne grosseur. A l'état de flaccidité, la verge fait défaut; le gland, qui a un volume a peu près normal, est situé immédiatement au-dessous du pubis, au centre d'une dépression infundibuliforme, de telle sorte que sa partie la plus saillante fait à peine relief au-dessus des téguments voisins. Il est divisé sur toute l'étendue de sa face dorsale, et cette division se continue au-dessous de la symphyse pubienne jusqu'à la vessie. Il suit de cette disposition, que le canal de l'urèthre, très court et réduit à sa paroi inférieure, est étalé, et que l'urine s'écoule goutte à goutte au dehors. Le prépuce est représenté par un simple vestige qui répond au frein. Au moment de l'érection, le gland s'allonge et sort de 5 à 6 centimètres. Il s'agissait d'un epispadias complet, sans exstrophie de la vessie.

En décembre 1874, le malade entra dans le service de M. L. Labbé où l'on fit d'abord la suture de la face dorsale du gland, à l'aide de trois épingles ; cette première opération réussit complètement. Restait une division répondant à la racine de la verge, que l'on essaya ensuite de combler par le procédé de Nélaton (lambeau transversal taillé sur le scrotum, au-dessous du gland, dissection de ce lambeau, sa transplantation sur la face dorsale de la verge et sur les p*

ar

ORGANES GEMTO-UÏUÏUIHES.

latérales préalablement avivées). Cette seconde tentative fut moins heureuse, et le résultat était peu différent de celui que nous voyons aujourd'hui; plusieurs orifices béants restaient au-dessus de la verge: néanmoins les rapports sexuels devinrent possibles mais au moment de l'éjaculation le sperme sortait par la fistule pénienne. Un antre chirurgien parvint, en janvier dernier» à oblitérer Tune de ces fistules.

{& juillet. — Au-dessous du gland, bride cicatricielle transversale. correspondant aulatnbeau qui a été pris et attiré au-dessus du gland. Vaste épi&padias qui s'étend du gland à la vessie et au-devant duquel flotte ce lambeau qui adhère à gauche aux bords de l'épi spadi» qu'il limite de ce côté, tandis qu'à droite, nous voyons, au-dessous rîii lambeau, le canal de l'urëtbre largement ouvert, à travers un orifice irrégulièrement arrondi de 3 centimètres de diamètre. Cet oriJk* est limité supérieurement et sur les côtés par le bord inférieur da lambeau lui-même ; intérieurement par le gland, Outre cet orifice principal, on en retrouve sur le côté gauche deux autres plus petits. Lorsque l'urine s'écoule» elle passe largement au-dessous du lambeau à travers ce triple hiatus. Quant au gland, il est relativement bien conformé et contient une portion du canal uréthral longue de2 centimètres, fermée, et assez large pour admettre une sonde de moyen calibre. Entre le gland et le scrotum, on voit une petite portion de prépuce, correspondant au frein, qui avait été conservé, h portion supérieure du prépuce faisant défaut, depuis la naissance. Mais ce qui attire surtout l'attention, c'est l'épispadias.

28. — Chloroforme. Nous avivons largement les bords des orifices fistuleux, et nous faisons en même temps un avivement oblique et large au-dessus du bord postérieur du gland, de façon que nous avons une surface saignante circulaire, très étendue et très propre à l'adhésion. Pendant que nous faisons l'avivement du gland, nous avons soin de ne pas comprendre l'urèthre ; dans l'avivement nous avivons les bords del'urèthre en arrière du gland, de façon! ce que surtout en ce point l'adhésion consécutive puisse être favorable et solide. Ceci fait, nous passons 9 points de suture. 6 profonds traversent les parties avivées, aussi près que possible des bords de la lèvre profonde dès surfaces avivées, afin que celles-ci s'adossent aussi exactement que possible, à la manière d'un pont, au-dessus du nouveau canal. Les 3 autres points du suture sont destinés au contraire à rapprocher aussi exactement que possible les lèvres superficielles de l'avivement, qui correspondent aux téguments externes. Ces sutures sont à anses séparées, très rapprochées l'une de l'autre et faites avec des anses métalliques que nous tordons avec soin» Pour passer ces fils, nous nous servons de notre aiguille à manche 'qui donne autant de régularité que possible et abrège considérable-

VERGE ET SES ENVELOPPES. 61 i

ment le manuel opératoire. L'opération terminée, nous introduisons dans la vessie une sonde à demeure afin d'éviter que l'urine baigne la plaie.

