Elle sort guérie
Obs. CGGLXXXVI. — Ulcération de la lèvre postérieure du museau de tanche. Polypes muqueuxdu col de F ut éi%us. Arrachement des polypes. Guérison. — Peeters (Anna), vingt-quatre ans, passementière, entre le i6 février 1878, salle Sainte-Marthe, 43. Pas d'hérédité, ni scrofule ni tuberculose, forte constitution. Réglée régulièrement depuis l'âge de treize ans, règles abondantes, fortement colorées, mélangées souvent à des caillots; durée huit jours. Dans l'intervalle, de temps à autre, flueurs blanches peu abondantes, non colorées. Mariée, ni enfants ni fausse-couche. Depuis cinq ans elle éprouve du côté de l'utérus des élancements sourds, intermittents, exagérés au moment des règles et du coït, en même temps qu'une sensation de tiraillement vers l'ombilic et de pesanteur dans le petit bassin, mais pas de véritables douleurs. Jamais de pertes sanguines dans l'intervalle des règles. Il y a deux mois, inquiétée par la persistance de ces accidents, elle alla trouver un médecin qui reconnut une ulcération siégeant sur la lèvre postérieure du col de l'utérus et la traita par des cautérisations. Dans les derniers temps se développent des végétations polypeuses, et le médecin conseille à la malade d'entrer à l'hôpital.
16 février. — Rien de particulier du côté des organes génitaux
externes. Au loucher le vagin a conservé ses dimensions et son intégrité. Le col de l'utérus est volumineux, étalé, comme tnrgesceat Le museau de tanche est légèrement entr'ouvert, et laisse passer de petits corps polypiformes du volume d'un gros pois à celui dune noisette. Sur la lèvre postérieure du colon sent des granulations. Ai spéculum, la muqueuse vaginale est rouge, congestionnée» mais m présente aucune trace d'ulcération. Le museau de tanche, outre le caractères précédemment décrits, présente une rougeur intense, presque violacée. Sur le museau de tanche s'écoule un mucus épais, verdâtre, peu abondant, et trois petits polypes glandulaires (œufr de liaboth) font saillie dans le vagin.
La* lèvre postérieure est le siège d'une ulcération superficielle, recouverte de granulations folliculaires d'un rouge vif, dontlevolone est celui d'un grain de millet. L'hysléromètre démontre que lu polypes s'implantent dans la cavité du col, à peu de distance du naseau de tanche. La cavité du corps parait libre. Douleurs sourd», continues, exagérées par la fatigue, et au moment des règles. Repos. Bains alcalins. Injections d'eau de feuilles de noyer. On touche l'ulcération avec l'acide chromique. Ce traitement ne tarde pas à ameser une amélioration notable.
23 février. — Pas de chloroforme. Avec de longues pinces ordinaires nous enlevons sans difficulté les polypes muqueux. Vu d'hémorrhagie. La malade sort le 25 décembre 1878. Elle continuera chez elle le traitement.
Obs. CGGLXXXVH. — Allongement hypertrophique du col de Vutir*. Évidement. Guérison. — Bravard (Annette), vingt-cinq ans, couturière, entre le 18 décembre 1876, salle Sainte Marthe, 50. Constitution lymphatique, mauvaise hygiène, surmenage. Réglée à quinze ans: de quinze à vingt ans menstruation régulière, durée des règles cinq jours: écoulement abondant mélangé de gros caillots. A vingt anus maladie sur laquelle on ne peut obtenir de renseignements (vomissements bilieux fréquents). Elle garde le lit sept semaines. Depuis lors flux menstruel moins abondant. Mariée à vingt et ud ans, un seul enfant bien portant. Après l'accouchement, perte de sang presque continuelle pendant six semaines, suivie de pertes blanches abondantes pendant deux jours. A la suite de ces accidents, le flux menstruel disparut pendant six mois, puis revint régulièrement pendant un an et demi. Depuis un an de nouveaux troubles sont survenus dans la menstruation, en s' accompagnant de symptômes qui s'aggravent de jour en jour : perte des forces, émaciation extrême, sentiment de pesanteur du côté du petit bassin, tiraillements douloureux vers les lombes, l'ombilic et les aines, lassitude des membres. Constipation habituelle. Perte de l'appétit. En écartant le* grandes lèvres, on aperçoit la face inférieure du col de l'utérus elle
museau de tanche. La muqueuse est pâle, exsangue dans la plus grande partie de son étendue, teinte d'inflammation au pourtour de l'orifice vaginal du col qui est entr'ouvert. Le spéculum montre que nous n'avons pas affaire à un simple abaissement disparaissant lorsqu'on introduit l'instrument, mais que le col, bien'qu'un peu abaissé, est hypertrophié en longueur {hypertrophie tous-vaginale très accusée). Le toucher vaginal confirme cet aperçu et permet de reconnaître que le corps de l'utérus est douloureux, également hypertrophié et en rétro-flexion. Le cathétérisme utérin montre que la cavité de l'utérus est de 9 centimètres et demi, et que cet excès de longueur est dû à l'allongement du col. L'allongement hypertrophique suffit pour produire des troubles analogues à ceux qui existent chez cette malade. Nous pensons donc qu'il y a lieu de diminuer la longueur de l'organe. Plus tard, nous nous occuperons de la rétroflexion.
