‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 2)Chapitre 208 sur 272 · CRANE · texte numérisé non relu

CRANE

suture métallique. Pansement alcoolisé et ouaté légèrement corn* pressif . De huit pinces hémostatiques placées pendant l'opération, trois seulement sont laissées pendant vingt-quatre heures.

Le kyste contenait de la matière sébacée et du liquide à cholestérine en assez grande abondance. Pas d'accidents consécutifs. Le quatrième jour les fils purent être enlevés et remplacés par des bandelettes de tarlatane collodionnées. Réunion partielle par première intention. Pansement alcoolisé. Douze jours après l'opération le malade sortait, la plaie étant complètement cicatrisée ; nous lui conseillons de venir nous voir de temps à autre afin que nous puissions surveiller la marche des autres tumeurs.

Obs. CDXXXI1. — Tumeur érectile congénitale du cuir chevelu. — Paillet (Léon), deux mois, est apporté à notre clinique le 19 janvier 1878.

Enfant bien constitué, robuste. Il porte dans la région occipitopariétale droite, au voisinage de la suture lambdoïde, immédiatement à droite de la ligne médiane, une tumeur cutanée, aplatie, de trois centimètres de diamètre, dont la convexité rappelle celle d un verre de montre. Cette plaque est assez régulièrement circulaire ; les bords se confondent insensiblement et sans fournir de relief avec les téguments voisins. A ce niveau, la peau présente une teinte rosée par places, lie-de-vin en d'autres points. Au pourtour, on ne voit pas de vaisseaux dilatés. Au toucher la tumeur est mollasse, elle diminue de volume par suite d'une compression prolongée; au contraire, quand le petit malade pousse des cris elle devient turgescente, ferme et plus élastique. La réduclibilité n'est pas complète ; môme après une compression prolongée, on sent toujours sous les doigts une masse spongieuse. Il n'existe pas de battements artériels appréciables. La tumeur paraît complètement indolente, l'enfant ne crie pas lorsqu'on la comprime ; mais comme au dire des parents elle a notablement augmenté de volume depuis la naissance, il nous paraît urgent d'en pratiquer l'ablation.

19 janvier. — Chloroforme. Après avoir rasé le cuir chevelu, nous circonscrivons la tumeur avec le bistouri pendant que des aides exercent une compression méthodique au pourtour du nœvus. L'ablation nécessite une perte de substance assez petite pour que nous puissions en affronter les bords au moyen de trois points de suture entortillée. A l'aide des épingles nous pratiquons î'acupressure sur les vaisseaux afférents, et nous prévenons ainsi toute hémorrhagie. Pansement simple avec des compresses imbibées d'eau fraîche.

Examen microscopique : Angiome simple, formé par la dilatation des vaisseaux capillaires. Les parois des vaisseaux dilatés sont embryonnaires. En aucun point il n'existe de rupture des vaisseaux et

de communications anormales des capillaires entre eux comme àiw l'angiome caverneux.

Nous revoyons le petit malade le troisième jour. On enlève li La réunion est obtenue par première intention sauf à l'angle ptolérieur de la plaie où il existe un point bourgeonnant de la largeur d'une lentille. Guérison complète au bout de huit

Obs. CDXXX1IL — Lipémedé la région temporale, aùlat t ouri. — Aruud (Pélagie), lingère, trente-deux ans, entre 1< Î877, salle Sainte-Marthe, 43.

Réglée à dix-huit ans : menstruation difficile au début, s'est établie ensuite régulièrement. 2 accouchemenU à terme, 4 fausses couche*. Pas de maladies graves.

11 y a dix ans, apparition dans la région temporale gauche, à d«mi centimètres au-dessus de la queue du sourcil» d'une tumeur do telunie d'un puis, molle, indolente, mobile sous la peau. Dévelopj ment lent, progressif, sansgGne ni douleur. La difformité et Tacci sèment continu amènent seuls la malade à l'hôpital.

Déformation de la région par une tumeur hémisphériqi volume d'une pomme d'api» limitée en haut, par la racine cheveux, en bas par le sourcil, en avant par la ligne courbe eut rieure de la fosse temporale et restant en arrière distante du duît auditif de deux travers de doigt. Sa surface e&1 arrondit sans bosselures apparentes, convexe sous la peau. Celle-ci. légèrement distendue, a conservé sa structure et ses caractères normaux.

Pas de dilatation des vaisseaux superficiels. Pas de mouvements d'expansion et d'affaissement. Au toucher, tumeur i .de cou-

sis tau ce pâteuse uniforme, rappelant celle ^\vs lipomes, sans points ramollis ou fluctuants. Elle semble sous-cutanée et reste indépendante de la peau. Mobilité appréciable sur les couches profondes.

La marche lente de cette tumeur, sun indolence, sa consistance spéciale, nous conduisent à la considérer comme une de li-

pome. Son accroissement continu, la difformité qu'elle constitue, 11neflicacité du traitement médical et des médicaments fondants, montrent que l'ablation lit indiquée,

L'opération d'ailleurs est des plus simples. Elle consiste à faire au ceiitir de la tumeur une incision transversale dépassant les limites antérieure et postérieure, à saisir les bords de l'incision avec des pinces hémostatiques qui serviront en même temps de rétracte: à énueléer la petite niasse morbide, partie avec le doigt, partie atec le bistouri et la rugi ne.