29. — Le malade a eu cette nuit des érections qui ont chassé la sonde. Nous la replaçons. TM = 37°,8. P = 86 ST =39°.

30. — Nouvelles érections, la sonde n'a pu rester en place. TM = 37°,4. S =37°,8. P =86. Appétit. Sommeil.

31. — T. et P. normaux. Nous pouvons constater que l'émission de l'urine est volontaire ; pendant la miction le liquide semble passer entièrement parle canal artificiel que nous avons formé.

5 août. — Nous enlevons six fils. L'urine s'écoule toujours par le canal.

10. — Un petit abcès s'est formé sur la droite de la symphyse pubienne. Application d'un cataplasme très étroit sur la partie en* flammée.

11. — Issue d'une faible quantité de pus. L'abcès est superficiel et ne communique pas avec le canal de l'urèthre. L'urine ne passe pas par l'ouverture de l'abcès ; on enlève les derniers fils.

12. — La cicatrisation est complète, mais l'urine suinte par un orifice imperceptible situé sur la gauche entre la couronne du gland et la peau.

18. — Le malade quitte l'hôpital. Il reviendra dans quelque temps afin que nous puissions fermer le dernier orifice anormal par lequel s'écoule l'urine au moment de la miction.

Le malade rentre le ior décembre 77, dans notre service. La petite fistule persiste toujours au côté gauche entre le gland et le prépuce.

Ier décembre. — Chloroforme. Avivement large des bords de la fistule. Adossement des surfaces cruentées et réunion à l'aide de cinq points de suture métallique. On introduit une sonde dans la vessie, afin de soustraire la plaie au contact de l'urine. Pas d'accidents consécutifs. Réunion sans suppuration. Le treizième jour, on enlève les fils. L'urine s'écoule entièrement par l'urèthre, réparation intégrale. Depuis un mois le malade rendait par l'urèthre de petits graviers que l'analyse chimique démontra être des phosphates. L'usage des boissons alcalines soulagea beaucoup le malade qui, dans les derniers temps de son séjour à l'hôpital, n'en rendait presque plus. On lui conseilla d'en continuer l'usage chez lui.

19 décembre. — Quitte l'hôpital.

Obs. CCCXVII. — Pa/tillome verruqueux du gland. Excision. Guérison. — Pinel (Lucien) vingt-quatre ans, tailleur sur cristaux, entre le 3 août 1877, salle Sainte-Marthe, 9. Malade robuste, sans antécédents pathologiques.

Il y a cinq mois, sans cause connue, le malade a vu apparaître au-

6fS ORGAHES GÉMTO-UBIffAlMS.

tour dû gland de petites production» qu'il compare justement à des verrues. Leur nombre et leur volume ont augmenté progressivement Il n'a jamais eu de chancre ni d'écorchure; pas d'écoulement biennorrhagique.

Sur le pénis, à sa Base et dans là gouttière balano-préputiale, on Hrduve une dizaine de petites productions verruqueuses pédiculées, à bords dentelés, découpés ; leur tissu rosé parait chagriné. Ces petites tumeurs varient de volume ; lies plus grosses ont celui d'un haricot. Mes sont aplaties entre le prépuce et le gland, rosées comme la muqueuse sur laquelle elles s'implantent. Nulle part de traces de cicatrices de chancre, ou d'ulcération. Le gland est difficilement mis & découvert & cause d'un phimosis congénital : smegma préputial en arrièredu gland. Absence de douleurs et d'adénite inguinale.