23 décembre. — Chloroforme. Le bassin étant élevé et les cuisses fléchies, nous saisissons le col de l'utérus avec des griffes pour l'attirer au dehors, et nous en pratiquons l'évidement. Nous appliquons ensuite de longues pinces hémostatiques pour arrêter l'hémorrhagie.
24. — Bonne nuit. TM= 37°6. On enlève les pinces et Ton fait des applications de glace pour prévenir l'écoulement sanguin.
25. — Même état, fièvre nulle. Douleurs violentes, intermittentes dans les lombes et vers l'hypogastre. Cataplasmes sur l'abdomen. Injections vaginales avec de l'eau légèrement alcoolisée.
28. — Diminution des douleurs. Écoulement vaginal muco-purulent abondant. Même traitement. Vin de quinquina, sirop d'iodure de fer.
2 janvier 1877. — La suppuration est presque tarie. L'état général s'améliore.
6. — La malade sort guérie. Elle continuera chez elle son traitement général. Elle a été revue le 2 juillet 1877. Fourmillement dans le bas-ventre. Un peu de relâchement du col utérin. Douleur dans le .flanc droit. Le col a bon aspect.
Obs. CCCLXXXVlll. — Métrorrhagie. Injections astringentes. Guérison. — Brunard (Victorine), vingt-deux ans, domestique, entre le 5 mars 1877, salle Sainte-Marthe, 43.
Jeune femme brune, au teint frais, d'une bonne constitution. Régulièrement réglée chaque mois depuis l'âge de seize ans. Un enfant à terme en 1873. Depuis quatre mois, les règles apparaissent tous les quinze jours, et chaque période dure sept ou huit jours. La semaine dernière l'écoulement sanguin, qui avait duré huit jours et qui était très abondant, s'arrêta brusquement et reparut vingt-quatre heures après, tout aussi abondant. Dans cet intervalle, la malade a éprouvé un malaise inaccoutumé, une certaine faiblesse dans les membres inférieurs, un sentiment de douleur obscur dans le bassin
et dans les lombes, des tiraillements dans les aines, du refroidis»ment des pieds. Pas de céphalalgie, pas de fièvre.
Pendant la marche l'écoulement devient plus abondant qoe dan le décubitus dorsal .Par instants, coliques très violentes et après dte redoublement de l'hémorrhagie. Cinq ou six fois par jour, la mahée retire les serviettes dont elle se garnit, complètement baignées de sang et de gros caillots.
5 ma/v. — On ne constate rien autre chose à l'examen de l'abdbmen qu'un développement anormal de l'utérus et une sensBriBé assez grande danslliypochondre droit. Tuméfaction du col de l'utéro dont les lèvres sont écartées. En retirant le doigt, on fait sortir tn» énormes caillots renfermés dans le conduit vaginal. La malade A point éprouvé d'émotions, ne s'est pas fatiguée outre mesure, se fait d'excès d'aucune nature. Injections astringentes. Repos an Et
7. — L'écoulement sanguin est moins abondant. La dans rhypochondre droit est moindre. Même traitement.
10. — Les pertes sont diminuées; l'utérus revient à son normal. Toujours même traitement.