‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 2)Chapitre 192 sur 272 · La malade quitte le service complètement guérie · texte numérisé non relu

La malade quitte le service complètement guérie

Obs.CCGLXXXIX. —Polypes du col utérin. Ablation. Guérmm. —Boiront (Virginie), 37 ans, cuisinière, entre le 30 juillet 1877, salle Sainte- Marthe, 41. Menstruation régulière depuis l'âge de seize ans. Mariée, sans enfants ; jamais de maladies graves. Depuis un an cette malade a une leucorrhée abondante dans l'intervalle des règles ; le liquide est blanc jaunâtre, filant, sans odeur spéciale. Jamais il n'y a eu de métrorrhagie. Le ventre est ordinairement gonflé, mais il n'a jamais augmenté notablement de volume. Aucune espèce de douleur locale ou irradiée. Mais cet écoulement leucorrhéique continu a déterminé la perte des forces, un peu d'amaigrissement et un état anémique qni effrayent la malade et la déterminent à entrer à l'hôpital.

30 juillet. — L'abdomen est légèrement et uniformément ballonné, météorisme léger à la percussion. Aucune trace de tumeur dans la région hypogastrique, à la palpation. L'examen des organes génitaux externes révèle un peu d'érythème vulvaire dû à l'écoulement leucorrhéique. Au toucher, canal vaginal et muqueuse absolument normaux. Le col est légèrement entr'ouvert et laisse passer une production polypiforme, du volume d'une amando, à pédicule extrêmement grêle. Les lèvres du museau de tanche et les culs-desac sont sains. L'utérus occupe sa situation normale ainsi qu'on peut s'en convaincre en combinant le toucher vaginal avec le palper hypogastrique. Au spéculum on voit le polype dont la surrace est lisse, unie, recouverte de mucosités. Sa coloration est rosée et peu distincte de celle de la mu<|iieuse du col. A l'aide du cathéter utérin

RÉGIONS ISCHIO-RBCTALK ET ANO-COCCYGIENNE. 819

i arrière et au-dessus de la tumeur, on voit une dépression ana-

*°|çue à celle d'une cicatrice adhérente. 11 n'existe pas de sillon Médian sur la tumeur. Nulle trace de transparence.

Au toucher la tumeur paraît profonde, sousaponévrotique, elle est •^réductible et incompressible, sans communication apparente avec *^ canal rachidien. Elle n'est pas homogène, mais semble composée d* plusieurs masses de volume et de consistance variables, séparées par des cloisons. Les plus volumineuses sont mollasses, lipomateuses; d'autres représentent des noyaux durs, fîbroïdes. Au voisinage du Sacrum il existe un point fluctuant. A ce niveau, on sent distinctement des lames de consistance osseuse qui circonscrivent, en arrière, l'orifice inférieur du canal sacré. L'écarlement de ces lames permettrait de croire à la bifldité du sacrum. Par sa face profonde, la tumeur s'enfonce entre le rectum, le coccyx et le sacrum, jusqu'à la partie moyenne de ce dernier.

Le toucher rectal ne permet pas de distinguer le coccyx; il montre que la tumeur refoule en avant l'intestin, mais sans communiquer avec lui, les parois du rectum sont intactes.

Le ligament ano-coccygien est appréciable sous la peau vers son extrémité anale, mais bientôt il se perd du côté de la tumeur et cesse d'être distinct. Le sacrum est normal, autant qu'on peut en juger par sa face concave qui est lisse et unie et ne présente pas de solution de continuité.

Outre les déformations dues à la tumeur nous constatons, dans la moitié inférieure de la région dorsale, une convexité anormale, due à la saillie de plusieurs vertèbres. Cette courbure se continue d'ailleurs insensiblement et sans ligne de démarcation brusque avec les courbures normales du rachis.

Il n'existe en aucun point de dépression marquée comme dans les cas de subluxation ou de tassement dus à une affection des verlMires. Pas d'autres symptômes quipuissent faire croire à un mal de Poil, ni œdème des parties molles, ni saillies anormales du côté de l'arcade crurale, du canal inguinal ou de la racine de la cuisse. Pas de douleur sur le trajet du psoas.

La tumeur est indolente dans l'état de repos. Elle devient douloureuse à la pression et par les mouvements des membres inférieurs, mais la douleur déterminée par la pression est beaucoup plus intense au voisinage et même à une certaine distance delà tumeur. Mlle affecte les caractères d'une rachialgie dont les points les plus sensibles sont: 1° au niveau du sacrum, 2° au niveau de la convexité anormale des vertèbres dorso-lombaires. Elle s'irradie eu ceinture, sur les parois abdominales, au-dessous de la base du thorax. L'attitude du malade est remarquable, il est courbé en S, le tronc et les membres inférieurs étant dans la flexion.

Ml ORGANES GÉMT0-UMNA1RES.

peut ehe introduit entre la tumeur elles parois de 1 duroL

Le palper abdominal combiné avec le toucher vaginal enseigne q* l'utérus n'est pas plus volumineux qu'à Fétat normal, conservé sa direction et ses rapports,

17 ami. — Chloroforme. Nous saisissons îe polype avec de Museux et nous l'enlevons, par un simple mouvement de l Pasd'bémorrhagîcîsurunecoupe^aUimeurest composée d'un, fibreuse nacrée disposée sous forme de faisceaux; dans les tmla circonscrites par cette trame on voit un tissu rosé qui rappelle ia fibres musculaires lisses. Le pédicule de la tumeur, voluminetu court, s'implantait dans la cavité môme du col au côté | BBflM

gauche delà ligne médiane,

18. TM = 39» 6. S = 38*, Pas d'hémorrhagïe. Injections m Peau légèrement alcoolisée.

19. — Température et pouls normaux. Légères douleurs hypog* triques. Application d'un cataplasme laudanisé.

20. — Appétit, Sommeil calme. Plus de douleurs. Aucun eV KMat vaginal.

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