M. — Bxcisionet cautérisation au nitrate d'argent. Le malade quitte le service le 8 août.

Oto. GGCXVÏIÏ. — Cancer de la verge. Ablation à taide du thermocautère. Guériton. — Haguette (Jean), quarante-quatre ans, ancien notaire, entre le 31 mars 1877, salle Sainte-Marthe, 12. Forte constitution. Pas d'antécédents héréditaires ou pathologiques, ni scroftale, ni syphilis. Il y a six ans, il remarqua sur la surface du gland des végétations qui gagnèrent de proche en proche, s'ulcérèrent et s'étendirent au prépuce. La surface de l'ulcération était Je siège d'un suintement ichoreux fétide, et le malade ressentait en ce point des élancements douloureux. Bientôt le prépuce et le gland fUrent détruits en totalité, l'ulcération s'étendit alors aux corps caverneux et spongieux, et poursuivit sa marche pendant que l'état général s'affaiblissait ; les forces diminuaient de jour en jour, les téguments prenaient une teinte jaunâtre subictérique, l'anémie était extrême, les muqueuses pâles et décolorées, et le malade exhalait une odeur infecte. Néanmoins l'ulcération n'a jamais été le siège de véritables douleurs.

21 mars. — Les symptômes généraux se sont encore aggravés, il y a de l'œdème des extrémités et l'anasarque est à craindre, si Ton n'intervient rapidement. Quant aux désordres locaux, ils sont des plus graves. La verge est détruite en totalité ; & sa place on observe une vaste ulcération, excavée en forme de coupe, qui a commencé & envahir inférieurement le scrotum au niveau du raphé médian, ce qui donne & la région l'aspect d'une vulve ; elle a gagné, supérieurement, le pubis, et s'étend de ce côté jusqu'au voisinage du bord supérieur de la symphyse ; latéralement elle reste distante de un demicentimètre des oriQces externes des anneaux et des cordons. Les bords sont irréguliers, festonnés, taillés à pic et recouverts de fongosités saignantes ; ils reposent sur une base légèrement indurée. La surface présente de grosses végétations, plus volumineuses à droite

VERGE «ï SIS EKVKLOfHft- *ft*

qu'à gauche, et des anfractuosités d'étendue variable , tewsjuy yu* profondes au niveau de l'urèthre et des corps earemrax, eut *uj jw parties latérales. Toute cette surface est recouTerte <f ui* trjwà* ut détritus grisâtres puriformes, mélangés à un liquide idktmrs Ui* abondant. La miction s'effectue normalement, mais le jet d'en» «rt moins puissant, et quelques gouttes, s'écoulant toujours sur les \sjqsses, ont déterminé un peu d'éry thème. Il est facile de reconnaître <\wt les testicules, les canaux déférents et les plexus parapiniformes ne sont pas adhérents au tissu morbide, et ont conservé leurconriftaiK* normale ; mais ces organes sont tellement rapprochés, qu'il serait téméraire d'avancer qu'ils ne sont pas envahis en partie. Un fait remarquable, que nous avons déjà eu occasion d'observer plusieurs fois, c'est que les ganglions qui reçoivent ces lymphatiques de la région, ne sont pas envahis, malgré la période avancée de l'affection. 14 avril. — Chloroforme. Nous traçons les limites de l'opération, par une incision faite au moyen de cet instrument. Nous enlevons dans un premier temps la plus grande partie de la tumeur afin de mieux poursuivre les prolongements profonds ; l'un d'eux s'étendant dans la direction du testicule gauche, nous faisons l'ablation de cette glande. L'opération terminée, une sonde est introduite dans le canal de l'urèthre, et l'on fait un pansement alcoolisé cornpressif. Grâce aux soins que nous avons pris, d'opérer avec lenteur et de ne pas porter notre instrument à une température trop élevée, nous avons pu faire l'ablation des tissus morbides, sans hémorragie. Les suites de l'opération furent des plus simples, et la cicatrisation s'effectua, comme dans les cas de plaie simple, mais avec une grande lenteur. Un des premiers bénéfices de l'opération fat 'de débarrasser le malade de l'odeur infecte qu'il répandait. Dès le quatrième jour la suppuration s'établit franchement, elle resta tiès abondante pendant une dizaine de jours ; le pus était crémeux, épais, de bonne nature ; puis la suppuration se tarit progressivement ; le vingtième jour après l'opération on commença à réprimer sur les parties latérales de gros bourgeons charnus exubérants; la surface de la plaie était alors rosée et de bel aspect. Pendant toute la durée du travail cicatriciel nous n'eûmes à redouter aucune hémorragie. L'état général s'améliora de jour en jour ; les forces revinrent, l'œdème des membres inférieurs disparut et le malade commença à se lever à la fin du premier mois. Jamais la température ne dépassa 37%6. Deux mois après l'opération, le 13 juin 1877, le malade retourna chez lui, il ne restait plus qu'une plaie insignifiante.

