‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 2)Chapitre 203 sur 272 · Guérison. Le malade quitte le service · texte numérisé non relu

Guérison. Le malade quitte le service

Obs. DXV. — Abcès de raine gauche. — Deldon (Victor), quarantem ans, maréchal-ferrant, entre le 7 janvier 1878, au n° 6 de la salle Saint-Augustin.

Sujet fort, vigoureux, sans antécédents pathologiques ou syphilitiques.

Il y a trente-cinq jours, il a porté un madrier très lourd qu'il ippuyait sur l'aine du côté gauche. Quelques jours après, il remarquait une petite tumeur du volume d'une noix, roulant sous le doigt qui augmentait rapidement et devenait douloureuse. Dix jours après, elle avait le volume d'un gros œuf de poule; le travailla marche, exagéraient la douleur ; la nuit, le malade faisait une application de cataplasmes. A partir du 3 janvier, les souffrances étaient telles qu'il dut suspendre ses occupations, et le 7, il entrait à l'hôpital.

La région inguinale droite présente une tumeur oblongue, du volume d'un œuf de poule à grosse extrémité dirigée en bas et en dedans. La peau est rouge, amincie, luisante, chaude. Douleur à la pression; fluctuation manifeste. Pas de lièvre, état général bon. Appétit et sommeil un peu diminués. Le premier jour, on applique des cataplasmes. Le second, on fait une ponction avec un trocart courbe et Ton passe au travers des deux ouvertures un tube à drainage. La ponction a donné issue à une certaine quantité de pus. Cataplasmes et injections dans le tube avec de l'eau alcoolisée.

10 janvier. — Le malade va bien; très peu de suppuration. 12. — La guérison est à peu près complète, le malade se lève depuis hier et marche sans éprouver de gêne.

raatisme musculaire. Sciatique par les temps humides et froids. Gastralgie de vingt-deux à trente ans. Insuffisance mitrale depuis l'âge de vingt-deux ans. Menstruation régulière depuis l'âge de dix-sept ans. Les règles durent un jour, sont peu abondantes, très pâles. Première grossesse à vingt-neuf ans. Métrorrhagie abondante après l'accouchement. Seconde grossesse à trente ans. Péritonite consécutive. Les deux enfants sont bien portants. En 1876, elle remarqua par hasard, à la partie inférieure et externe du sein gauche, une tumeur sous-cutanée, mobile sous la peau, du volume d'une noisette, dure et indolente. Cette tumeur a d'abord évolué lentement, mais.de puis six mois, sa marche a été beaucoup plus rapide; en même temps, la malade a commencé à éprouver des douleurs aiguës, lancinantes, intermittentes, irradiées au bras et à l'avant-bras. Depuis un mois les caractères de la peau se sont modifiés au niveau de U tumeur. Les ganglions axiilaires sont devenus douloureux.

L'impuissance fonctionnelle est devenue complète du côté du membre supérieur gauche, par suite de la douleur. C'est alors que la malade se décide à entrer à l'hôpital.

Le sein gauche est un peu plus volumineux que le droit. Le mamelon est déprimé, rétracté au centre de l'aréole. La moitié inférieure de la mamelle présente des bosselures dont le volume varie de celui d'une noisette à celui d'un œuf de pigeon. Au côté externe et inférieur, sur une largeur de trois travers de doigt, la peau est plisséc, déprimée, enfoncée vers la glande de la même manière que le mamelon. Dans la moitié supérieure la peau est lisse, unie, et paraît normale. Au niveau des bosselures elle présente une teinte bleuâtre, marbrée, due au développement de petils vaisseaux cutanés. Au niveau de la surface déprimée elle est au contraire d'un rouge vif érythémaleux. Les veines sous-cutanées vues par transparence sont dilatées, bleuâtres et rampent en convergeant de la base de la mamelle vers l'aréole. Au toucher la peau est adhérente au parenchyme mammaire dans toute son étendue. Lorsqu'on la plisse elle prend l'aspect caractéristique de la peau d orange. La tumeur est dure, solide, de consistance homogène, squirrheuse sans points ramollis ou fluctuants. Elle se déplace en masse sur les muscles pectoraux. Dans l'aisselle gauche, on trouve deux ganglions indures, ligneux, du volume d'une fève, mobiles sur la peau et sur les couches profondes. Les douleurs vives que nous avons décrites précédemment s'exagèrent par la pression. La malade est anémique mais elle ne présente aucun signe de cachexie.

