‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 2)Chapitre 20 sur 272 · ACCIDENTS PSYCHIQUES D'ORIGINE TRAUMATIQIT · texte numérisé non relu

ACCIDENTS PSYCHIQUES D'ORIGINE TRAUMATIQIT

Uwisch o'i jamais *u une seule péritonite qui eu soit ac-

Jfoos rangerons avec Leubuscher (1) dans la seconde forme qui se développent chez des hystériques. La grossesse, uchement et ses suites ne font qu'augmenter leur état d'aflaiblifisement. On a observé des cas de manie après d'ailes hémorrbagies puerpérales chez des personnes qui £at eu des accouchements longs et difficiles, enfin, d'autres dent névropathes depuis longtemps.

Leabascher rapporte à la troisième forme tous les faits dans lesquels il y avait eu antérieurement de la manie. La §rmme et la parturition ne sont en pareil cas que (Us causses déterminantes. La folie prend alors un caractère spécial. An milieu des conceptions délirantes qui se succèdent et l'atremêlent, on en trouve toujours une prédominante; c'est dk qui à proprement parler remplit l'esprit, les autres unt jetées autour d'elle comme une sorte de chaos. Le poeiperinm est alors la cause occasionnelle de l'explosion maniaque. Il y a là quelque chose d'analogue aux congestions cérébrales qui suivent l'arrêt d'un flux hémnrrlioîdaire. Elles peuvent être l'origine d'une poussée psychique, mais elles ne sont jamais la cause unique de la folie, qui a pour point de départ les conditions de tout l'organisme et surtout de la rie cérébrale de r individu (2). »

Ces idées, déjà anciennes, n'ont presque rien perdu de leur actualité. Dans sa thèse d'agrégation, Raymond résunr.ïiit les doctrines contemporaines (3), décrit pendant l'accouchement ou immédiatement à sa suite deux variétés de cette folie; une passagère caractérisée par du délire aigu avec deslialliiciunthns, et une autre persistante, la folie puerpérale vraie, présentant ordinairement une tendance marquée aux impulsions nuisibles ou erotiques (Marcé),des intermissions comme dans la manie commune (Lasègue).

La lypémanie est beaucoup plus fréquente : la plupnrt des

■I Yerhiindl. d. Ces. f. Geburlshilfc in Berlin, Bd. Iïl, p. SP. - (2) Lohrb. d. «iebuiUbilfe, Bd, III, p. 413-444. — (3) De la puerpéral te, Th. d'Agrég. Pari*. !»80.

auteurs font remarquer qu'elle arrive surtout après les grandes hémorrhagies.

11 y avait, Messieurs, à la fin de Tannée 1879, à l'asile de la Salpêtrière, deux femmes récemment accouchées, atteintes Tune et l'autre de folie. Les observations de ces deux femmes prises par Jouin, alors interne de Moreau de Tours, me semblent assez intéressantes pour que je croie devoir vous les donner complètement ici.

Obs. III. — Estelle Boul..., trente-quatre ans, femme de peine, ^st épilepiique et placée comme telle dans le service de Gharcot. Elle a eu déjà deux enfants, mais les premières couches ont été bonnes. Enceinte pour la troisième fois, elle ressent les premières douleurs de l'enfantement le 27 novembre 1879, douleurs vagues et dont elle n'est d'ailleurs incommodée que quelques heures. Cependant le col effacé se dilate et le 29 novembre, le surlendemain seulement, la dilatation est complètement terminée. L'interne de garde, appelé, soupçonne une grossesse gémellaire. Une tête se présente en position occipito-iliaque gauche antérieure. L'interne attend quelque temps encore ; puis, à onze heures du soir, le travail ne marchant en aucune façon, la tête demeurant enclavée dans l'excavation, enfin et surtout, la malade se fatiguant d'une façon exagérée, il fait une première application de forceps. La malade, un peu agitée déjà, et grandement effrayée des suites de son accouchement, a été préalablement anesthésiée. Extraction très facile d'un enfant vivant et bien constitué. Mais il reste un second fœtus dans l'utérus.

La malade, plus fatiguée naturellement qu'avant la première opération, demande instamment qu'on la délivre. De plus, les battements du cœur fœtal deviennent bientôt nombreux et faibles. La seconde poche des eaux est donc rompue. Une tête se présente au niveau du détroit supérieur. Puis l'utérus continuant à ne pas se contracter, on fait une seconde application de forceps. Mais si rapidement que celle-ci soit exécutée on ne tire qu'un enfant déjà mort et que des soins empressés ne peuvent rappeler à la vie. La femme est délivrée facilement : on lui donne du seigle ergoté et l'utérus revient sur lui-même beaucoup plus facilement qu'on aurait pu le croire. Seulement, deux heures après la dernière application de forceps, la malade est prise de troubles intellectuels. Elle devient insolente, agressive et veut se jeter à bas de son lit. On applique la camisole de force, ce qui ne l'empêche pas de se livrer à des mouvements tumultueux et désordonnés. Délire généralisé, excitation excessive, loquacité, fureur. En somme tous les

Celte observation fait, comme je vous l'ai dit, le pendant de la première. Mais ce serait une grave impropriété d'expression que d'appliquer à la folie observée ici la qualification de puerpérale : la malade n'était pas enceinte, elle ne nourrissait pas et l'accouchement était passé depuis quatre mois, on ne pouvait dire que cette personne fût encore sous l'influence de la puerpéralité. Celle-ci aurait-elle agi comme cause prochaine? Je vous l'avoue, je me défie un peu de ces causes prochaines dont l'action se manifeste à quatre mois de distance ; la malade était rachitique ; peut-être la conformation de la boîte crânienne laissait-elle à désirer; peut-être avait-elle eu déjà des désordres mentaux.

Dans la première observation, l'accouchement est intervenu à titre de cause déterminante; chez une épileptique, ce cas concorde assez bien avec la dernière variété décrite par Scanzoni.

Je vous ai signalé les conditions similaires des accouchées et des opérées, c'est-à-dire le traumatisme récent; la perte d'une certaine quantité de sang, la résorption des produits septiques. Mais les différences sont aussi frappantes si elles ne le sont pas davantage. Ne parlons point des perturbations qui, dans l'un et l'autre cas, ont précédé l'épisode traumatique, je crois qu'il serait difficile de comparer le développement d'une grossesse régulière à celui d'un kyste ovarique ou d'un fibrome utérin.

Scanzoni a soin de nous dire que l'irritation originelle part de l'utérus; que les péritonites partielles ou générales ne s'accompagnent presque jamais de manie. Chez aucune des opérées dont nous avons mentionné les délires, l'utérus n'avait été touché, tandis que le péritoine l'avait été chez toutes. Les conditions générales qui suivent les gastrotomies ne sont pas comparables à l'état puerpéral. Après l'accouchement, l'équilibre circulatoire s'établit sur de nouvelles bases; les glandes mammaires entrent en activité; la nutrition se modifie profondément : ce sont des facteurs qui peuvent l'un et l'autre avoir leur retentissement sur les centres nerveux.

On connaît la rareté du tétanos puerpéral , on a môme

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