ORGANES GÉNtTO-UiUÏUiRES.

VESSIE ET PROSTATE

Obs. CCCX1X* — Fistule recto-véskale consécutive à la taille* A vivement des bords. Suture. Succès partiel. Phtkisie galopante. Mort, — Robalin (Camille)» trente ans, tapissier, entre le 29 juillet 1878, salle Sainte- Marthe, 8.

Pas d'hérédité, pas de maladies graves dans l'extrême enfance. Plus tard il éprouve des troubles de la miction : ténesme vésical. envies fréquentes d'uriner sans poîyurîe, interruption brusque du jet pendant l'émission de l'urine, hématuries légères ; douleurs soi profondes au niveau de la région hypogastrique, sensation de pesanteur au périnée, picotement au niveau du méat. À Fâge de quatorze ans la malade alla consulter Maîsonneuve, qui constata la présence d'un calcul vésical volumineux et pratiqua la taille rectale. Le calcul avait la forme et le volume d'une grosse noix, sa su était granuleuse. Le malade garda le lit environ quatre mois et pot reprendre sa vie habituelle. Maïs il conserva depuis l'opération nue fistule reclo-vésicale par laquelle il perd la plus grande partie de se» urines, quelques gouttes seulement sortent parle canal, A l'âge de vingt ans il retourna voir M. Maisonneuve dans le but d'obtenir la guérison de la fistule. On fit à cette époque quelques tentatives, sur lesquelles le malade ne put donner de renseignements précis et qui tendaient, dit-il, à obtenir la dilatation du rectum, mais la fistule ne fut pas opérée. Le contact continuel de l'urine avec les tégumen pourtour de l'anus provoque un érythème et de petites excorifctiûfil très douloureuses, entretenus en outre par la production de dépQi calcaires. Le mode dévie spécial que nécessite son infirmité, les précautions dont il est obligé de s'entourer ont amené un changement <!u caractère. Ce malade est devenu triste, sombre, mélancolique, table. L'anémie est survenue ; il a peu à'peu maigri et perdu ses forces. Troubles des fonctions digestives, dyspepsie, aigreurs, flatulences, nausées fréquentes, alternatives de constipation et de diarrhée. Il vient nous prier de remédier à ses souffrances.

TA juillet. — La plus grande partie des urines est expulsée parle rectum, néanmoins cette miction rectale s'effectue dans de certaines limites sous l'influence de la volonté et par le mécanisme de la défécation. Lorsque le malade est obligé de retenir ses gaz, il hpénétrer dans la vessie, néanmoins il n'en a jamais rendu par Turèthre. Le toucher rectal démontre que le sphincter de l'anus est cou-

chagriné, en peau d'orange, que prennent ceux-ci. La mamelle

déplace en masse à la surface du muscle pectoral, La pression

re [>as la douleur. Rien dans les ganglions axiîlaires.

