‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 3)Chapitre 12 sur 283 · GOMMES SYPHILITIQUES DES LÈVRES · texte numérisé non relu

GOMMES SYPHILITIQUES DES LÈVRES

nique même, im malade atteint d'une ulcération labiale de forme singulière. Plusieurs dermatologistes le virent et émirent chacun une opinion différente. Pour les uns, c'était une ulcération scrofuleuse ; pour les autres , elle était syphilitique. D'autres crurent a un herpès prinfanier^ h une irritation 'produite par Yusage immodéré de la cif/arette. Nous ne primes point a tâche de découvrir laquelle de ces opinions était conforme a la vérité. Toutefois la suite nous démontra que l'ulcération n'avait rien de spécifique, car un traitement local et des soins de propreté furent suffisants pour la guérir (voy. fig. 15).

Ce fait est d'ailleurs exceptionnel ; les ulcérations qui résultent de l'élimination d'une gomme rappellent si peu celles que Ton rencontre dans la scrofule, ou au début de la syphilis (chancre des lèvres) y qu'il faudrait examiner bien superficiellement un malade pour commettre une erreur en pareil cas.

Une autre manifestation, d'un pronostic moins grave que la gomme, et qui, comme elle, se rencontre parfois aux lèvres: c'est la syphilide ulcéreuse : certains auteurs veulent que ce soit une gomme de la peau. Ce n'est ni le lieu, ni le cas de discuter celte question doctrinale. Je me borne à vous dire que vous reconnaîtrez a peu près toujours la syphilide ulcéreuse à son siège superficiel, à l'absence de toute tuméfaction dans le voisinage, enfin à l'intégrité des parties sous-jacentes.

Il existe d'ailleurs un moyen de résoudre toutes les difficultés, c'est l'emploi de l'iodure de potassium. Lorsqu'il fait disparaître les accidents, le diagnostic se trouve limité à la gomme ou à la syphilide ulcéreuse, et, comme vous venez de le voir, il vous est facile d'éviter la confusion entre l'une et l'autre. Les antécédents sont parfois douteux ; parfois aussi le malade les dissinmle avec une i)ersistance opiniâtre. Vous vous rappelez probablement ce jeune homme de vingt-quatre ans que je vous montrais au mois de septembre dernier; il avait sur la lèvre supérieure gauche une ulcération arrondie tout à fait semblable à celles que laisse la gomme; sur l'épaule droite, se trouvait une autre ulcération de même caractère, et pourtant il affirmait qu'il n'avait jamais eu ni chancre, ni bubon, ni

Cl SEin'IËME LEÇOS.

roséfde. Il y araît a peine quelques jour» qu'il prenait de l'io-

dore de potassium quand tout disparut.

III. À la période de cicaîrisatiou, — Dans toutes les régions du cwps. Je» cicatrices des gommes offrent uu caractère semblable. Elles *«»/ liffies et d'un blanc ctiipré. Aux lèvres cet aspect se r>:iic«nlre comme partout ailleurs, mais c'est à peu prés le seul phénomène constant des diverses cicatrices des gommes. Leur surface, leur forme, le^ désordres concomitants varient suivant l'époque de la maladie où la cicaliîsalion s'est ûite. S'il a été entrepris de bonne heure, les difformités sont très-légères; si au contraire on la commencé tai-divement, la peau est laidement détruite, la portion de la lèvre qui est épargnée s'f-sl renversée en haut et touche la sous-cloison par son bord libre. Des prolor^ments cicatriciels inégaux de couleur blanchâtre s'irradient vers les narines, laissant par place des îlols à peu près sains recouverts de bulbes pileux. Il ne faudrait pas croire que ces accidents airiveul toujours h une période tardive de la syphilis. Nous les avons vus apparaître

lorsque des sypliijide^ papiileuses existaient encore sur d'à très régions de ia face (voy. fig. 16). — Je crois, Messieurs, que ces données sont suffisan

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