‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 2)Chapitre 28 sur 272 · SIEURS · texte numérisé non relu

SIEURS

Jl dv a guère plus de Irenle ans que Fanesthésie a élé appliquée h la pratique courante de la chirurgie, et cepen* àol déjà beaucoup d'agents ont élé vantés, utilisés ou akndoanés tour à tour. Vous n'ignorez pas qu'avant de se mme aujourd'hui de liquides ou de gaz, qu'il suffit de respirer pour obtenir le sommeil, les chirurgiens donut autrefois aux malades, afin de leur éviter la douleur idiol les opérations, des médicaments propres à émousser li sensibilité et destinés à faciliter d'autant le manuel opératoire. C'était à la faveur du sommeil provoqué par l'opium» la belladone, la mandragore et surtout par l'ivresse alcoolique, que des luxations étaient réduites ou que de grandes opéralionv imputations, résections, étaient pratiquées.

st à ces procédés d'un effet peu certain que l'on avait

généralement recours lorsque la découverte des propriétés

fbésiques du gaz proloxyde d'azote vint attirer l'attention

sur des produits chimiques dont jusque là on ne s'était pas

dune façon spéciale. C'est ainsi que l'éther, le

chloroforme, l'aldéhyde, lamylèue , firent successivement

leur apparition* Presque tous ces agents, uous les avons vu

i imenter dès le début ; plusieurs môme nous ont inté-

ressé d'une façon particulière, et nous avons entrepris à m» sujet des expériences comparatives afin de nous renseigna exactement sur la valeur de chacun d'eux. C'est le résultkde nos recherches et de nos travaux que j'ai l'intention <^H vous exposer brièvement. Le sujet ne manque pas d'importance : nous devrons examiner si les gaz ou les vapeurs sonKr au commencement de l'inhalation, respires avec plus orna moins de facilité par les patients et ne déterminent pas sur* les premières voies aériennes une sensation trop prononcée ; si le sommeil survient rapidement ou après une période d'à* gitation plus ou moins violente ; si Tanesthésie peut être continuée sans danger pendant longtemps ; si le réveil se fait avec aisance; enfin, si l'administration de l'agent anesthésique ne laisse pas après elle des traces qui, pour être courtes, n'en sont pas moins désagréables et peuvent même se faire sentir à une époque éloignée.

Vous voyez, Messieurs, que c'est là un sujet assez vaste que j'entreprends de traiter devant vous ; mais il me sera d'autant plus aisé de vous l'exposer que bien souvent nous avons, sous vos yeux, opéré des malades préalablement endormis par des procédés divers, dans le but de faire une juste comparaison des différents moyens entre eux. Je ne m'occuperai d'ailleurs dans cette étude que des agents anesthésiques au sujet desquels des expériences sérieuses ont été entreprises et qui ont donné quelque résultat dans la pratique.

Je serai bref sur les données chimiques que vous trouverez exposées dans les traités spéciaux ; je passerai sous silence les diverses et nombreuses classifications que Ton a voulu établir, me bornant à vous rappeler que les anesthésiques employés jusqu'à ce jour sont liquides ou gazeux.

Parmi les premiers, se trouvent :

L'éther ou oxyde (Tèthyle,

Le chloroforme,

Uamylène,

Le bromure dèthyle,

Le bichlorure de méthylène,

DE L'ANESTHÉSIE CHIRURGICALE. 17 i

Le chloral, Et V aldéhyde.

Les gaz sont :

V acide carbonique.

L'azote, Leprotoxyde d1 azote.

Le dernier seul nous occupera, les autres n'ayant été employés et sans aucun succès qu'une ou deux fois chacun.

Cette énumération ne comprend que les agents anesthésiques qui méritent de nous arrêter quelques instants. Pour ne rien ometlre, nous dirons également quelques mots d'un autre agent anesthésique, le magnétisme, dont la nature et la façon dont il agit sur l'organisme nous sont complètement inconnues.

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