GOMMES SYPHIUTIQUES DES LÈVRES
à mettre en évidence des différences essentielles et patliognomoniques.
La tumeur gommeuse est indolente ; jamais nous n'avons vu de gomme des lèvres déterminer des douleurs d'aucune espèce. Les douleurs par compression de quelques filets nerveux, signalés par van Oordt (i), sont exceptionnelles dans toutes les régions. Dans une partie aussi mobile et aussi facile à distendre que la lèvre, on peut affirmer hardiment qu'elles ne se présentent jamais.
Les téguments qui l'environnent sont intacts; l'ulcération qui.suit l'élimination des bourbillons est le résultat d'une véritable raréfaction vasculaire de tout le derme. La peau cesse d'être nourrie, elle se sphacèle et s'élimine comme le tissu même de la tumeur.
Les petits furoncles sont tellement faciles à reconnaître que nous n'insisterons pas sur eux.
Quant aux gros furoncles et aux anthrax^ ils ressemblent aux gommes par leur volume; et, un peu plus tard, parce qu'ils donnent, comme elles, issue à des bourbillons; Mais là s'arrête l'analogie. Dès le premier jour de leur apparition la peau est tendue et luisante à sa surface. La douleur qui les accompagne est tellement vive qu'elle fait perdre le sommeil et l'appétit aux malades. Il y a en même temps de la turgescence des veines du voisinage, assez souvent de l'œdème des paupières. Les temporales battent énergiquement, et ordinairement on trouve une élévation notable du pouls et de la température.
Quand la peau s'ulcère pour donner issue aux bourbillons, on distingue nettement que l'affection a porté au même degré sur le derme et les parties profondes. Si c'est un furoncle, l'ulcération est unique et circonscrite ; si c'est un anthrax, les différents orifices sont séparés par des ponts cutanés rouges et congestionnés, entre lesquels passent des lambeaux de tissu cellulaire sphacélé. Ce diagnostic est beaucoup plus important
(1) Van Oordt, De$ iumeur$ gommeuses, thèse de Paris, 1859, n» U.
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qu'on ne serait tenté de k- croire. C'est de lui i|Ue dépend l traitement, et celui-ci sera d'autant plus salut,iire qifil sera commencé plus tôt. Rien ne serait moins à propos que d'ouvrir une gomme prise pour un furoncle ou un anthrax, l'incision ne remédierait à rien; et, on donnant une sécurité trompeuse, elle ferait perdre un temps précieux pendant lequel l'affection syphilitique marchcriiit et produirait des désordre? irrépai'ables.
II. A la période d'ulciiralion , on doit, comme dans les deux premières distinguer la gomme des iinthrnx et des ijws furoncles; il faut de plus faire le diagnostic avec le cancer des lèvres et certaines allections d'une autre nature que nous passerons en revue.
Nous avons dit tout ce qui a trait aux affections inflanmiatoires, nous devons placer maintenant en première ligne le cancer des lèvirs sous ses difTérentes formes. Il est en général facile de le distinguer de la i^oiiuiic; généralement il est unique; rarement, lorsqu'il exi^ii nm' iinnour cancéreuse aux lèvres, on en trouve une autri> iL;aîi'iiii!ii suspecte dans le voisinage. Il est aussi plus superficiel que la gomme, il adhère à la peau, et lorscju'il s'ulcîîre lu |)erte de substance commence par, la superficie. Le plus souvent le cancer offi-e une consistance dure, irrégulière; la tumeur est surmontée de bosselures plus ou moins grosses qui forment pour ainsi dire autant de lobules surajoutés au noy;i,u piiiifipal. Un doniier signe physique, le plus important de lous peut-être, est fourni par l'examen des ganglions lyiuplialiques. Dans la (janme, ils sont le plus sou~ vent intacts; dans te cancer, au conlraim, ils sont envaluK.
Telles sont à peu près les tumeurs des lèvres qu'il faut éliminer lorsque l'on veut faire le diagnostic d'une gomme avant et pendant sa péiiode d'ulcération.
A ce moment, je vous l'ai déjà dit, Messieurs, elle oflVe des caractères s|iéciaux qui ne permettent guère la confusion. Pourtant les ulcérations labiales sont tellement fréquentes et tellement variées dans leur nalure qu'il est i|UcIquefois permis d'hésiter. L'année dernière, je vuus ai montré, dans celle cli-
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