ècembre. — Chloroforme. Nous faisons à la surface du sein une

a elliptique qui comprend du même coup le tissu cellulaire

Bous- cutané, puis nous enlevons largement, par voie de dissection,

la tumeur, les tissus qui l'enveloppent et la peau qui la recouvre.

terminée, nous faisons ïi l'angle externe de la perte de

substance une incision destinée à faciliter l'écoulement des liquider

(ct l'introduction d'une mèche de charpie alcoolisée. La richesse du ipeux chez celle malade nous permet de rapprocher sansllement les lèvres de la plaie et de les réunir dans leurs deux tiers internes à l'aide de 6 [ils métalliques. De 8 pinces hémostatiques Placées sur les vaisseaux pendant l'opération, 2 seulement sont laissées pendant 21 heures.

Pansement alcoolisé et ouaté compressif. Sur une coupe; la tu* meur est formée de tractus blanchâtres, d'aspect fibreux, qui rayonnent du mamelon vers la masse de parenchyme mammaire.

— TM =38°. S 38°,4. P = HO. Quelques nausées dues au

chloroforme. On enlève les pinces. Pansement alcoolisé phéniqué et

tté compressif. Des injections sont faites dans la plaie à t'aide d'un

P tube à drainage.

24. — TM c=s 37°, 4. S 37%8. P = 96. Même pansement ; sueurs nocturnes abondantes.

25. — TM = VI* fi. S = 38. P = 100. On enlève 2 fils. — Môme pansement.

$G. TM — 37*,4. S 38°* P = 102. On enlève les derniers flls ; réunion pif première intention du tiers supérieur de la plaie.

28 décembre. — Température et pouls normaux. Petite foyers purulents au niveau des piqûres d'épingles, suppuration 1res mu* déi

2 janvier 1878. — La cicatrisation est très avancée, on enlève le tube à drainage.

18. — Petits frissons répétés; malaise général ; douleur au niveau delà pluie.

Rougeur erysipélateuse aupourtourdelaplaic. — La malade passe dans nos salles d'isolement. Badigeoii&age avec térébenthine collodionnée* Guérisonau bout de trois semaines.

Obs. GDXXVÏ. — Sçutrrhe du sein gauche. Ablation. — Jacquelin (Césanne), trente-cinq ans, papetier*, entre le 18 janvier 1878, salle Sainte M trthe,n°48. Sa inere est morte à soixante-sept ans; ses deux sœurs, lune a vingt et un, l'autre à vingt-neuf ans, de phtisie. Lymphatisme. Pas de tuberculose. Variole à deux ans. Fièvre typhoïde ;\ seiie ans. Scarlatine et angine scarlalineuse à vingt-deux ans. Rhu-

Gt6

beaucoup d'attention, pour que les fils soient placés régulièrement et n'aient pas trop de tendance à sectionner les bords avivés* Douze points de suture sont appliqués ; les extrémités libres des fils sont attirées au dehors et maintenues par le procédé que nous employons dans la fistule vésieo-vaginale. Avant d'aviver et de suturer la plaie, nous avons pris soin d'introduire une sonde d'assez fort calibre, coupée transversalement aux deux bouts, et qui soit Facile à renouveler plus tard à l'aide d'un mandrin conducteur. Cette précaution est nécessaire pour ne pas exposer pendant la manœuvre du cathétérisme à engager le bout de la sonde entre les lèvres de la fistulr. L'extrémité libre de cette sonde est maintenue comme à l'ordinaire autour du gland»

A partir de l'opération, le malade éprouve un bien-ôtre plus grand que nous ne l'eussions supposé* 11 affirme que la nuit suivante il put dormir, ce qui ne lui était pas arrivé depuis le jour de sa première opération. Il ressent du côté du rectum un calme complet. Pendant les huit premiers jours la température ne dépassa pas 38°, 6, ensuite elle fut normale. Les fils furent enlevés les quatorzième etquinzième jours, la réunion était complète et le malade urinait exclusivement par la sonde. Du dix-huitième au vingt et unième jour il eut de la diarrMe, que Ton arrêta par remploi du bismuth. Le Yingt-cinquième joor quelques gouttes d'urine commencèrent à s'échapper par le rectum, une petite déchirure s'était produite au côté gauche de la cicatrice. Malgré les tentatives que Ton fit pour obtenir la cicatrisation à I des cautérisations avec le nitrate d'argent, une fistulette persista, la fin de septembre un de nos collègues des hôpitaux tenta, pendant notre absence, l'avivement et la suture des bords de la fistule. Nous nous promettions, nous-môme, de fermer la fistule lorsque le I modulaire serait vascularisé, lorsque nous vîmes débuter et évoluer sous nos yeux une tuberculose pulmonaire, qui emporta le malade, le 27 novembre 1878.

