DES TUMEURS FIBRO-PLASTIQUES DE LA CUISSE
qu*une noisette. C'est à Tunion du tiers inférieur avec les deux tiers supérieurs de la face interne de la cuisse que la tumeur aurait pris naissance. Elle était tout d'abord dure, libre sous les téguments, parfaitement indolente comme elle Test toujours restée. Pendant quatre ans, le développement a été continu, mais uniforme et peu rapide ; depuis deux ans aa contraire, elle est arrivée de la grosseur d'une orange à celle qu'elle présente maintenant.
(On pratiqua l'amputation de la cuisse le 18 mars. Les lambeaux furent taillés de dehors en dedans, le fémur fut scié à 0'",02 environ au-dessous da grand trochanter. On ne fit aucune ligature, mais des pinces hémostatiques furent appliquées sur les vaisseaux saignants et laissées quarantehuit heures en place. L'opération se passa très-bien. La malade alla bien pendant les premiers jours. Mais bientôt apparurent des petits frissons répétés. Rien ne put enrayer la marche de la septicémie qui l'enleva le sixième jour.)
Le poids total de la tumeur était de. 16 kilogrammes. Recouverte par les muscles de la cuisse amincis et étalés à sa surface, elle présentait un grand nombre de cavités kystiques (voy. fig. 26) remplies de sérosité citrine cl fluide dans quelques-unes, épaisse et gélatineuse dans d'autres. La trame avait une coloration assez uniforme d'un blanc nacré. Sa consistance était solide, partout égale, nulle part elle ne paraissait infiltrée de graisse. Toute la tumeur était fortement vascularisée. Au microscope, on trouva que c'était un sarcome fascicule.
Je pourrais vous citer un grand nombre d'autres faits tirés de notre pratique, et dans lesquels les choses se sont passées de la sorte. Afin de ne pas fatiguer votre attention par une énumération trop longue, je me bornerai à vous rappeler une 8euie malade, que la plupart d'entre vous ont vue à notre consultation, et sur laquelle M. Gibat, l'un des externes du service, a recueilli une courte notice.
OBSERVATION XV
1 Madame G... est une personne de cinquante-trois ans, robuste et bien Iportante en apparence.
2 n y a onze ans, cette malade crut s'apercevoir que sa cuisse gauche demnait plus grosse que la droite. Assez étonnée d'un tel fait, elle résolut de Vassurer s'il était bien exact, et pour cela mesura la circonférence de ses leuisses, à peu près à Tunion du tiers moyen avec le tiers supérieur : elle jtrouva que la gauche surpassait la droite de 0",10.
vài uorziÈJir, I.Eço^.
Depuis lui s l'augiiieutalioti de volume; itu membre a élé contîaue ^ lière dans Sii marche. Cette malade a suivi difTéreiits traitemcntii, dont le I dernier II consisté dans ra|i|)lication d'un topique sur la lumcur et eu baîns-l ({éiiéraux et locaux.
Plusieurs médecins lui otil conseillé de se faire opérer.
Elle se présente à lu (oiisultation dans lï'tat suivant :
Une tumeur énorme occupe ta région posléro-interrie de la cuisse gauchs^ (voj. dg. il); une ulcération large et ovale cl accompagnée d'uii« cici trice, se trouve à la partie interne, Le tout a élé produit par un emplâtre^ cuusli<iiic.
I.a tumeur est piirtout d'une consistance égale et ferme. Elle adhère élroiteiiient aux parties prorondes, est absolument indolente, même au point ulcéré. La circonférence du membre est ; 0'°,715 au nivciu de l'ulcération, O^.Ta au-dessous et 0",77 au-dessus. De temps à autre, celte personne éprouve des douleurs fugitives, comme des éclairs dans le genou.
Elle veuail à l'hôpital avec l'intention bien arrêtée de se faire enlever