2 février, — Nous enlevons largement la tumeur avec toute la peau qui la recouvre; elle n'envoie aucun prolongement du coté du grand pectoral. L'ablation terminée, nous prolongeons l'incision jusque dans l'aisselle et nous enlevons facilement à l'aide du doigt et de

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pwmde quantité de crains riz i formes. On vide le kyste autant que Possible en pressant sur la poche,

upression consécutive au moyen de rondelles d'amadou, pendant dix jours. La malade enlève son appareil pendant cinq jours, nserrant qu'une compression insignifiante. Le liquide se reproduit en partie ; on rétablit la compression et la malade quitte le service le 22 juin.

octobre, — La malade revient à l'hôpital, le kyste synovial reproduit, maïs au lieu de former, comme la première fois, une tumeur eu bissac étranglée par le ligament annulaire du carpe, il est aujourd'hui localisé h la gaine du fléchisseur propre du pouce; son volume est celui d'un petit œuf de poule, bruit d'amidon sion. Nuis faisons une nouvelle ponction qui donne issue à une trentaine de grains hordéiformes adhérents aux parois du et gros comme des grains de riz gonflél par la onction, ainsi qu'à un liquide épais, visqueux et incolore. L'orifice de la plaie est ensuite recouvert d'une couche de collodion et nous faisons la compression méthodique à t'aide de rondelles d'amadou superposées et de ouate.

3 novembre. — L'appareil s'est déplacé ; le liquide ne s'est pas reproduit, nous replaçons îe pansement conipressif.

Obs. DXVIL — Tumeur ganglionnaire de la région inguinale. Àbtafe bistouri. Guêrison. — Lefèvre (Agathe), vingt et un ans, journalière, cotre le 12 février 1877, salle Sainte-Marthe, 48.

Biglée à quinze ans, menstruation irrégnlière, ni enfant, ni faussecouche* Il y a un an, elle eut, en l'espace de deux mois, trois métrorrhagies abondantes qui l'ont beaucoup affaiblie; le sang était mélangé de caillots. Anémie, constitution scrofuleuse, maux d'yeux, gourme et adénite cervicale dans L'enfance. Il y a deux ans, elle remarqua dans la région inguinale droite, une tumeur du volume d'une noisette, dure, indolente, mobile sous la peau. Cette tumeur s'est développée progressivement, en restant indolente, mais depuis un mois, elle est devenue le siège de douleurs sourdes, peu accentuées, et gêne considérablement la malade pendant la marche et le travail.

12 février, — La plus grande partie du triangle de Scarpa est envahie par une tumeur, qui mesure en hauteur 12 centimètres à partir de l'arcade crurale, et qui s'étend transversalement de la grande lèvre droite avec laquelle elle semble se continuer, jusqu'à deux travers de doigt de l'épine iliaque antérieure et supérieure. Elle forme dans la région un relief de 3 centimètres. La peau qui la recouvre a conservé sa coloration normale et son intégrité, mais elle est soulevée par des bosselures du volume d'une noisette chacune, auxquelles elle semble adhérer. Pas d'oedème inflammatoire, pas de vaisseaux dilatés ou de nouvelle formation. Au toucher, la tumeur

recouverte de noyaux dilfus qui se dirigent vers le creux sous-dtlfah laire. La peau a conservé sa coloration normale, mais revêt Taipert chagriné et semble intimement confondue avec la tumeur. Au toncher, on reconnaît que ces noyau* sont irréguliers, variant du **■ lume d'un pois à celui d'un grain de chènevis, durs, de consistasce flbroide. Ils semblent développés dans l'épaisseur même de la peiud du tissu cellulaire sous-cutané. Ils envoient manifestement de* inclus vers les couches profondes. Douleurs lancinantes, sponUnên Douleur à la pression. On trouve dans l'aisselle un ganglion dm* lume d'une noisette, très dur, mobile sous la peau, mais adhérente parties profondes.

23 décembre. — Chloroforme* Nous circonscrivons la portion de tépiments malades par une incision elliptique très allongée, qui sedtrçt vers le creux axillaire, et nous disséquons le lambeau par sa face pro» fonde, en enlevant la couche superficielle du muscle pectoral qw adhère à la tumeur. De l'extrémité supérieure de celle premier* incision, nous en faisons partir une seconde vers l'aisselle où nous Iran vous deux ganglions indurés, du volume d'une noisette chacun. De* quatre pinces hémostatiques placées sur les vaisseaux, deux sentement sont laissées dans la plate. L'opération terminée, les bords de h plaie, vu la laxîté des téguments, peuvent être rapprochés, sans trop de tiraillements. Les deux tiers internes sont réunis par quatre pool» de suture, une ouverture suffisante étant ménagée pour l'introduction d'une mèche de charpie. Pansement alcoolisé et ouaté légèrement compressif. Sur une coupe de la tumeur, on reconnaît queîîe ai constituée par des noyaux diffus, rougeâlres, peu distinct* par h- tir coloration des parties voisines. Ces noyaux envoient des prolongements qui les réunissent entre eux et rayonnent vers la périphérie.

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