Obs. CCCXX. — Abcès de ta prostate ouvert spontanément à la suite d'un cathéter isme. — Vanexter (Lambert), vingt-sept ans, ferh tier, entre le 30 octobre 1877, salle Sainte-Marthe, 1. Malade ayant contracté une blennorrhagie il y a deux mois. 11 se plaint de leurs vives dans la région périnéale, mais il entre à l'hôpital po' une rétention d'urine datant de quarante-huit heures. Toute région hypogastrique est occupée parla vessie distendue qui remon à trois travers de doigt au-dessous de l'ombilic. Matité dans toulr cette région. On pratique immédiatement le cathétérisme avec u sonde de trousse. L'instrument pénètre dans lavessieaprès un insta d'arrêt au niveau de la région prostatique et l'urine s'écoule facil ment. La vessie une fois vidée, on retire la soude et c'est en la n tirant que le bec de celle-ci se trouve porté vers la prostate et i mine-

ur

VESSIE ET PROSTATE. 617

diatement s'écoule un flot de pus. La présence d'un abcès prostatique expliquait la rétention d'urine.

Le malade quitte le service trois jours après. L'urèthre donnait encore passage à quelques gouttes de muco-pus. Les douleurs avaient disparu. Le malade devra suivre chez lui un traitement pour sa biennorrhagie.

Obs. GCGXXI. — Cancer primitif de la prostate propagé au col ou au bas-fond de la vessie. État cachectique. — [Fouillet (Jean), soixante-deux ans, scieur de long, entre le 8 juin 1877, salle Sainte-Marthe, 4. Pas d'antécédents héréditaires. Alcoolique. 11 y a six mois deux hématuries assez abondantes en une semaine sans cause connue. Depuis cette époque, il éprouvait presque continuellement un sentiment de pesanteur dans le bas-ventre. Il eut une trentaine d'hématuries après chacune desquelles il éprouvait un soulagement sensible. Il a pu continuer son travail jusqu'au mois dernier. Mais depuis cette époque il a considérablement maigri, et a perdu ses forces.

8 juin. — Apparence cachectique.'Peau couleur feuille morte. Fièvre le soir ; délire nocturne. Rétrécissement uréthral siégeant & 13 centimètres du méat, laissant pénétrer la sonde n. 9. Sentiment de gêne, de pesanteur dans le bas-ventre. Ténesme vésical. Urines boueuses, fétides, contenant du sang et des globules de pus. La quantité expulsée en vingt-quatre heures est à peu près normale. Pour 500 grammes de liquide il y a 39 grammes de dépôt purulent et sanguin. Par le cathétérisme il est impossible de sentir la présence d'une tumeur quelconque dans la vessie. La sonde accuse seulement des colonnes très prononcées et comme un épaississement de la muqueuse. Le toucher rectal révèle une hypertrophie de la prostate qui est dure, marronnée. État général mauvais, amaigrissement. Rien dans les ganglions. Traitement palliatif.

i3 juillet. — Le malade quitte le service sur sa demande, dans le même état.

Obs. GCCXXII. — Rétention cT urine. Hypertrophie de la prostate. Fausse route. Ponction de la vessie. Cathétérisme possible à la suite. Urémie. Mort. — Autopsie : Hypertrophie prostatique. Pyélonéphrite suppurée du côté gauche. — Cotter (Paul), soixante-quinze ans, cordonnier, entre le 16 mai 1877, salle Saint-Augustin, 79.

