La malade peut se lever
6 février. — Elle quitte le service. Les règles ne sont pas apparues pendant son séjour à l'hôpital.
La malade revient à la consultation le 16 février. Les jambes sont légèrement œdématiées; anémie prononcée; les deux fosses iliaques paraissent Jibres. La flexion de la cuisse sur le bassin est encore un peu douloureuse. Pertes blanches. Depuis cinq ou six jours les douleurs sont un peu plus vives, mais c'est l'époque où autrefois les règles apparaissaient.
§ II. — Utérus.
Obs. CCCLXXXV. — Prolapsus de Vutérus. Col conique. Évidement du Col. Guérison. — Kempenner (Léontine), dix-sept ans, blanchisseuse, entre le 3 mai 1878, salle Sainte-Marthe, 45.
Fille grande, robuste, bien constituée. Père mort subitement à quarante ans ; mère âgée de trente-six ans, affectée de métrorrhagies abondantes. Deux sœurs bien portantes. Coqueluche dans l'enfance, ophtalmie à neuf ans ; gastralgie de treize à quinze ans. Réglée depuis deux ans ; quelques irrégularités, néanmoins le flux revient tous les mois, dure en moyenne quatre jours, est peu abondant. Le sang est pâle, rarement mélangé h des caillots. Un peu de leucorrhée dans l'intervalle; nullipare. Constipation habituelle, elle reste quelquefois deux jours sans avoir de selles et se livre à de violents efforts de défécation chaque fois qu'elle va à la garde-robe. Depuis deux ans ces efforts ont déterminé la chute du rectum ; la muqueuse rectale fait hernie entre les bords de l'anus et la malade est obligée de la réduire avec le doigt. D'autre part elle est affectée depuis la même époque d'un prolapsus de l'utérus qui se produit, non seulement pen-
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dant les efforts de défécation, mais après les repas, à la suite d'os travail excessif, à la fin de la journée lorsqu'elle est restée longtemps debout, ou lorsqu'elle tarde à satisfaire le besoin d'uriner.
Ce prolapsus s'est accentué progressivement. Tout d'abord le n! de l'utérus ne franchissait pas l'orifice inférieur du vagin, puis il* hernie entre les lèvres de la vulve, et enfin unit par faire au dehors une saillie de 3 centimètres. D'après les renseignements de la malade, il paraît qu'à une certaine époque, il y a eu chute de rotérc entre les cuisses et renversement de la muqueuse vaginale. Le prolapsus de l'utérus ne donne pas lieu à des douleurs vives, mais provoque une sensation de tiraillement et de pesanteur du côté do pcti bassin et une grande gêne pour la marche. 11 y a un an, elle entre i l'hôpital Saint-Antoine, où l'on applique un pessaire qui maintien l'utérus, mais comme il détermine de la douleur, la malade l'enta au bout de trois mois, sur les conseils d'une sage-femme. Aussitôt!* mêmes accidents se reproduisent.
3 mai. — La malade étant couchée dans le décubitus dorai les genoux fléchis sur les cuisses, les cuisses écartées et fléchies sir le bassin, on ne remarque rien de particulier du côté des organe génitaux externes et de l'anus, mais, dès que Ton écarte, avec les doigts, les lèvres de la vulve, on aperçoit le col de l'utérus qui fait saillie à l'orifice antérieur du vagin. 11 est atrophié, étroit, de ton» conique, du volume du pouce. Au sommet du cône, qui répondu museau de tanche, on voit l'orifice inférieur du col qui représenîi? une sorte de petit méat circulaire, non rayonné, du diamètre de: stylet de trousse. La muqueuse est rosée, un peu congestionnée, mais ne présente ni inflammation ni ulcération. Au toucher vaginal, l'index pénètre jusqu'à l'articulation des deux premières phalange? entre elles, et rencontre alors les culs-de sac antérieur, postérieur et latéraux, qui sont considérablement abaissés. Le col de l'utérc* est très mobile et se porte facilement dans toutes les directions. Par suite du déplacement, il est assez difficile de dire si sa longueur est augmentée ou diminuée. A l'aide de Thystéromètre, on constate qur la profondeur totale du col et de l'utérus est de 8 centimètres et demi. Par le palper hypogastrique combiné avec le loucher vaginal, il est d'abord impossible de sentir l'utérus à la place qu'il occupe normalement, mais en réduisant les organes déplacés, ce que Ton obtient facilement, l'utérus devient appréciable : il est petit et paraît atrophié. Le toucher rectal confirme ces données. Miction fréquente: constipation ordinaire. Quelques douleurs hypogastriques quand b malade fait des mouvements brusques. La marche est devenue trè> pénible. Les seins sont bien développés relativement à l'âge de la malade. Rien d'anormal du côté des organes thoraciques et abdominaux. L'appétit est bien conservé. L'état général est assez satisfai-