‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 2)Chapitre 188 sur 272 · Mort le matin · texte numérisé non relu

Mort le matin

Autopsie trente-deux heures après la mort. — A l'ouverture

de l'abdomen, adhérences de la face profonde de la paroi abdominale avec la tumeur; ces adhérences se détachent facilement. II y t une certaine quantité de liquide roussâtre dans le péritoine, entre la tumeur et la paroi.

Adhérences de la tumeur avec le mésentère, avec l'intestin grêle et

de 3 centimètres d'étendue, circonscrit par l'ulcération. À la inférieure delà tumeur, près de lalïgne médiane» on voit quel- Uots recouverts de pellicules cicatricielles.

bords sont indurés, légèrement saillants, surmontés d'un li-

transparent. (leclîlignes dans le sens vertical de chaque côté de

»n, ils sont festonnés supérieurement et inférieurement, au

au du prolongement que nous avons signalé au-dessous du ma-

on gauche.

La peau qui recouvre les régions voisines est le siège d'un éry-

èroe diffus, mats on ne remarque dans son épaisseur, nî veines

léesnj capillaires de nouvelle formation. La palpalion permet de

onnaitre que la tumeur repose sur une base indurée, que l'indu-

n se limite à retendue de la surface ulcérée. On déplace 18861

ment la tumeur au niveau du muscle pectoral gauche, et du

Ion correspondant, mais elle est adhérente au niveau du

urn. Le mal parait exactement limité aux parties ulcérées; rien

les ganglions.

Le mode d'apparition de la tumeur, son évolution, ses caractères,

montrent nettement que nous avons affaire à un cancroïde. L'abla-

on est évidemment indiquée. Si 1* ulcération ne s'étend p;is au-

elà de la couche musculaire, nous nous contenterons d'enlever

e-ci en même temps que les couches morbides. Si le périoste qui

ivre le sternum est également envahi, il e^t à craindre que déjà

ujes éléments épithéliaux aient suivi les canaux de Havers, et

ans ce cas, nous serons obligé de réséquer la surface du sternum,

i ménageant, autant que possible» la lame compacte» qui nous

pare du médïastin antérieur. Il est impossible de trancher à l'avance

question, Ja dissection seule permettra de reconnaître à quelle

irofondeur s'étend la production maligne. Il semble, au premier

bord, que pour une ulcération de cette nature, aussi bien circons-

rite, l'application d'une couche de caustique de Ganquoïn sutlirait

w>ur détruire le mal en mettant plus sûrement à l'abri des hémor-

t de l'érysipèle. Les raisons que nous venons de donner

daident au contraire en faveur de l'instrument tranchant. Lui seul

ous permettra de tracer les limites du mal, non seulement vora sa

périphérie, mais surtout vers sa face profonde* Rien d'ailleurs ne

nous empêche, comme nous le Faisons souvent dans les cas de ce

genre, une fois l'ablation terminée, d'appliquer une couche légère

de ce caustique sur toute l'étendue de la plaie, et plus spécialement

au niveau des points où le fond de l'ulcération aurait présenté des

adhérences suspectes.

17 man. — Chloroforme. L'opération conduite d'après tes prin-

- précédents fut exécutée rapidement, sans que le \irilhrd

eût perdu du sang, Six pinces hémostatiques suffirent à ceteflet.

Ml ORGANES GÉNITO-U BINAIRES.

A son entrée dans le service, on constate l'état suivant : veste volumineux, uniformément développé» mesurant au niveau del'oebilic 0,99 centimètres de circonférence. L'état général parait satisfaisant; la malade accuse de la dyspnée et quelques douleurs abdo» nales qui sont apparues il y a un mois ; névralgies intercostales. In pieds sont continuellement froids, mais les jambes n'ont jamais* gonflées. Pas de ganglions engorgés; les organes thoradques napt sentent rien de particulier. La malade manque d'appétit ; par k piper abdominal il est difficile de se rendre compte de la nature es tumeurs. Fluctuation manifeste ; matité dans toute la région abfcminale excepté à deux travers de doigt au-dessus de l'ombilic «Il existe un petit espace sonore. Par le toucher vaginal, l'utérus mbble un peu relevé, légèrement en antéversion, le col est entrateéè côté gauche.

Ponction le 29 juin, du côté droit de l'abdomen qui parait le pi» franchement fluctuant. On retiré 17 litres d'un liquide un peu sojanolent, couleur chocolat foncé. Après la ponction il est fkcile de reconnaître à gauche de l'abdomen plusieurs tumeurs solides au nabi* de 7 ou 8, variant de volume depuis la grosseur d'un marnai celle d9un œuf de dinde. Ces tumeurs sont arrondies, bosselées, tri* mobiles et douloureuses à la pression. L'utérus garde les mêmes n ports après qu'avant la ponction. La malade ressent immédiates* un grand soulagement; la respiration devient plus facile. Le pis*» ment est fait avec les précautions usitées en pareil cas : pas de complications. Le liquide se reproduit assez vite pour que quatorze jour après, le 13 juillet, la circonférence de l'abdomen au niveau de l'ombilic soit de 0,90 centimètres. La malade quitte le service.

Obs. CCCLXXXIV. — Phlegmon péri-utérin. Guérison. — Sellerrt (Emilie), quarante-trois ans, blanchisseuse, entre le 6 novembre 18% salle Sainte-Marthe, 42.

Menstruation régulière depuis l'âge de dix-sept ans et demi, pas d'enfants, pas de fausses couches. Pas de maladies antérieures.

Depuis longtemps, quelques douleurs après la disparition des règles qui durent ordinairement de quatre à cinq jours. 11 y a Uofc mois, à la suite d'un refroidissement, une métrorrhagie qui dorait depuis trois semaines s'arrêta brusquement. Immédiatement après douleurs dans l'abdomen, fièvre, frissons le soir. La malade dut garder le lit pendant cinq jours ; puis elle reprit son travail. Depuis cette époque elle n'a pas vu ses règles revenir, mais aux époques menstruelles elle ressent de vives douleurs; depuis huit jours ces symptômes ont augmenté d'intensité.

6 novembre. — Vives douleurs avec sensation de picotements et de cuisson dans le bassin, surtout h droite. Sentiment de pesanteur dan« la même région. La jambe droite est engourdie et ne peut complu

teiment se fléchir sur le bassin. Dans la fosse iliaque gauche, on sent, au palper, une sorte de gâteau occupant toute la région, tumeur rénitente, pâteuse, très douloureuse à la pression. Le spéculum n'indique riendeprécis.Au toucher vaginal, on constate unépaississement avec empâtement du cul- de-sac latéral droit. Les autres culs-de-sac sont libres. L'utérus a son volume normal. Repos absolu, cataplasmes laudanisés.

10 novembre. — La malade a eu un petit frisson hier soir; pas d'appétit, langue un peu blanche. P = 90. T. reste à 38° 5. Môme traitement.

Décembre. — Môme état avec des alternatives de rémission. Môme traitement.

5 janvier. —Amélioration sensible. L'empâtement dans la fosse iliaque droite n'est presque plus accessible au palper. La cuisse peut ôtre fléchie entièrement sur le bassin.

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