K. — FÉMUR
Obs. LXX V. — Fr. oblique du tiers moyen du fémur droit. — Démo u lin (Joseph), vingt-huit ans, homme de peine, entre le 17 décembre 4876, salle Saint- Augustin, 7. Cet homme, en état d'ivresse, est tombé d'un quatrième étage sur un mur haut de trois mètres et de là dans une cour bitumée. Il n'a pas perdu connaissance, mais il ne peut nous dire quelle partie du corps a porté soit contre le mur, soit sur le sol. Impossibilité de se relever; il est transporté à l'hôpital le soir même de l'accident.
A la visite du lendemain nous constatons une déformation de toute la cuisse droite qui est le siège d'un gonflement considérable. Pas d'ecchymose. Le malade se couche le corps courbé comme en cerceau sur le côté de la fracture. (Nous avons observé souvent ce phénomène dans les fractures de cuisse.)
La tuméfaction est surtout marquée h la partie moyenne de la cuisse; elle descend jusqu'à la rotule et remonte au-dessus de la partie moyenne du muscle couturier. Tout le membre inférieur droit est dans la rotation forcée en dehors; il repose sur sa face externe, et presque sur sa face antérieure ; la jambe est fléchie sur la cuisse, le talon est porté près de l'union du tiers inférieur avec le tiers moyen. Quand on cherche à remettre le membre dans une bonne direction, la saillie anormale devient plus apparente; elle augmente encore sous l'impulsion des contractures musculaires: la face externe de la jambe est semi circulaire.
Le doigt promené sur la surface du membre constate à l'union du tiers moyen avec le tiers supérieur une saillie dure, produite par un des fragments de l'os qui semble traverser le muscle droit antérieur. Le toucher reconnaît que le fragment supérieur est porté en dehors et en avant tandis que l'inférieur est refoulé un peu en arrière et en dedans. Impossibilité de sentir la crépitation à cause du sang épanché dans le foyer de la fracture. A la mensuration, de l'épine iliaque antérieure et supérieure au bord supérieur de la rotule, raccourcissement de 3 centimètres dû en partie à la contraction musculaire.
On place le membre dans une gouttière et Ton fait des applications de compresses imbibées d'eau blanche.
21 janvier. — Appareil américain.
2 man. — Le malade a enlevé lui-môme son appareil et refuse de s'en laisser appliquer un autre. La consolidation n'est pas faite. 7. — Il demande qu'on lui remette un appareil. 10 avril. — Le nouvel appareil est enlevé. Raccourcissement de 2 centimètres. Consolidation parfaite.
13 avril. — Le malade est envoyé à Vincennes.
Obs. LXXVI. — Fracture du côté droit. Épanchement sanguin considérable. Perte de connaissance après V accident. — Jibot (Louis), quarante ans, peintre en bâtiments, entre le ior janvier 1877, salle Saint-Augustin, 2. Chute de la hauteur de 30 mètres sur le pavé. La tête et tout le côté droit du corps ont porté, mais le malade, qui n'a pas perdu connaissance, affirme que c'est la hanche qui a reçu le choc le plus violent.
Le lendemain de l'accident, déformation très prononcée de la fesse droite et de toute la cuisse qui présentent une forme globuleuse ; augmentation de volume du genou et soulèvement de la rotule. Pas de changement de coloration de la peau ; Tépanchement est surtout considérable au niveau du grand trochanter dont il masque la saillie; douleurs vives à ce niveau ; impuissance du membre qui est dans la rotation en dedans.
Raccourcissement apparent de 1 centimètre. Au palper on constate que les muscles de la région de la cuisse, en particulier les adducteurs et le triceps, sont soulevés par un épanchement de sang considérable, qu'il y a une douleur très vive à la pression sans que l'on puisse trouver son principal foyer. Le plus petit mouvement provoqué arrache des cris au malade. Pas de crépitation, pas de mobilité anormale permettant d'affirmer qu'il existe une fracture. Néanmoins nous plaçons le membre dans une gouttière etnousle recouvrons de compresses d'eau blanche.
2 janvier. — La douleur diminue, le gonflement persiste.
3. — Le gonflement est moindre, les mouvements sont encore impossibles. Pas de crépitation.
4. — Le gonflement a diminué assez pour que les mouvements de rotation du membre puissent se transmettre au grand trochanter.