Disparition de la fièvre et des douleurs articulaires
3 mai. — On change le premier appareil. La plaie est presque fermée, la consolidation est en bonne voie. On applique une seconde gouttière plâtrée, fenêtrée au niveau de la plaie. Pansement simple. Sort guéri quelques jours après.
Obs. C. — Fracture de la jambe gauche chez un rhumatisant . Attaque de rhumatisme articulaire aigu consécutive. — Jean-Pierre, quarantesept ans, forgeron, entre le 9 avril 1877, salle Sainte-Marthe, 13. Cet homme, en déchargeant une voiture, vient de recevoir un colis très pesant sur la jambe gauche. A son entrée à l'hôpital Saint-Louis, l'interne de garde constata une plaie oblique longue de 5 centimètres par laquelle sortait une esquille formée par un fragment du péroné long de 3 centimètres, à peine adhérent aux autres fragments et taillé très obliquement. Après l'avoir enlevée, il nettoya soigneusement la plaie dont il rapprocha les lèvres et mit le membre dans un appareil en plâtre composé d'une attelle interne et d'une attelle postérieure qui embrassaient le pied, se soudaient entre elles sur les parties interne et postérieure de la jambe et remontaient sur la cuisse. Le pied fut mis dans sa position normale et, quand le plâtre fut sec, on plaça le membre en entier dans un appareil ouaté. Dans la nuit le malade ne dormit pas malgré l'emploi de l'opium. Le sommeil revint les nuits suivantes.
10 avril. — T M = 37*6. T S = 38°4.
Pas de souffrances; état général meilleur.
43. — Douleur dans le genou droit. Interrogé sur ses antécédents il donne les renseignements suivants : de seize à vingt ans il était sujet à des épistaxis. A dix-neuf ans, il eut une attaque de rhumatisme articulaire aigu pour laquelle il entra h l'hôpital de* Rennes, où il resta deux mois. Onze ans après, deuxième attaque de rhumatisme pour laquelle il fut soigné h Saint-Antoine. Le malade insiste sur ce fait qu'au début de ces deux attaques il eut une violente douleur à la nuque. 11 ne se rappelle pas qu'on lui ait mis aucun révulsif sur la région du cœur : il ne fut môme pas ausculté. La dernière attaque dura également deux mois. Son père et sa mère n'ont pas eu des rhumatismes; tandis que ses oncles en oht eu. T M = 38°. TS = 38°5. »
14. — Douleurs plus vives dans le genou droit qui est légèrement
tuméfié, sans rougeur notable, très douloureux à la pression. M = 38°2. T S = 38°6.
14. — Douleur au cou-de-pied droit et au poignet droit. Au dos du poignet, gonflement avec rougeur de la peau sur le trajet des gaines tendineuses. T M =38°. Dans la journée la douleur s'étend à la nuque, de la même façon que dans les deux attaques antérieures. T S = 38°9.
15. — Douleur cervicale très vive. La tête immobile, dans la rotation à gauche, n'est soulevée par le malade qu'au prix de douleurs violentes. Le genou droit est moins douloureux. En revanche l'articulation temporo-maxillaire est prise des deux côtés ; il n'y a pas de rougeur à ce niveau. Mais la douleur y est très vive à la pression et les mouvements de la mâchoire sont presque impossibles. T M = 38°5. T S = 38°8.
16. — Le genou droit est libre; le malade remue sans douleur le membre inférieur. Le cou-de-pied n'est plus douloureux ; il ne reste qu'un peu de gêne dans le poignet droit et dans le cou, mais le poignet gauche se prend ; il est très douloureux à sa face dorsale où Ton voit des plaques rouges sur le trajet des tendons. Dans la journée, l'articulation métacarpo-phalangienne du médius se tuméfie douloureusement. TM = 37°9. TS= 38°7.
16. — T = 38°3. La douleur du cou a disparu. Les articulations mélacarpo-phalangiennes des deux mains sont prises. C'est au médius que la rougeur et le gonflement sont surtout marqués. Le poignet droit est redevenu douloureux. Dans la soirée les deux épaules se prennent. T S = 38°4.
17. — La main droite est très gonflée au niveau de la racine des doigts. La douleur a diminué au contraire à gauche. Les deux épaules sont légèrement douloureuses, et les deux coudes sont pris, mais la douleur n'y est pas très vive. T M = 38. T S = 38°3.
17. — Même état des articulations; cependant le malade se sent beaucoup mieux. T M = 37°9. T S = 38.
18. — Il ne reste plus qu'un peu de gêne aux mains et aux épaules. Les coudes sont libres. T M= 37°5. TS= 37°8.
19. — Un peu de gêne dans l'épaule droite ; le malade se dit guéri de son rhumatisme. T M = 37°2. T S = 37°4.
3 mût. — L'appareil ouaté exhale une odeur assez forte pour incommoder le malade : on l'enlève. On trouve la plaie bourgeonnante, cicatrisée profondément, sans accident de voisinage. Le pied est dans une bonne position. Nouvel appareil plâtré, composé d'une attelle laissant à jour la région de la plaie. Le malade ne souffre pas. La température monte un peu à la suite du changement de pansement T S = 37°8 ; mais il ne survient aucun accident. Nous pansons la plaie avec la charpie alcoolisée.