‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 2)Chapitre 64 sur 272 · I. Cubitus · texte numérisé non relu

I. Cubitus

Obs. LXX. Fracture de folécrâne. Pneumonie. — Lejuste (Emmanuel), quarante-deux ans, fabricant de cafetières, entre le 1er novembre 1877, salle Sainte-Marthe. Cet homme, est tombé, il y a deux jours, du haut d'une échelle sur le coude gauche fléchi. Il n'a pas entendu de craquement au moment du choc, mais il a eu le coude engourdi et endolori sans fourmillement dans les doigts. Il n'a pu se servir de son membre depuis l'accident.

A son entrée : gonflement et ecchymose au niveau de la région postérieure du coude. En explorant l'olécrâne, on trouve qu'il est mobile. La crépitation se perçoit très facilement. Il n'y a pas d'écartement dans l'extension du bras. Si l'on fléchit l'avant-bras, un léger écartement se produit et le fragment fait saillie en arrière. Dans la flexion complète, il n'est pas écarté du cubitus de plus d'un travers de doigt. Les ligaments postéro-interne et postéro-externe de l'articulation ne paraissent pas entièrement déchirés. Quand on remue le fragment, la douleur provoquée est moins forte en dedans qu'en dehors.

Une attelle plâtrée est placée à la partie interne, l'avant bras étant dans la demi-flexion. Deux bracelets plâtrés entourent le poignet et le tiers supérieur du bras.

Quelques jours après son accident, le blessé est pris d'une pneumonie qui guérit après avoir suivi son cours habituel.

Nous retirons l'appareil plâtré au bout de cinq semaines. La consolidation est parfaite. Le cal est seulement un peu volumineux et les mouvements complets de l'articulation du coude restent douloureux. Nous recommandons au blessé de faire beaucoup d'exercice avec le bras et de le frictionner avec de l'alcool camphré.

Revu dans les derniers jours de décembre, le malade se servait de son bras aussi facilement qu'avant la fracture.

Obs. LXXI. Fracture transversale^ sans déplacement, à A centimètres au-dessous de l'articulation du coude gauche. — Leroy (Joseph), trentesept ans, cocher, se présente à la consultation le 18 octobre 1877. Fort, bien constitué, sans antécédents pathologiques.

La veille au soir, il a été poussé par un mouvement brusque de son cheval et il est tombé de sa hauteur sur l'angle d'un trottoir. La chute a porté sur l'avant-bras gauche fléchi à angle droit et en pronation.

Cet homme soutient de la main droite l'avant-bras gauche fléchi sur le bras et appuyé contre le tronc. On ne constate qu'un léger gonflement limité au voisinage de l'articulation huméro-cubitale. Peu de déformation, légère écorchure transversale sans ec-

chymosc au niveau de la crête du cubitus, à 4 centimètres i sous de l'articulation. A cet endroit mobilité anormale, crépi fracture transversale sans déplacement des fragments. Impuisori du membre, douleur vive dans les mouvements provoqués, sorti dans la flexion, presque nulle dans la rotation.

Nous plaçons en avant et en arrière de l'avant-bras des comprw graduées et des attelles en bois que nous maintenons avec des b delettes de diachylon.

Le trentième jour, le malade sort guéri. Consolidation parfaite.

J. Radius.

Obs. LXX1Ï. Fracture transversale du corps du radius droit son cernent. — Tournion (Aimé), quarante-cinq ans, charretier, entre 16 mai 1877, salle Sainte-Marthe, 45. La veille, il a été mordu un cheval à l'avant-bras gauche et, en voulant s'éloigner, il esttoaU sur le dos de la main droite fortement fléchie.

