‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 2)Chapitre 77 sur 272 · Guérison · texte numérisé non relu

Guérison

N. — Tibia

Obs. CI. — Fracture oblique du tibia gauche. — Doron (Emile), dixsept ans, feuillagiste, entre le 19 février 1877, salle Sainte-Marthe, 9. En luttant, il est tombé sur le dos, la jambe gauche retenue dans celles de son camarade, et n'a pu se relever. Les personnes qui rapportent ont entendu, comme lui, un craquement au moment de l'accident.

Le pied gauche est tourné en dehors. Tuméfaction limitée, ecchymotique, à la partie moyenne et interne de la jambe. Crépitation, mobilité anormale, fracture du tibia à l'union du tiers moyen avec le tiers inférieur. Le fragment supérieur fait en avant une légère saillie sous la peau. Le trait de la fracture est oblique de haut en bas et d'arrière en avant. Douleur locale très vive à ce niveau, exaspérée parla pression et les mouvements. Rien du côté du péroné. Pas de raccourcissement du membre. Pendant cinq jours, gouttière; cataplasmes.

24 février. — Disparition complète de l'ecchymose. Appareil plâtré composé d'une gouttière postérieure faisant étrier et remontant jusqu'au-dessus du creux poplité; cette gouttière est elle-même maintenue par deux bandes plâtrées. Pour maintenir réduit le fragment supérieur qui tend à faire saillie nous le comprimons avec un tampon d'ouate recouvert de toile cirée et fixé par des bandes.

26 mars. — Consolidation parfaite. Appareil silicate.

Le malade sort le 31 mars avec son appareil.

Il revient quinze jours après : marche facile : cal régulier, à peine sensible ; pas de raccourcissement.

Obs. CIL — Fracture oblique du tibia droit. — Moreau (Joseph), soixante ans, journalier, entre le 19 février 1876, salle Saint- Augustin, 73. Le matin, la roue d'une lourde voiture lui a passé sur la jambe droite.

Plaie contuse superficielle et phlyctènes à l'union du tiers moyen avec le tiers inférieur de la jambe. Épanchement de sang visible du talon jusqu'au genou, plus considérable derrière les malléoles. Déformation de la jambe qui est arquée en avant; impuissance du membre ; pied dans sa direction normale. A la pression, douleur très vive, mobilité anormale, crépitation à 2 centimètres au-dessus de la base de la malléole interne, où l'on constate que l'os est fracturé. La

crépitation s'obtient en pressant directement sur le tibia. La fraclun est très oblique, en bec de flûte, dirigée de bas en haut et de dedans, en dehors ; les deux fragments font saillie sous la peau, le supérieur" en dedans, l'inférieur en dehors. Pas de fracture du péroné; gouttière métallique. Pansements alcoolisés.

24 février. — Peu de gonflement. Appareil plâtré. 23 mars. — Appareil silicate.

29. — Consolidation osseuse. Pas de raccourcissement. Sort avec un appareil inamovible.

Obs. C11I. — Fracture double. Epanchement dans rarticulation titoh tarsienne. — Montier (Alphonse), trente -cinq ans, monteur et bronze, entre le 20 novembre 1870, salle Saint- Augustin, 81. La veille une lourde plaque de bronze, qu'il portait, a glissé sur h partie inférieure de la jambe droite en déterminant une violente douleur.

Gonflement considérable et ecchymose étendus de rarticulation tibio-tarsienne droite à trois travers de doigt au-dessus. Le pied n'est plus dans Taxe de la jambe ; sa pointe est tournée en dedans: les mouvements spontanés sont très douloureux et très limités. Pas de déviation apparente de la jambe. A la palpalion, on trouve au point douloureux au centre de la malléole interne et un autre i 3 centimètres plus haul : ces deux points sont le siège d'une crépitalion très nette. Le tibia est fracturé au-dessus et au centre de la malléole. On place le membre dans une gouttière plâtrée en ayant soin de ramener le pied dans sa position normale.

27 novembre. — Le malade soulTre beaucoup ; l'appareil s'est déformé, on le remplace.

3 janvier 1877. — Le malade marche et sort le 5. Ons. CIV. — Fracture de la malléole interne droite. — Bagouin (Auguste) cinquante-sept ans. forgeron, entre le 13 mai 1878, salle Saint- Augustin, 1. Sujet vigoureux, légèrement alcoolique, n'a jamais eu de fracture. En allant le matin à son travail, le talon gauche s'étant enfoncé dans un des grillages qui entourent les arbres du boulevard, a fait tourner le pied gauche. Il est tombé et a pu se relever seul, mais il lui a été impossible de marcher.

A la visite, nous constatons un gonflement péri-articulaire énorme qui efface les saillies des malléoles, et une teinte ecchymotique qui occupe tout le pourtour de l'articulation ainsi que les faces antérointerne et externe de la jambe jusqu'à son quart supérieur. Le pied est en valgus ; son bord interne regarde en haut. Le ealcanéum fait en arrière une saillie plus prononcée que celui du côté opposé. Douleur très vive et crépitation au niveau de la malléole interne. Rien du côté de la malléole externe. Le surlendemain de l'accident, appareil plAlré.

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$»t«. — L'appareil est remplacé par un dextriné. Consolidation

— Le malade part à Yineennes avec son appareil .

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