MESSIEURS
h vr#ii« pi-ésente une jeu « .*,çu, il y a un mois,
tiûcoup sur le nez; la vi nce a probablement déterminé uue fracture de la porliou cartilagineuse de la cloison, car il reste une encoche visible au-dessous des os propres du oez; mais le fait sur lequel je désire appeler votre attention et qui a décidé cette jeune fille à venir nous consulter, c'est l'existence de deux tumeurs ou bosses visibles par les narines sur les côtés de la cloison, qui remplissent et oblitèrent en grande partie la cavité nasale et gênent la respiration.
Nous avons affaire ici, je me hâte de vous le dire, à des bosses sanguines (hématomes), analogues à celles que Ton observe sur le pavillon de l'oreille et que certains auteurs croyaient particulières aux aliénés, bien qu'il soit démontré aujourd'hui que l'olhématome résulte d'une cause traumatiqne ; en effet, si on le rencontre si souvent chez les maniaques et les paralytiques, cela tient à ce qu'ils se blessent eux-mêmes bien plus facilement que les autres individus ou à ce qu'ils sont plus exposés à des violences étrangères.
!3i DIIiÈHE LEÇON.
D'ailleurs, les boxeurs offrent assez souvent ce genre: tumeurs et on les remarque aussi sur les statues antiques d'athlètes, de lutteurs et de quelques demi-dieux, surtout célèbres par leur force , tels que Hercule ou Pollui Trœitsch).
Les conditions anatomiques expliquent le mode de proil action de ces sortes de kystes sanguins, aussi bien sur la cloison nasale qu'au pavillon de l'oreille.
lu-. I& — Hématome de la cloison nasale (de notre collection).
Vous savez que le cartilage de la cloison, d^ue faible épaisseur, est tapissé sur ses deux faces par une membrane fîbro-muqueuse qui le renforce considérablement, car cette portion de la pituitaire offre une résistance et one solidité toutes particulières.
Mais les points sur lesquels nous devons insister icit ce sont sa faible adhérence qui lui permet de se décoller facilement et sa richesse en vaisseaux artériels et veineux. Les artères émanent de différentes sources, de la maxillaire interne, de l'ophthalmique et de la faciale qui envoie le rameau de la sous-cloison. Les veines sont plus nombreuses encore et, comme ou peut le voir sur les préparations déposées par nous au Musée de la Faculté de médecine, leur réseau forme
les voir prendre pour autre chose. Ainsi j'ai été appelé récemment en consultation pour un enfant de la ville, qui avait reçu un coup sur le nez un mois auparavant ; or, le médecin traitant, un praticien judicieux et très instruit, croyait qu'il s'agissait d'un polype. Il n'y avait point de déformation, cependant il paraît que l'enfant avait le nez plus busqué avant l'accident; il y aurait donc eu un certain affaissement qui, au lieu de déformer l'organe, l'avait redressé.
Pour éviter les erreurs de diagnostic, il suffit de connaître les caractères de ces bosses sanguines, caractères qui sont presque tous pathognomoniques : 1° Apparition rapide de la tumeur, après un traumatisme, bien que, comme nous l'avons dit, elle puisse aussi se produire spontanément.
2° Cette tumeur est le plus souvent double, occupant chaque côté de la cloison cartilagineuse et faisant quelquefois saillie en dehors des narines ; quand ces bosses siègent plus haut, il est facile de les apercevoir en relevant la pointe do nez ou en dilatant les orifices des narines à l'aide du spéculum nasi. On voit alors une tumeur lisse, régulière, de couleur rouge plus ou moins foncée, dont la muqueuse se continue directement avec le reste de la pituitaire. Dans les premiers jours qui suivent l'accident, le gonflement douloureux des parties molles environnantes peut gêner l'exploration; mais, au bout d'un certain temps, on constate facilement la fluctuation et un autre fait caractéristique déjà signalé par Fleming et Jarjavay et sur lequel insiste avec raison Casabianca, je veux dire la communication à peu près constante qui existe entre les deux tumeurs à travers la cloison, de telle sorte que la pression exercée sur l'une d'elles se transmet à l'autre qui augmente de volume, et qu'une incision pratiquée d'un seul côté suffit pour les vider toutes deux. Ce phénomène important ne saurait s'expliquer que par la rupture du cartilage au moment de l'accident ou, dans les cas d'apparition plus tardive de la communication, par la nécrose de celte partie de la cloison détachée de la muqueuse.
Avec de pareilles données, on peut dire que le diagnostic est très facile. En effet, il n'y a que les abcès qui puissent