G. — GOU-DE-PIED
Obs. DLXVIII. — Abcès du cou-de-pied. Incision. Guérison. — Anquelin (Edouard), journalier, vingt-deux ans, entre le 18 septembre 1874.
Rougeur et tension très-douloureuse des parties molles du cou-de-pied gauche. Depuis trois jours il ressent de forts élancements dans cette partie. On y constate la présence d'un abcès circonscrit produit par la pression continue d'une grosse chaussure. Les ganglions de l'aine sont pris.
Fluctuation manifeste et très-superficielle. Incision et évacuation d*une certaine quantité de pus. Cataplasmes. Guérison au bolit de trois jours.
Obs.]DLXIX. — Kyste tendineux du cou-de-pied. Ponctiofi sous-cutanée. Compression légère, Guérison. — Joly (Jean), trente- six ans, entre le 18 mai 1875.
Remarqua il y a quatre mois sur le cou-de-pied gauche une tumeur du volume d'une noisette et qui n'occasionnait encore aucune douleur. Ce malade ne sait à quelle cause la rapporter : il ne se souvient pas d'avoir porté de chaussures qui Taient blessé, ni d'avoir reçu de coups dans cette région. Depuis un mois la tumeur a atteint le volume d'un œuf de pigeon, et le malade a ressenti des douleurs et de l'engourdissement dans tout le pied.
Sur la partie médiane du cou-de-pied, dans la gaine synoviale de l'extenseur commun des orteils, existe un kvste du volume d'un œuf de pigeon bien limité, arrondi et manifestement fluctuant. Si l'on imprime au pied des mouvenipnts d'extension et de flexion, la tumeur suit le trajet dos tendons avec lesquels elle semble faire corps. Depuis un mois le malade accuse des douleurs et de Tengourdissement dans toute la moitié externe de la face dorsale du pied ainsi que des picotements dans le talon. La peau a conservé son aspect.
22 mai. Ponction sous-cutanée. On prend soin de détruire le parallélisme de la peau et de Tenveloppe du kyste. Il en sort un liquide épais semblable à de la gelée de coing. On. fait sortir autant que possible tout le liquide, puis on applique immédiatement sur la tumeur quelques rondelles d'amadou superposées et fixées par une bande pour faire une bonne compression. Dix jours après la tumeur n'est plus apparente et le malade n'a plus de picotements dans le talon, ni d'engourdissements dans le pied. On continue la compression pendant quelques jours. Le malade quitte le service le 31 mai, complètement guéri.
H. — Pied.
Obs. DLXX. — Pied bot varus équin consécutif à un traumatisme (Fracture camminutive du fémur. Ankylose du genou par suite du séjour prolongé du membre dans un appareil). Ulcération plantaire de came mécanique. Guérison. — Meurisse (Armand), ouvrier en coffres, quarante-sept ans, entre le 24 avril 1874.
Il reçut en 1848, aux journées de juin, une balle qui entra par la partie externe de la cuisse droite, à quelques centimètres au-dessous du grand trochanter, fit une fracture comminutive du fémur et donna lieu à des abcès multiples pour lesquels il fut soigné à Saint-Louis pendant quatorze mois.
Cette fracture a amené une difformité de la cuisse, avec raccourcissement du membre et rotation de la jambe en dehors. La jambe ayant été placée dans un appareil pendant plus d'un an, il est survenu une ankylose complète du genou avec paralysie des extenseurs du pied et formation d'un pied bot varus équin. Le talon est porté en dedans et en haut, le bord interne du pied est relevé, et Textrémilé antérieure est rejetée en dedans. Par suite de son état le malade est forcé, quand il se tient debout, de s'appuyer sur les orteils qui sont pressés les uns contre les autres dans la flexion exagérée. Il en est résulté plusieurs fois des ulcérations des faces latérales des orteils.
Actuellement une ulcération siège sur la face plantaire, à la base des trois derniers orteils, au fond du sillon formé par leur flexion. Les faces latérales sont également ulcérées. Le pied est le siège d'un gonflement considérable qui remonte au-dessus des malléoles. Le malade ne peut plus se tenir debout. C'est la quatrième fois que ces accidents se reproduisent. Cataplasmes. Emplâtres de Vigo. Repos au lit.
1*^ mai. La cicatrisation se fait régulièrement.
6. Encore un peu de suppuration. Bains alcalins. lodure de potassium.