Ce vieillard est arrivé à l'hôpital presque sans connaissance. Il n'a pas uriné depuis deux jours. Un médecin a essayé de le sonder hier soir, mais sans succès. Il est sorti du sang par le méat après la tentative.

16 mai. — Après avoir exploré le rectum et constaté une hypertrophie considérable de la prostate, on tente le cathétérisme avec une grosse sonde molle en caoutchouc rouge. La sonde ne pénètre pas et s'engage dans la fausse route. On cesse toute tenta-

G(8 ORGANES GÉNÏTChURIN AIRES.

tive, et Ton donne un grand bain d'une heure au malade. Le bain m produit pas de résultai. Le soir, à la contre-visite, le malade est dans un état de semi-coma. Il se plaint continuellement de son ventre, La vessie est très volumineuse. Du pubis, la ligue de matité remonte jusqu'à l'ombilic; la ponction de la vessie reconnue nécessaire esl pratiquée au-dessus du pubis avec un trocarl capillaire de l'appareil Potain, L'aspiration donne deux litres de liquide sanguinolent et ammoniacal. Les gouttes d'urine qui s'écoulent sont louches et d'aspect purulent.

17, — Une nouvelle tentative de cathétérisme avec la sonde m caoutchouc rouge réussit pleinement II s'écoule deux litres d'urine ammoniacale. Le soir on sonde de nouveau le malade.

18. — Mémo état. Le malade est sondé deux fois par jour. Incontinence des matières fécales,

19-23. — Les jours suivants l'état général s'aggrave, la langue» dessèche, le coma se prononce de plus en plus. L'urine est toujours très ammoniacale.

24, — Mort à dix heures du matin*

Àutûpsie. — Yingt- quatre heures après la mort. La v< remplie de liquide ammoniacal, épais et louche. On enlève semble la vessie» la prostate, la verge et le rectum par la diriiioo de la symphyse pubienne. Puis le canal de Furèthre étant fendu sur la partie médiane, on constate que la prostate est fortement hypertrophiée, Le lobe médian fait une saillie anguleuse à l'embouchure du canal. Les deux lobes latéraux ont chacun le volume d'un œuf. Le verumontanum n'est pas très marqué. L'embouchure des canaux déférents est peu apparente. La surface interne de la vessie, presque normale, est seulement un peu décolorée.

Le rein gauche est altéré. Sa surface externe est noirâtre et entremêlée de points grisâtres, mous au toucher, À la coupe, le tissu est ramolli. On trouve disséminés dans la substance corticale de petib abcès. Le pus se fait jour dans les calices et les bassinets. En résuma pyélonépbrile du rein gauche.

Le rein droit ne présente pas de traces de suppuration. On y trouve simplement, disséminés dans la substance corticale, de petits pointe grisâtres qui ressemblent à des tubercules.

Thorax. — Les deux poumons sont retenus par des adhérences à h paroi thoracique au niveaude leurs sommets. On y trouve des tubercules crétacés sans excavation avec un tissu pulmonaire indu ré et noirâtre tout autour. Pas de congestion pulmonaire* Le foie ramolli. Il n'y i rien sur la rate. Le cœur paraît sain en dehors de quelques plaque* alhéromateuses disséminées sur l'endocarde. De même la surface interne de l'aorte est parsemée de plaques jaunes, dont quelquesunes calcaires, Le grand sinus de l'aorte est très développé.

URÈTHRB. 619

Obs. GGCXXUI. — Rétrécissement inflammatoire. Dilatation progressive. — Perrin (Eugène), trente-quatre ans, cuisinier, entre le 29 mars 1878, salle Saint-Augustin 4. Homme assez chétif mais n'ayant jamais été malade.

En 4857, une blennorrhagie qui a duré deux ans et pour laquelle il n'a fait aucun traitement. Trois ans après il éprouva une sorte de gêne pour uriner. Le jet beaucoup plus mince était projeté moins loin. Pas de douleur pendant la miction, mais quelques démangeaisons et souvent une sensation de cuisson au bout du méat. Cinq ou six mois après le début, il éprouvait des douleurs dans les reins qui quelquefois s'irradiaient dans tout l'abdomen. Il habitait alors Nîmes et se rendit à l'hôpital de cette ville. Pendant son séjour cathétérisme en commençant par le n° 4, et l'on arriva progressivement à introduire le n° 12.