A son entrée nous voyons sur la face antérieure de l'avant-bm gauche deux plaies semi-circulaires se regardant par leur concavité et portant l'empreinte des dents du cheval ; elles sont superficielles et n'intéressent que la peau et le tissu cellulaire sous-cutané. Le blessé maintient avec la main gauche l'avant-bras droit demi-fléchi. Gonflement ecchymotique de la partie postéro-externe de cetatanl" bras surtout marqué au tiers moyen. Pas de déformation. Eu promenant le pouce sur la longueur du radius, on découvre à quatre travers de doigt au-dessus de l'articulation du poignet, un point très douloureux, de la mobilité anormale, une crépitation nette et une fracture transversale sans déplacement. Tous les mouvements de l'avant-bras sont conservés; les mouvements de rotation sont très douloureux.

Au niveau de celte fracture, nous appliquons un appareil composé de compresses graduées antérieure et postérieure d'attelles et d'une bande roulée. Consolidation complète et régulière le vingtième jour. A cette époque, il ne reste qu'un peu de rigidité dans les mouvements de rotation et de flexion.

Quant aux plaies de l'avant-bras gauche, elles ont été pansées avec l'eau alcoolisée et se sont cicatrisées en dix jours.

Obs. LXX1I1. fracture indirecte de V extrémité inférieure du radius droit. — Villerez 'Léon), dix-sept ans, couvreur, entre le 15 octobre 1877, salle Sainte Marthe, 15. 11 vient de tomber d'un premier étage sur le côté droit et ne peut nous donner d'autres renseignements.

La hanche et la face externe de la cuisse du côté droit sont largement ecchymosées; la paume de la main droite présente une plaie

coniuse ; l'avant-bras droit est impuissant et douloureux, surtout au niveau de l'articulation radio-palmaire qui est tuméfiée. Ce gonflement se perd en remontant à quatre travers de doigt. A ce niveau, on constate la déformation en dos de fourchette, mais elle est peu prononcée. La main, légèrement fléchie, est dans son axe normal. A trois travers de doigt au-dessus de la surface articulaire du radius, la pression exaspère la douleur. Si Ton essaie d'impriprimer au corps de l'os et de l'extrémité inférieure du radius des mouvements de latéralité, on obtient au même niveau une mobilité anormale, de la crépitation, et on constate aisément qu'il existe une fracture transversale de l'extrémité inférieure du radius. Le fragment supérieur est déplacé en avant et l'inférieur en arrière, mais ce déplacement est à peine appréciable. Les mouvements de rotation de l'avant-bras sont très douloureux, ceux de l'articulation radio carpienne sont conservés, bien que douloureux.

La réduction s'opère d'elle-même en tirant la main et en la laissant pendre en dehors. Appareil composé d'attelles antérieure et postérieure et de deux coussins maintenus par une bande roulée. La main reste à découvert; elle est portée en dehors pour maintenir la réduction.

10 novembre. — Consolidation parfaite.

Obs. LXX1V. Fracture de C extrémité inférieure du radius gauche. — Leprince (Alphonse), quarante-deux ans, journalier, entre le 2 avril 4877, salle Sainte-Marthe, 15. La veille, il a fait une chute de la hauteur de 15 pieds; le bord cubital de la main gauche fléchie a porté contre le sol.

A son entrée, déformation du poignet gauche en dos de fourchette ; abduction de la main ; saillie de l'extrémité inférieure du cubitus; les deux apophyses styloïdes radiale et cubitale sont à la même hauteur. Saillie des tendons des deux muscles radiaux. Pas d'ecchymose, pas de gonflement appréciable. Impossibilité des mouvements de la main. Douleurs vives dans toute l'articulation du poignet exaspérées par les mouvements. Point douloureux sur le radius à un travers de doigt au-dessus de l'interligne articulaire. Ni crépitation, ni mobilité anormale.

Réduction facile à l'aide d'une traction sur la main pendant qu'un aide exerce la contre-tension sur l'avant-bras. Appareil composé de compresses graduées appliquées sur les faces antérieure et postérieure de l'avant-bras, recouvertes d'attelles et d'une bande roulée, la main étant placée dans une légère flexion.

Le malade quitte le service le 4 avril avec son appareil et revient dans la salle le vingtième jour. Consolidation parfaite.

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