9 Juin. — Nous incisons du môme coupla peau et le tissu sou*-culane, ei nous tombons sur la face superficielle de la Un

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surrace, mais il nen est pas de même de la couche musculaire, >n te. Il est plus difficile de dire si la lumeur n'envoie pas prolongements dans la direction du périnslc. Cependant la mobià de la lare profonde de la lumeur, quand on met les muscles dans lâchement, atteste qu'il n'y a pas d adhérence de ce côté. EUfl aplatie, son pourtour est facile à circonscrire et môme à dessiner

ayon dermographique. Sa partie inférieure est à six eeuti mètres ^\u pli du jarret, et la partie supérieure à quinze centimètres anus de l'ischion. Le diamètre vertical est de seize centimètres, le transversal de quinze. La circonférence de la cuisse au point qui ré- ! au centre delà tunitui ■ »->t de cinquante centimètres, celle du libre opposé, au même point étant de quarante. La tumeur est ment mate ; L'auscultation révèle un bruit de souffle artériel 'i i lolique, qui se propage suivant le trajet de la fémorale profonde, ppréciable dans le triangle de Scarpa, ni vers le creux ité. H cesse complètement, lorsque Ton comprime la fémorale, s les dimensions de la tumeur ne sont pas modiliées pendant la pression . Les troubles fonctionnels sont ceux que nous avons ts précédemment, ils sont peu accusés. L'articulation du genou est intacte. Rien dans les ganglions inguinaux. 3 août. — Chloroforme. Nous traçons à l'encre la direction des • aux fémoraux, et nous prenons nos points de repère pour faire l'amputation de la cuisse au tiers supérieur. Nous faisons d'abord ta ipression préventive avec l'appareil d Esmarch, et nous appliquons léLails le procédé antiseptique de Lister: pulvérisation continue pendant l'opération, lavage des instruments dans l'acide nique, etc., etc.. Nous taillons un large lambeau sur la face aûiéro4atéra)e, sachant que les parties molles de la face postérieure au siège la tumeur doivent être enlevées aussi largement que posae fois le lambeau taillé, nous circonscrivons en arrière la lumeur, de façon à l'enlever tout en conservant une surface de section capable de donner au moignon une forme régulière. Pendant ce temps de l'opération, nous trouvons que la tumeur, née dans Tinterralle des muscles voisins du jarret, remonte dans la cuisse jusqu'à T union des trois quarts inférieurs vers le quart supérieur, et que son veloppe adhère solidement aux cloisons aponévrotiques dans lesquelles elle a pris naissance. Nous trouvons en outre une dilatation leraent extraordinaire de toutes les veines profondes qui entourent la tumeur, elles dépassent encore en richesse celles que nous avons constatées au-dessous de la peau. Les artères bien que plus volumineuses qu'à l'état normal, sont loin de participer autant à celte dilatation. Néanmoins, grâce à nos pinces hémostatiques appliquées sur lesorilicesdes vaisseaux à mesure qu'ils sont divisés, le malade ne perd pas cent grammes de sang pendant toute la durée de l'ope-

L'ulcération a envahi la moitié supérieure «le la région malaire, les téguments du bord orbilaire externe, la queue du sourcil et ! externe des deux paupières gauches. Les bords sont irrégulier*, sinueux, festonnés, recouverts de gros bourgeons charnus, [onguent mollasses, saignants. Ces bourgeons se retrouvent avec les raêma caractères sur le fond (le l'ulcération , dans les anfi séparent! ou voit des détritus purulents mélangés à des débi théliaux; un liquide ichoreux caraetéritUqne baigne toutes os parties.

L'ulcération repose sur une base indurée qui paraît elle-totae confondue avec le périoste en plusieurs points. La conjonctive pilpébrale et oculaire est saine. Rien dans les ganglions parotidien* ri sous-maxillaires. Rien dans les organes éloignés.

16 novembre. — Chloroforme. A l'aide du bistouri, nous n scrivons largement l'ulcération et nous la disséquons par sa htt profonde. Nous enlevons ninsi la moitié externe des paupières et U partie correspondante de la conjoncti\e, la moitié externe du sourcil et les parties molles du rebord orbitaire externe et d< »nmt-

laire Le périoste nous parait suspect, nous le rugirions et nousréséquons profondément, l'os malaire et le bord de L'orbite ; hémostatiques sont laissées sur les vaisseaux pendant vingt-quatrr heures. Pansement à plat avec la tarlatane imbibée d'eau aie phéniquée, compression légère a?ac la «mate.

17. —Pas de réaction fébrile. On enlève les pinces, pas d'hémorrhagie, môme pansement.

2L — Suppuration modérée» surrace granuleuse de bel aspect. La malade quitte le service ; elle se fera soigner en ville.

ûftg. CDXXXV. — Furoncle* multiples du nez et de ta face.— lasson, quarante-sept ans, entre le 10 mars 1877, salle Sainte* Marthe, 12.

Le malade dit, qu'en temps ordinaire, son nez n'a rien d'exubérant Il v ;i cinq semaines, il fit une chute sur la ligure. 11 n'en résulta p** d'epistaxis ; mais il eut un gonflement notable du nez qui disparudeux jours après, et il resta une teinte nuire persistante. Au boul du nez il y avait une êeorehiire. Le jeudi lPr mars, de la rougeur parut à la pointe, autour de la petite plaie, ou plutôt au niTem de l'endroit où elle était, car le malade prétend qu'elle était complètement guérie. Il se fît de nouveau du gonfleruenl et en jours tout le nez était envahi. Cette invasion s'accompagna de nulaise général et d'un peu de fièvre. Le gontleuient s'étendit ausJOMi Btifl la rougeur ne dépassa pas le nez. Le gonllement des jou. parut bientôt. 11 y a quelques jours, au niveau de l'union des &§ propres avec le cartilage, la partie devint plus molle, luisante, et s'ouvrit. Puis en d'autres poinLs il se forma d'autres ouvertut

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