Le jet d'urine était devenu plus fort, et cette sensation de cuisson, de môme que le prurit que le malade ressentait au bout de la verge, avaient disparu.

Cette presque guérison dura sept mois, mais le malade négligea de se sonder comme on le lui avait prescrit, et bientôt il éprouvait une nouvelle difficulté pour pisser.

Voyant que le jet devenait de plus en plus filiforme, il entre à l'hôpital de Lille, où il habitait à cette époque.

La première sonde qu'on introduisit fut le n°5, et on parvint peu & peu à passer le n° 13.

Se sentant mieux, le malade demanda sa sortie et pendant près d'une année se sonda chez lui.

Jusqu'à il y a trois ans, la miction a été presque normale ; puis & cette époque, sans avoir fait d'excès d'aucune sorte, sans avoir travaillé outre mesure, il ressentit dans les lombes de violentes douleurs qui revenaient presque tous les deux jours; en même temps, il était obligé de faire quelques efforts pour évacuer le liquide qui n'allait pas à plus de 15 centimètres au delà des pieds. Un prurit insupportable au bout de la verge, et un sentiment de brûlure pendant le passage de l'urine, mais surtout après. Jusqu'à la fin de mars de cette année, il n'a pas suivi de traitement. *

La première fois, on emploie la sonde n° 5 qui ne s'engage pas à plus de 10 centimètres du méat. Retirée, onintrodv 1,

6*0 ORGANES GÉMTO-U BINAIRES.

qu'on finit par faire franchir, après de lentes tentatives, dans le rétrécissement qni siège à 40 à IS centimètres du méat. Jamais de sang dans les urines, qni à la vue paraissent normales. Dilatât» progressive pendant 3 semaines; on commence par le n» 4, et os arrive an n* 12.

Obs. CGCXXIV. — Rétrécissement inflammatoire. Dilatation progressif — Lansquenet (Auguste), trente-six ans, tabletier, entre le S Jantisr 1878, salle Saint- Augustin, 11.

U y a trois ans, blennorrhagie qui n'est traitée que six après le début par des injections de vin aromatique. Trois après, guérison complète. Quatre mois plus tard, chancre dont on voit aujourd'hui la cicatrice un peu à droite du ftem il la verge. Entre à l'hôpital du Midi (service de M. le D* Plaques muqueuses dans la gorge, aux commissures de à Fanas. Croûtes dans les cheveux et chute de ces par places. Guérison après un traitement spécifique mois. U y a un an, le malade, qui jusqu'alors avait très 1 ressentit pendant son travail un pressant besoin de miction* ' ci* fût longue, difficile, douloureuse, le jet très petit, lors préoccupait pas de son état lorsqu'il y a deux mois le jet devis!* plus en plus faible. Mais la douleur et ce sentiment de eniasoa fil éprouvait auparavant avaient disparu.

3 janvier. — On introduit successivement les sondes n~ J, 4, 5, 6, 7, qui glissent facilement le long du canal. La sonde n* 8 introduite alors est arrêtée au niveau de la portion membraneuse; tontefois, après quelques minutes, on parvient à franchir le rétrécissement. Bain.

4. — Les not 9, 10, franchissent facilement; le n° 11 franchit également, mais est un peu serré. Le malade n'urine plus gouttai goutte, mais le jet tombe à 2 centimètres à peine des pieds. Sensation de brûlure après qu'on retire la sonde qu'il garde deux heures. — Bain.

5. — On passe le n° 12. Le jet d'urine est lancé un peu plus loin, et le malade a besoin de faire très peu d'efforts.

6. — Sonde n° 13 passe, mais elle est tellement serrée qu'on introduit de nouveau le n° 12. Le jet d'urine est le même.

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